Enquête de 60 mil­lions de con­som­ma­teurs
sur les tar­ifs jour­naliers des hôpi­taux (TPJ) :
un scan­dale à un mil­liard d’eu­ros con­nu depuis des années

Voici le com­mu­niqué de presse envoyé ce jour aux médias :

La FHP-MCO, syn­di­cat des clin­iques et hôpi­taux privés spé­cial­isés en médecine, chirurgie et obstétrique (MCO) de la Fédéra­tion de l’hospitalisation privée, salue l’en­quête de «60 Mil­lions de con­som­ma­teurs » met­tant au jour le véri­ta­ble scan­dale financier que con­stitue le tarif jour­nalier des presta­tions (TJP), fac­turé par les hôpi­taux publics. Il génère un sur­coût annuel non jus­ti­fié d’un mil­liard d’eu­ros pour la col­lec­tiv­ité au détri­ment des patients et des com­plé­men­taires.

Le TJP sert de base au cal­cul du tick­et mod­éra­teur de 20% du coût des presta­tions de soins, qui reste à la charge du patient et/ou de sa mutuelle.

L’Ob­ser­va­toire citoyen des restes à charge créé par «60 Mil­lions de con­som­ma­teurs » vient de pub­li­er une enquête révélant les incroy­ables écarts de tar­ifs — de 360 euros à 2.230 euros pour une même presta­tion — d’un hôpi­tal pub­lic à l’autre. Ces tar­ifs pour le pub­lic « sont fixés après val­i­da­tion de l’A­gence régionale de san­té et sur propo­si­tion presque dis­cré­tion­naire du directeur de l’étab­lisse­ment de san­té, sans for­cé­ment de rap­port avec le coût réel de pro­duc­tion des soins », écrit l’Ob­ser­va­toire.

« C’est un scan­dale aux mul­ti­ples effets per­vers et que nous dénonçons depuis des années », déclare Lamine Ghar­bi, prési­dent de la FHP-MCO. « L’hôpi­tal pub­lic cal­cule le mon­tant du tick­et mod­éra­teur non pas sur le tarif pris en charge par la Sécu­rité sociale (GHS) — comme c’est le cas pour le privé — mais sur un prix de journée his­torique bien supérieur fixé de façon totale­ment arbi­traire… par lui-même ! Cette méth­ode de cal­cul déroga­toire, qui devait être tem­po­raire, a été recon­duite depuis 2004 et génère chaque année un sur­coût de près de 1 mil­liard d’eu­ros ([1]) pour les patients et les mutuelles ».

Une telle pra­tique peut pos­er un prob­lème d’accessibilité finan­cière aux soins au sein des hôpi­taux publics.

Le TJP est un moyen opaque de finance­ment des hôpi­taux en marge des dis­po­si­tions régle­men­taires et qui échappe au con­trôle du lég­is­la­teur. Elle a de nom­breux effets per­vers, comme celui de pouss­er les hôpi­taux à allonger les durées de séjour. La Cour des Comptes n’a pas man­qué de soulign­er que ce dis­posi­tif était util­isé comme une véri­ta­ble vari­able d’a­juste­ment des recettes, avec des taux d’évo­lu­tion soutenus ces dernières années.

« Cette aber­ra­tion économique con­stitue une dis­tor­sion de finance­ment de plus en faveur des hôpi­taux publics. Le plus choquant, c’est que cela aug­mente par­fois con­sid­érable­ment le reste à charge payé par le patient ou sa com­plé­men­taire, et que le min­istère de la San­té laisse faire. Ce finance­ment opaque pour l’hôpi­tal pub­lic s’a­joute à des tar­ifs de soins hos­pi­tal­iers fac­turés, eux, à la Sécu­rité sociale, et qui sont déjà 28% plus élevés en moyenne que ceux des clin­iques et hôpi­taux privés pour une presta­tion de soins iden­tique. Cet écart tar­i­faire injus­ti­fié génère un sur­coût sup­plé­men­taire pour les coti­sants soci­aux, estimé à 7 mil­liards d’eu­ros par la Cour des Comptes, et auquel la con­ver­gence tar­i­faire devait met­tre fin », souligne Lamine Ghar­bi.

« A l’heure où on l’on cherche à réalis­er dix mil­liards d’é­conomies dans la san­té, il serait bien­venu que l’on mette fin à cette sit­u­a­tion totale­ment inac­cept­able, con­nue de tous et notam­ment du min­istère de la San­té depuis des années », con­clut le prési­dent de la FHP-MCO.

La FHP-MCO demande donc que la réforme tou­jours repoussée des modal­ités de cal­cul du tick­et mod­éra­teur soit enfin engagée pour aller dans le sens d’une équité entre les deux secteurs, pub­lic et privé, et d’une lim­i­ta­tion des iné­gal­ités de reste à charge pour les patients.


[1] Le dernier mon­tant con­nu est de 981 mil­lions d’eu­ros, selon l’es­ti­ma­tion de la DGPS (audi­tion MECSS, 7 févri­er 2012)