
Les résultats du questionnaire adressé aux FHP régionales, présentés lors de l’atelier consacré aux CCARU à la Journée des métiers de la FHP-MCO, dressent un premier état des lieux de la mise en œuvre de cette instance créée par la réforme du financement des urgences.
Si les objectifs de la réforme demeurent largement partagés – territorialiser les décisions, mieux adapter les financements aux besoins de la population et accompagner les transformations de l’offre de soins –, leur déclinaison territoriale reste très hétérogène d’une région à l’autre. Les modalités de composition des CCARU, la place accordée aux représentants de l’hospitalisation privée, les sujets effectivement débattus ou encore les critères d’allocation des dotations populationnelles varient très sensiblement selon les territoires.
L’enquête met en évidence plusieurs attentes fortes. La première concerne le respect des règles de gouvernance prévues par les textes, avec une représentation effective de l’ensemble des acteurs, notamment des urgentistes exerçant dans les établissements de santé privés. La seconde porte sur la transparence des travaux : recours aux outils nationaux, partage des diagnostics territoriaux, explicitation des modèles de financement et des critères de répartition des ressources, face à des indicateurs régionaux totalement hétérogènes.
Les fédérations régionales soulignent également la nécessité que les CCARU deviennent de véritables lieux de co-construction des organisations territoriales. Les décisions relatives à l’évolution de l’offre – création d’antennes de SMUR ou de services d’urgence, gestion des fermetures temporaires, évolution des dotations ou transformations d’activité – doivent reposer sur des analyses objectivées et des échanges associant l’ensemble des offreurs de soins.
Enfin, la place des ARS apparaît déterminante. Au-delà de leur rôle de pilotage, leur capacité à prendre en compte les avis des CCARU conditionne largement la crédibilité de cette gouvernance territoriale. Une concertation purement consultative ne saurait suffire si elle ne se traduit pas par une réelle prise en compte des propositions formulées par les acteurs.
L’hospitalisation privée réaffirme son engagement en faveur d’une réforme fondée sur l’équité, la transparence et la responsabilité territoriale. Les CCARU constituent un outil pertinent pour accompagner cette ambition, à condition que leur fonctionnement permette un dialogue équilibré, des décisions objectivées et une association pleine et entière de tous les acteurs de la médecine d’urgence.
Frédérique Gama
Présidente de la FHP-MCO