eric per­rot, Directeur du Cen­tre Médi­co Chirur­gi­cal de la Baie de Mor­laix (29)

 

Quelles sont vos plus belles expéri­ences ?
Être Directeur d’une clin­ique c’est diriger un orchestre com­posé de bril­lants solistes (prati­ciens) accom­pa­g­nés de musi­ciens plus anonymes (paramédi­caux) qui mérit­eraient d’être d’avantage val­orisés si nous en avions les moyens, avec le souci per­ma­nent d’amener cette équipe à jouer une musique juste et harmonieuse.C’est un milieu pas­sion­nant que j’ai décou­vert en 2001, milieu dans lequel il con­vient d’être très exigeant avec soi-même parce que les patients sont très exigeants avec nous. Toutes nos actions doivent se con­cevoir dans la durée et pour dur­er. C’est le principe même de la démarche qual­ité, de notre démarche qual­ité, qui nous a per­mis d’obtenir, dans la durée, 2 excel­lents résul­tats lors des 2 dernières Accrédi­ta­tions (1 recom­man­da­tion seule­ment sur le dossier patient avec 13 points forts men­tion­nés), puis cer­ti­fi­ca­tion en 2009 sans aucune réserve. C’est donc un suc­cès col­lec­tif…… pour un tra­vail qui, par déf­i­ni­tion dans notre milieu, est une œuvre col­lec­tive.

Quels sont vos plus gros échecs?
Sans aucun doute le mou­ve­ment social de 2007 (grève d’1 semaine), mal­gré un dia­logue social de qual­ité, con­stitue un échec, tant pour la direc­tion que pour les salariés. Je pour­rais citer égale­ment le beau pro­jet d’un plateau tech­nique unique avec l’hôpital de notre ville qui, après des négo­ci­a­tions inter­minables, s’est con­clu par une propo­si­tion offi­cielle du Pub­lic d’une OPA sur la chirurgie du secteur privé. Tout sim­ple­ment scan­daleux quand on sait qu’ils doivent avoir recours à nos chirurgiens Privés (garde chirur­gi­cales) pour assur­er leur mis­sion de ser­vice pub­lic.

Quelles réflex­ions vous inspire l’actualité ?
Je suis con­sterné par le peu d’empathie perçue et le manque de con­nais­sances de notre méti­er de la part des jour­nal­istes, toutes ten­dances con­fon­dues, à l’égard de l’Hospitalisation privée en France. Les Prési­dents de la république et les Min­istres de la san­té, nom­breux, passent mais le traite­ment iné­gal­i­taire entre les 2 secteurs demeure. Ce n’est pas le dis­cours du « Petit Nico­las » lors de la présen­ta­tion des vœux 2010 à la pro­fes­sion qui est por­teur d’espoir. Rien, pas un mot pour notre secteur privé. Pour con­clure, un cri du cœur que je véhicule dans mon cer­cle rela­tion­nel. En effet, n’est-il pas scan­daleux que nos Etab­lisse­ments n’arrivent pas à vivre de leur méti­er ? Devrons nous demain ven­dre des pro­duits dérivés (cas­quette, T‑Shirt, glaces etc…) pour équili­br­er nos comptes, car c’est cela aus­si la réal­ité, la préoc­cu­pa­tion d’un directeur de clin­ique.