fab­rice hardouin, Directeur de la Clin­ique de la Sauve­g­arde à Lyon (69), Groupe Capio

Quelles sont vos plus belles expéri­ences ?
Cela fait 14 ans que je tra­vaille dans le secteur de la san­té et c’est la deux­ième fois que j’ai le priv­ilège de pour­voir agir pleine­ment sur un pro­jet d’ex­pan­sion d’étab­lisse­ment. Met­tre en adéqua­tion les aspi­ra­tions des médecins et les exi­gences des action­naires pour aboutir à un pro­jet sat­is­faisant et moti­vant pour tout le monde, cela fait par­tie des grandes sat­is­fac­tions de notre méti­er. Mon cré­do est que les pro­jets sont plus faciles à gér­er que la crise. Je pense par ailleurs que les acteurs du privé ont un rôle socié­tal majeur à jouer. Notre clin­ique con­tribue au pro­jet de réno­va­tion urbaine du 9ème arrondisse­ment de Lyon et par­ticipe aux ate­liers san­té-ville ani­més par la munic­i­pal­ité. Ce pro­gramme san­té-ville pri­orise la lutte con­tre l’obésité et le dia­bète et, comme nous avons le plus impor­tant ser­vice de prise en charge des patients obès­es de France, nous sommes légitime­ment très impliqués.

Quels sont vos plus gros échecs?
Je suis con­trar­ié parce qu’on nous fait miroi­ter des pos­si­bil­ités d’oc­troi de sub­ven­tions (hôpi­tal 2007, hôpi­tal 2012). La poli­tique de san­té est faite de telle sorte que de nom­breux pro­jets ne sont réal­is­ables qu’à l’aide de ce genre de sub­ven­tions alors que les tar­ifs devraient nous per­me­t­tre d’in­ve­stir. C’est d’une injus­tice fla­grante et c’est surtout très frus­trant, car le temps passé à mon­ter des dossiers est con­sid­érable, pour un résul­tat nul : on ne prend même pas la peine de nous apporter une réponse! C’est d’au­tant plus injuste que nous rem­plis­sons la plu­part du temps, tout comme les hôpi­taux, les critères d’éli­gi­bil­ité.

Quelles réflex­ions vous inspire l’actualité ?
Les étab­lisse­ments privés se retrou­vent dans des sit­u­a­tions où il n’est pas rare de per­dre 1 point ou plus de chiffre d’af­faires par an, sim­ple­ment parce que les règles de fac­tura­tion évolu­ent con­sid­érable­ment du jour au lende­main, et compte tenu du niveau actuel de nos marges, cela peut avoir des con­séquences cat­a­strophiques à court terme. Notre rôle de ser­vice pub­lic avéré mérite d’être val­orisé. Le secteur pub­lic est absent de l’Ouest Lyon­nais où nous jouons aus­si un rôle de prox­im­ité impor­tant. Nous accueil­lons beau­coup de sta­giaires paramédi­caux et des internes en anesthésie et réan­i­ma­tion via un parte­nar­i­at avec les HCL et nous avons une activ­ité de chirurgie car­diaque et can­cérologique lourde. Il faudrait que nos tutelles pren­nent en compte que nous assurons ces mis­sions d’in­térêt général ! La loi HPST offre des pos­si­bil­ités mais les chemins pour y accéder sont pour le moins minés. Bien qu’op­ti­miste de nature, je demeure vig­i­lant et je ne me fais pas d’il­lu­sions pour le 1er mars prochain.