Négociations conventionnelles des médecins : les vases communicants

Au sein de la nomen­cla­ture des actes tech­niques, cer­tains tar­ifs pour­raient aug­menter, quand d’autres pour­raient baiss­er… La CNAM indique que la main­te­nance de la CCAM sup­pose «d’ac­cepter des vari­a­tions pos­i­tives et néga­tives impac­tant les tar­ifs et les revenus (…) Il con­vien­dra de prévoir un mécan­isme de lis­sage pro­gres­sif des impacts afin d’éviter toute baisse bru­tale des revenus ». Une propo­si­tion dont ne veu­lent pas enten­dre par­ler les cinq syn­di­cats de médecins autour de la table. En gros, les négo­ci­a­tions en sont là.

L’association des Soins coor­don­nées, obser­va­trice des négo­ci­a­tions, rap­pelle que le coût des reven­di­ca­tions syn­di­cales s’élève à un mil­liard et demi d’euros et que per­son­ne ne dis­cute ni ne garan­tit d’accès aux soins, ni amélio­ra­tion de leur qual­ité quand cinq mil­lions de Français habitent dans des déserts médi­caux.

L’UML souligne enfin que la fac­ture des 20 déplace­ments des qua­tre représen­tants syn­di­caux en moyenne pour cha­cune des cinq organ­i­sa­tions est estimée entre 550 et 620 000 euros, et est à la charge des syn­di­cats.

3,5 attaques informatiques par jour contre les établissements de santé

1300 attaques ont été déclarées volon­taire­ment par les étab­lisse­ments de san­té en 2015 au ser­vice de sécu­rité des sys­tèmes d’in­for­ma­tion (FSSI) du min­istère de la San­té.

Au moins 18 inci­dents sont liés à des « attaques ciblées » guidées par une véri­ta­ble « volon­té de nui­sance », 816 sont qual­i­fiés d’« attaques par oppor­tunisme », prof­i­tant de « portes ouvertes » dans les sys­tèmes d’in­for­ma­tion, et 498 sont liés à des « mésusages » de ces sys­tèmes.

Le FSSI estime qu’il y a « un énorme tra­vail à faire » en matière de sen­si­bil­i­sa­tion des pro­fes­sion­nels de san­té car les sys­tèmes d’in­for­ma­tion sont « trop poreux ».

Les postes de respon­s­ables de la sécu­rité des sys­tèmes d’in­for­ma­tion (RSSI) sont trop rares dans les étab­lisse­ments, le champ de con­trôle des direc­tions trop étroit alors que les «rançongi­ciels » se mul­ti­plient. Il s’agit d’une cyber­at­taque qui rend des fichiers inutil­is­ables, suiv­ie d’une demande de rançon pour les restituer.

Quand Coca-Cola finance les nutritionnistes…

L’as­so­ci­a­tion de défense des con­som­ma­teurs Food­watch vient de pub­li­er les mon­tants ver­sés par Coca-Cola à des insti­tuts de recherche, des asso­ci­a­tions de patients et de médecins : 7 mil­lions d’eu­ros au total entre 2010 et 2015 ont été investis en France dans des « parte­nar­i­ats ». L’In­sti­tut Pas­teur de Lille a par exem­ple perçu 33 000 euros, l’u­ni­ver­sité de Poitiers près de 230 000 euros pour une « unité d’en­seigne­ment libre » visant à don­ner les clefs d’une bonne hygiène de vie aux étu­di­ants, la Fédéra­tion française des dia­bé­tiques plus de 230 000 euros pour un pro­gramme de for­ma­tion de patients experts, l’As­so­ci­a­tion française des diététi­ciens nutri­tion­nistes a béné­fi­cié de parte­nar­i­ats pour un mon­tant de près de 120 000 euros, etc. « Coca-Cola finance un réseau inter­na­tion­al d’ex­perts chargé de véhiculer le mes­sage selon lequel l’élé­ment clef pour per­dre du poids n’est pas l’ap­port calorique, mais l’ex­er­ci­ce physique », nous apprend l’enquête d’APM.

Par­al­lèle­ment, la récente pub­li­ca­tion des con­flits d’intérêts au sein de l’AP-HP déclenche de très vives cri­tiques d’associations de patients et de jeunes médecins qui appel­lent à l’application rapi­de des textes oblig­eant à une grande trans­parence et un con­trôle des liens d’intérêts.