La san­té pre­nait la parole haut et fort mar­di pour s’op­pos­er au pro­jet de loi « Macron » sur les pro­fes­sions régle­men­tées : 20 000 man­i­fes­tants dans les rues de Paris et de villes en régions selon les organ­isa­teurs ! Un coup d’en­voi qui pré­fig­ure la mobil­i­sa­tion con­tre la loi de san­té. Nous les avons soutenus et saisirons à notre tour le témoin que se sont sym­bol­ique­ment passé les phar­ma­ciens, den­tistes, lab­o­ran­tins, médecins, paramédi­caux. Cette sol­i­dar­ité mar­que le chaî­nage de nos pro­fes­sions inter­dépen­dantes sur lequel repose le sys­tème de san­té au ser­vice des citoyens. Nos prob­lé­ma­tiques sont certes divers­es, mais la volon­té farouche d’ex­ercer nos métiers selon les règles de l’art et dans un mod­èle économique équitable nous unit. Oui, nous sommes des acteurs ani­més par la noble mis­sion de san­té publique ! Aujour­d’hui, j’en veux pour preuve notre engage­ment dans la cam­pagne d’Octo­bre rose. Rien ne vous y oblige, vous n’avez aucun finance­ment pour cela, peu d’en­tre vous en par­lent dans la presse, et pour­tant vous êtes nom­breux à vous engager dans la préven­tion du can­cer du sein. Vous débor­dez d’idées et mul­ti­pliez les ini­tia­tives. Le MCO a souhaité vous ren­dre hom­mage en vous ten­dant un miroir qui reflète l’én­ergie pos­i­tive déployée par la pro­fes­sion. C’est l’ob­jet de « Fil rose » : qua­tre newslet­ters co-pro­duites avec l’AFC-UNH­PC, que vous recevrez tous les mardis d’Octo­bre rose et que nous dif­fuserons large­ment.
Bra­vo à tous !

 

 

 

 

 

Lamine Ghar­bi
Prési­dent du syn­di­cat nation­al FHP-MCO

Une mobil­i­sa­tion de la san­té réussie
La journée sans pro­fes­sion­nels libéraux du 30 sep­tem­bre a été un suc­cès avec la fer­me­ture de 90 % des lab­o­ra­toires d’analy­ses médi­cales, 87 % des phar­ma­cies d’of­ficine, 70 % des cab­i­nets médi­caux, 50 % des cab­i­nets d’in­fir­mières (source : UNAPL). À not­er par­mi les réac­tions des pou­voirs publics, celle de Marisol Touraine qui s’est dite favor­able à l’en­trée au cap­i­tal de salariés qui tra­vail­lent dans des phar­ma­cies. « Il faut évidem­ment garan­tir l’indépen­dance des phar­ma­cies — il ne serait pas pos­si­ble par exem­ple que l’in­dus­trie phar­ma­ceu­tique soit au cap­i­tal des phar­ma­cies ou que des médecins soient au cap­i­tal des phar­ma­cies », a‑t-elle ajouté.

Le PLFSS 2015, c’est par­ti !
Le gou­verne­ment a présen­té lun­di les grandes lignes du PLFSS : les branch­es mal­adie et famille sont par­ti­c­ulière­ment mis­es à con­tri­bu­tion. Il s’ag­it d’abord de réalis­er 3,2 mil­liards d’euros d’économies sur la branche mal­adie pour ramen­er le déficit à 6,9 mil­liards en 2015. Ce sont les médica­ments qui seront les pre­miers impactés. Leur prix sera revu à la baisse afin de dégager 550 mil­lions d’é­conomies. La pre­scrip­tion de génériques sera encore encour­agée (450 mil­lions d’é­conomies). Marisol Touraine a affir­mé qu’il n’y aurait aucun dérem­bourse­ment de médica­ments ni diminu­tion de la prise en charge des soins. Elle a rap­pelé que le tiers payant sera bien mis en place pour les béné­fi­ci­aires de l’ACS à compter du 1er juil­let 2015. Autres pistes envis­agées : un meilleur usage des soins (1,1 mil­liards d’eu­ros) en par­ti­c­uli­er pour éviter les actes redon­dants et les iatrogénies médica­menteuses, notam­ment auprès des per­son­nes âgées. Il s’ag­it aus­si de dévelop­per la chirurgie ambu­la­toire (100 mil­lions d’eu­ros) et l’hos­pi­tal­i­sa­tion à domi­cile.

V2014 : une cinquan­taine de comptes qual­ité ouverts à la HAS
Sep­tem­bre mar­quait le com­mence­ment de la cer­ti­fi­ca­tion V2014 alors que les pre­mières vis­ites sur site inter­vien­dront à par­tir de jan­vi­er 2015. Le compte qual­ité est fondé sur le recueil de don­nées et résul­tats d’é­val­u­a­tion per­ti­nents ain­si que sur une analyse et hiérar­chi­sa­tion des risques per­me­t­tant une pri­or­i­sa­tion des actions. Par­mi les 21 thé­ma­tiques définies, l’étab­lisse­ment doit a min­i­ma présen­ter à la HAS une analyse sur les thé­ma­tiques rat­tachées à des critères de pra­tiques exi­gi­bles pri­or­i­taires, liées à son activ­ité et aux deux thé­ma­tiques « qual­ité de vie au tra­vail » et « ges­tion du sys­tème d’in­for­ma­tion ».

