Chaque jour en France, près de 1 200 per­son­nes appren­nent qu’elles sont atteintes d’un can­cer. Cela représente 430 000 nou­veaux cas par an. Pre­mière cause de décès par mal­adie, il mobilise à lui seul 13 % des dépens­es de l’Assurance mal­adie, soit près de 24 mil­liards d’euros par an. Depuis le lance­ment du pre­mier Plan can­cer, il y a 21 ans, devenu décen­nal en 2021, les moyens, les straté­gies et les ambi­tions n’ont cessé de se ren­forcer. Et pour­tant.

L’Institut nation­al du can­cer souligne que le délai entre la con­sul­ta­tion et le début des traite­ments s’est allongé de deux semaines en cinq ans pour attein­dre 47 jours, soit près de sept semaines. De son côté, la Ligue con­tre le can­cer con­state un allonge­ment de six semaines entre le début et la fin des traite­ments depuis 2019. Der­rière ces chiffres, ce sont des patients qui atten­dent davan­tage, dans des par­cours déjà mar­qués par l’incertitude et l’épreuve de la mal­adie.

Dans ce con­texte, les étab­lisse­ments de san­té privés jouent un rôle essen­tiel. Ils assurent 36,6 % de la chirurgie car­ci­nologique soumise à seuil et 25 % des séances de chimio­thérapie, grâce à des équipes médi­cales haute­ment spé­cial­isées. Ils par­ticipent active­ment aux cam­pagnes de dépistage, investis­sent dans l’innovation et con­tribuent à la qual­ité des par­cours de soins sur l’ensemble du ter­ri­toire. L’activité est là. Les résul­tats sont là. Et pour­tant.

Le point sur les dernières cam­pagnes d’autorisations en can­cérolo­gie a été fait à l’occasion de l’atelier can­cérolo­gie ani­mé par l’AFC-UNHPC lors de la Journée des métiers de la FHP-MCO :  de nom­breux étab­lisse­ments de san­té privés ont per­du une par­tie de leurs autori­sa­tions. Dans plusieurs régions, les déci­sions pris­es inter­ro­gent au regard des critères affichés de plan­i­fi­ca­tion, d’activité et de san­té publique. Des étab­lisse­ments par­mi les plus act­ifs ont par­fois été relégués der­rière des struc­tures présen­tant des vol­umes d’activité moin­dres. Le manque de trans­parence de cer­taines procé­dures et l’hétérogénéité des critères appliqués selon les ter­ri­toires nour­ris­sent l’incompréhension des pro­fes­sion­nels.

La lutte con­tre le can­cer exige cohérence, équité et lis­i­bil­ité. Les autori­sa­tions doivent répon­dre à des objec­tifs de san­té publique, fondés sur des critères objec­tifs, trans­par­ents et partagés. L’égalité d’accès aux soins pour tous les patients, quel que soit leur lieu de rési­dence, demeure un enjeu majeur. Nous sommes des acteurs de san­té publique.

Frédérique Gama
Prési­dente de la FHP-MCO