Le rap­port de la Cour des comptes sur la sit­u­a­tion et les per­spec­tives des finances publiques pub­lié jeu­di annonce des « marges d’efficience de grande ampleur ». Dif­fusé le même jour, le rap­port annuel des charges et pro­duits de la CNAMTS pro­pose aux par­lemen­taires des ori­en­ta­tions budgé­taires avec à la clé 1,94 mil­liard d’économies déjà fléchées sur le secteur de la san­té. Espérons que ce plan d’économies, con­fir­mé dans son principe (15 mil­liards d’ici 2022) par la Min­istre Agnès BUZYN dans sa feuille de route, ne vienne pas obér­er une nou­velle ère promise par le gou­verne­ment, notam­ment pour le PLFSS 2018.

La con­trainte économique ne sera accept­able qu’au prix de réformes pro­fondes des mod­èles de finance­ment. La poli­tique du « rabot » a atteint ses lim­ites. Les pre­miers grands sig­naux se veu­lent ras­sur­ants : objec­tif de desser­re­ment de la con­trainte européenne à 3 % (ver­sus 2,8 % annon­cé) et aug­men­ta­tion de l’ONDAM réé­val­uée à 2,3 %, con­fir­mée par la Min­istre. Sincérité ou pas des comptes précé­dents, le gou­verne­ment répète sa volon­té de con­tenir le déficit pub­lic. Le secteur de la san­té pren­dra sa part des efforts, c’est un point enten­du.

Les 17 postes d’économies pro­posés par la CNAMTS s’in­scrivent dans le pro­longe­ment des plans d’économies antérieurs. Cer­tains points requièrent toute­fois notre plus grande vig­i­lance et nous réa­girons à toutes les injonc­tions con­tra­dic­toires, en pre­mier lieu, celles con­cer­nant la chirurgie ambu­la­toire avec 200 mil­lions d’eu­ros d’é­conomies annon­cés ! Nous regarderons égale­ment de très près 2 des 31 mesures pour amélior­er la « qual­ité et l’efficience du sys­tème de soins » qui com­plè­tent le rap­port, con­cer­nant les seuils d’activité en chirurgie et l’organisation de la chirurgie baria­trique. Enfin, nous por­tions déjà l’an dernier l’idée d’un finance­ment à l’épisode de soins. La CNAMTS en fait une de ses pistes pri­or­i­taires. Nous comp­tons bien par­ticiper à ces expéri­men­ta­tions à venir.

À nos inter­locu­teurs opéra­tionnels, nous apporterons des argu­men­taires tech­niques pour défendre notre secteur. De nos inter­locu­teurs poli­tiques, nous atten­dons qu’ils appréhen­dent le secteur de la san­té comme une clé de la réus­site économique et sociale de notre pays et qu’ils pren­nent des déci­sions équita­bles, trans­par­entes et cohérentes.