Les 132 pages de recom­man­da­tions en direc­tion du gou­verne­ment que com­prend le rap­port Véran vien­nent de sor­tir. Une d’entre elles pro­pose un véri­ta­ble change­ment de par­a­digme : l’entrée dans l’ère des indi­ca­teurs clin­iques de qual­ité fondés sur les résul­tats, une suite à l’étape déjà his­torique qui a général­isé le principe de la mesure de la qual­ité par des indi­ca­teurs de proces­sus.

Répéter que le patient est au cen­tre du sys­tème n’est pas suff­isant. En effet, si son état est diag­nos­tiqué au départ, l’amélioration ou la dégra­da­tion de sa san­té à sa sor­tie n’est pas mesurée de manière organ­isée. C’est pour­tant in fine l’unique point qui intéresse l’usager et le citoyen financeur du sys­tème san­i­taire. Si le Min­istère de la San­té reprend la balle au bond, ce change­ment exig­era du temps et beau­coup de prag­ma­tisme. La France accuse un impor­tant retard par rap­port aux pays com­pa­ra­bles en ce qui con­cerne les indi­ca­teurs de résul­tats. Ces derniers étab­lis­sent et affichent des indi­ca­teurs de mor­tal­ité (globaux ou par patholo­gie), des indi­ca­teurs de réad­mis­sion, des indi­ca­teurs relat­ifs aux événe­ments indésir­ables ou aux infec­tions noso­co­mi­ales. Notre secteur doit accom­pa­g­n­er cette approche.

Deux autres recom­man­da­tions ont retenu notre atten­tion. Tout d’abord celle d’un finance­ment à l’épisode de soins pour les actes chirur­gi­caux lourds ou des soins médi­caux aigus néces­si­tant une prise en charge en amont et en aval, impli­quant des pro­fes­sion­nels de ville et des pro­fes­sion­nels des étab­lisse­ments de san­té. Cette nou­velle approche a déjà fait son chemin dans les esprits : elle fait l’objet de travaux de la HAS et d’une demande d’un pro­jet d’expérimentation de la part de la FHP-MCO. Enfin, la Com­mis­sion Véran recom­mande de sor­tir tous les médica­ments onéreux des GHS en can­cérolo­gie et de met­tre ain­si fin au débat de la liste en sus.

Cette ver­sion finale du rap­port était fort atten­due, mais le cal­en­dri­er élec­toral fige les travaux pour quelques mois encore. Nous espérons que la nou­velle équipe saura impulser une cul­ture vertueuse du résul­tat.