Deux nou­velles pistes de tra­vail ouvertes par la HAS
La HAS tra­vaille sur la réha­bil­i­ta­tion postopéra­toire afin de dimin­uer les com­pli­ca­tions postopéra­toires et de réduire les durées de séjours. Pour le patient, les enjeux sont nom­breux : la diminu­tion du stress, une meilleure récupéra­tion, une con­va­les­cence plus courte et une diminu­tion de la mor­bi-mor­tal­ité péri­opéra­toire. Pour le pro­fes­sion­nel, il s’ag­it de pro­mou­voir les pra­tiques coopéra­tives, de mieux coor­don­ner les soins en équipe et de pro­mou­voir la coopéra­tion ville-hôpi­tal. La HAS dif­fusera donc au deux­ième trimestre 2015 un état des lieux et des con­nais­sances sur la réha­bil­i­ta­tion rapi­de en chirurgie pro­gram­mée qui servi­ra à con­stru­ire des out­ils de pilotage. Par ailleurs, la HAS veut dévelop­per l’ac­crédi­ta­tion des pro­fes­sion­nels de san­té en équipe, en com­plé­ment de l’ac­crédi­ta­tion indi­vidu­elle, une démarche dont béné­fi­cient déjà cer­taines spé­cial­ités à risque (chirurgiens, anesthé­sistes et obstétriciens)  et que l’a­gence veut éten­dre. Si ces pro­fes­sion­nels s’en­ga­gent dans une poli­tique de ges­tion des risques et de for­ma­tion, ils obti­en­nent leur accrédi­ta­tion en échange d’une aide au finance­ment de leur RCP.

Les élec­tions du MCO, engagez-vous !
La FHP-MCO renou­velle ses 56 admin­is­tra­teurs dont 25 seront élus le 17 décem­bre prochain. Rap­pel : 25 admin­is­tra­teurs par­mi les étab­lisse­ments MCO sont élus par cha­cun des 25 syn­di­cats régionaux, 25 sont élus au suf­frage uni­versel le 17 décem­bre, 3 admin­is­tra­teurs sont désignés par la FHP-Dial­yse dont son prési­dent et 3 par l’AFC-UNH­PC dont son prési­dent. Le nou­veau CA se réu­ni­ra le jour même pour élire le prési­dent, vice-prési­dent, tré­sori­er et le secré­taire général. Engagez-vous !

Les études de médecine s’ou­vrent à d’autres pro­fils d’é­tu­di­ants
Le min­istère de l’En­seigne­ment supérieur lance dans sept uni­ver­sités de médecine sa réforme de la 1ère année, la « Paces ». Ces uni­ver­sités pour­ront recruter des étu­di­ants diplômés d’une licence et les faire entr­er directe­ment en deux­ième année. Objec­tif : diver­si­fi­er les pro­fils et met­tre fin à un recrute­ment par­fois trop aléa­toire.

Qui peut pay­er le SOVALDI ?
L’É­tat a‑t-il les moyens d’of­frir cette molécule révo­lu­tion­naire à tous les patients atteints d’une hépatite C au prix de 18 500 euros la boîte, soit env­i­ron 56 000 euros la cure de 12 semaines. Il ne s’ag­it plus de soign­er des mal­adies orphe­lines (2 000 patients) avec des traite­ments très onéreux, mais de soign­er 200 000 patients pour lesquels la fac­ture du traite­ment s’élèverait à 1 mil­liard d’eu­ros. L’É­tat prélèverait une taxe sur l’in­té­gral­ité des ventes des médica­ments des­tinés à traiter l’hé­patite C dès lors qu’un seuil de dépense serait dépassé : 450 mil­lions en 2014, puis 700 mil­lions d’eu­ros en 2015. Récem­ment, quinze pays européens s’al­li­aient pour exiger des lab­o­ra­toires phar­ma­ceu­tiques qu’ils mod­èrent leurs prix, en insis­tant sur leur respon­s­abil­ité en matière de san­té publique. Qu’at­tend-on des médica­ments ? Quel prix est-on prêt à pay­er pour sauver une vie ? Le SOVALDI ouvre le débat.


Agir pour une meilleure qual­ité de l’eau

L’un des volets d’actions prévu par le pro­jet de Plan nation­al San­té Envi­ron­nement (PNSE3), dont la con­sul­ta­tion se ter­mine le 17 octo­bre, con­cerne la qual­ité de l’eau. Le PNSE3 prévoit la mise en œuvre d’un plan pour détecter les microp­ol­lu­ants (médica­ments et poly­chloro­biphényles — PCB) et éval­uer leur tox­i­c­ité. Le C2DS milite pour un éti­que­tage envi­ron­nemen­tal des médica­ments, à l’instar de ce qui se fait en Suède avec l’Indice PBT qui mesure les rejets de médica­ments dans l’environnement après leur con­som­ma­tion et les classe suiv­ant leur « per­sis­tance, bio-accu­mu­la­tion, tox­i­c­ité ».