COMMUNIQUÉ DE PRESSE

 

La FHP-MCO est très inquiète des pre­mières réper­cus­sions des mod­i­fi­ca­tions fon­da­men­tales apportées par la loi HPST, aux con­di­tions dans lesquelles les médecins hos­pi­tal­iers peu­vent exercer une activ­ité privée.

 

Plusieurs étab­lisse­ments de san­té privés nous ont alertés sur les dif­fi­cultés qu’ils ren­con­trent pour accueil­lir des prati­ciens hos­pi­tal­iers, dont le départ de leurs struc­tures de droit pub­lic vers un exer­ci­ce libéral, serait sys­té­ma­tique­ment analysé comme de nature à com­pro­met­tre ou met­tre en cause le fonc­tion­nement nor­mal du ser­vice de l’hôpital.

 

Nous craignons une mul­ti­pli­ca­tion de ces dossiers sur l’ensemble du ter­ri­toire nation­al et au sein desquels, pour le dernier en date notam­ment, la clin­ique non con­sultée ne peut apporter une analyse con­tra­dic­toire.

 

L’article 7 la loi HPST (arti­cle L.6152–5‑1 du code de la san­té publique) intro­duit notam­ment la pos­si­bil­ité d’interdire aux prati­ciens hos­pi­tal­iers ayant exer­cé plus de cinq ans à titre per­ma­nent dans le même étab­lisse­ment d’ou­vrir un cab­i­net privé ou d’ex­ercer une activ­ité rémunérée dans un étab­lisse­ment de san­té privé à but lucratif, un lab­o­ra­toire privé d’analy­ses de biolo­gie médi­cale ou une officine de phar­ma­cie où ils puis­sent ren­tr­er en con­cur­rence directe avec l’étab­lisse­ment pub­lic dont ils sont démis­sion­naires. Ces dis­po­si­tions sont applic­a­bles depuis l’entrée en vigueur du décret n°2010–1141 du 29 sep­tem­bre 2010, qui étend aux prati­ciens hos­pi­tal­iers les dis­po­si­tions de l’article 87 de la loi n° 93–122 du 29 jan­vi­er 1993 rel­a­tive à la préven­tion de la cor­rup­tion et à la trans­parence de la vie économique et des procé­dures publiques.

 

Jusqu’à présent, les prati­ciens hos­pi­tal­iers pou­vaient quit­ter leur emploi pub­lic et exercer une activ­ité privée sans autre respect que leur préavis.

 

Cette loi intro­duit de sur­croît de nou­veaux mécan­ismes per­me­t­tant aux médecins d’exercer au sein des hôpi­taux publics. Ses dis­po­si­tions ont pour con­séquence de ne favoris­er la mobil­ité que des seuls médecins libéraux vers le secteur hos­pi­tal­ier.

 

Ces nou­velles con­traintes vont à l’encontre du dis­cours des pou­voirs publics sur les coopéra­tions entre le secteur pub­lic et le secteur privé, à moins de con­sid­ér­er qu’il s’agit de coopéra­tions à sens unique. Elles créent des oblig­a­tions que les médecins ne con­nais­saient pas lorsqu’ils ont choisi d’exercer à l’hôpital et entrave leur lib­erté d’entreprendre. Elles empêchent des étab­lisse­ments de san­té privés dynamiques d’accueillir des médecins qui le souhait­ent, et cela dans l’intérêt des patients du ter­ri­toire de san­té con­cerné” déclare Lamine Ghar­bi, prési­dent de la FHP-MCO.

 

Des propo­si­tions respon­s­ables

La FHP-MCO demande une mod­i­fi­ca­tion de l’article 87 de la loi n° 93–122 du 29 jan­vi­er 1993 rel­a­tive à la préven­tion de la cor­rup­tion et à la trans­parence de la vie économique et des procé­dures publiques. Il nous sem­ble notam­ment indis­pens­able que dans la mesure où l’ad­min­is­tra­tion dont relève l’a­gent est liée par un avis d’in­com­pat­i­bil­ité, l’agent con­cerné puisse lui-même sol­liciter un sec­ond exa­m­en de la Com­mis­sion.

 

Nous pro­posons par ailleurs que les critères sur lesquels s’appuient la com­mis­sion pour ren­dre son avis, notam­ment son avis d’incompatibilité, soient pré­cisés par une Cir­cu­laire Min­istérielle con­cer­nant les prati­ciens hos­pi­tal­iers afin d’apprécier de manière rigoureuse et objec­tive la com­pat­i­bil­ité de l’activité choisie par les prati­ciens hos­pi­tal­iers avec leurs fonc­tions précé­dentes.

 

Les spé­ci­ficités du secteur de la san­té, au sein duquel les coopéra­tions entre secteur privé et secteur publique sont néces­saires à une offre de soins sat­is­faisante, seraient alors mieux pris­es en compte.

 

A défaut, l’abrogation de l’article L.6152–5‑1 du code de la san­té publique tel qu’issu de l’article 7 de la Loi n°2009–879 du 21 juil­let 2009 est à notre sens indis­pens­able.