Pour la FHP-MCO, les propo­si­tions énon­cées dans le rap­port Grall sur « la ter­ri­to­ri­al­i­sa­tion des activ­ités d’urgence » remis à la min­istre de la san­té mer­cre­di, ignorent l’existence des 132 ser­vices d’urgence privés et écar­tent de fac­to les médecins urgen­tistes libéraux de la prise en charge des urgences.

Vers la fin des services d’urgence privés ?

Pour per­me­t­tre un accès à des soins adap­tés et de qual­ité sur les ter­ri­toires, le rap­port Grall pré­conise de for­malis­er, sous l’égide des ARS, un réseau ter­ri­to­r­i­al de l’accès aux soins non pro­gram­més et de créer des équipes de ter­ri­toire de médecins urgen­tistes.
S’il est prévu que le réseau ter­ri­to­r­i­al de prise en charge des urgences com­prenne l’ensemble des pro­fes­sion­nels et struc­tures du ter­ri­toire, les équipes de ter­ri­toire de médecins urgen­tistes seraient en revanche exclu­sive­ment publiques. Elles seraient créées sur la base des struc­tures d’urgence des étab­lisse­ments mem­bres des futurs Groupe­ments Hos­pi­tal­iers de Ter­ri­toire… dont seront exclus les étab­lisse­ments de san­té privés. Et chaque équipe serait placée sous l’autorité hiérar­chique d’un chef de ser­vice, situé au niveau de l’établissement siège du GHT.
« La notion de réseau de prise en charge des urgences n’est pas nou­velle et fig­ure depuis 2006 dans le Code de la San­té Publique. Mais ce qui dérange, c’est la volon­té de dévelop­per des équipes de ter­ri­toire d’urgentistes publics. Quelle est la place don­née au secteur privé et aux urgen­tistes libéraux ? Ont-ils été nég­ligem­ment oubliés ou volon­taire­ment écartés ? » s’interroge Ségolène Ben­hamou, Prési­dente de la FHP-MCO.
Par­al­lèle­ment, le rap­port Grall pro­pose de revis­iter le niveau de prise en charge des urgences, en dis­tin­guant trois types de struc­tures : les ser­vices d’urgence, les antennes de ser­vices d’urgence et les cen­tres de soins non pro­gram­més.
« Cette propo­si­tion laisse une impres­sion de « déjà vu » et ressem­ble étrange­ment aux SAU et UPATOU qui ont été trans­for­més en « struc­tures des urgences » par le décret de mai 2006. Quant aux cen­tres de soins non pro­gram­més, ils exis­tent déjà dans de nom­breux étab­lisse­ment de san­té privés qui n’ont pas d’autorisation de médecine d’urgence. Au-delà, la volon­té de ce rap­port est-elle de sup­primer les ser­vices d’urgence privés pour faire de la prise en charge des « vraies » urgences un mono­pole de l’hôpital pub­lic ? » pour­suit Ségolène Ben­hamou.

Un rapport pour améliorer la prise en charge des urgences ou pour régler les problèmes de l’hôpital public ?

Le con­texte de pénurie médi­cale dans les hôpi­taux publics et de sur­coûts liés au finance­ment de nom­breuses lignes de garde est omniprésent dans ce rap­port.
« On com­prend le souci légitime de résoudre les prob­lèmes de ressources humaines et de sur­coûts dans les hôpi­taux publics. Mais pour amélior­er la prise en charge des urgences, il faudrait mieux pren­dre en compte l’ensem­ble des par­ties prenantes. Com­ment expli­quer que dans cer­tains ter­ri­toires, il y ait plus de 4 heures d’at­tente dans des ser­vices d’ur­gences publics, tan­dis que les ser­vices d’ur­gences des étab­lisse­ments de san­té privés sont flu­ides ? ».
Le vrai débat n’est pas celui de la préférence du secteur pub­lic et donc d’une régu­la­tion juge et par­tie.… mais celui qui vise à remet­tre au cen­tre du dis­posi­tif le patient et la volon­té de tous les acteurs — publics comme privés — de lui assur­er des soins de qual­ité, adap­tés, dans un délai raisonnable.