
La Commission des comptes de la Sécurité sociale confirme une réalité désormais bien installée : les finances sociales sont, elles-aussi, confrontées à un effet de ciseaux préoccupant. Sous l’effet de l’inflation, les dépenses progressent plus rapidement que les recettes, accentuant mécaniquement les déséquilibres financiers. Pour 2025, le déficit de la Sécurité sociale atteindrait ainsi 16 milliards d’euros, les dépenses augmentant de 3,7 % contre seulement 3,0 % pour les recettes. Les prestations relevant de l’ONDAM demeurent particulièrement dynamiques, illustrant la pression croissante qui s’exerce sur notre système de santé.
Cette situation intervient alors même que les rapports d’évaluation des politiques de sécurité sociale permettent chaque année d’apprécier avec précision les résultats obtenus au regard des objectifs assignés à notre modèle social. À travers le suivi de 248 indicateurs, ils rappellent l’exigence permanente de concilier la qualité de la protection offerte aux assurés avec la soutenabilité financière du système. Le retour progressif à l’équilibre des comptes sociaux, l’équité des prélèvements, la simplification du recouvrement et l’amélioration de l’efficience de gestion constituent autant d’objectifs qui demeurent pleinement d’actualité.
Pour sa part, la Cour des comptes constate des hospitalisations trop longues ou évitables pour un coût de plus de 4 milliards d’euros. Ses recommandations convergent vers un même objectif : engager une transformation structurelle de l’offre de soins, renforcer la pertinence des prises en charge et définir une trajectoire pluriannuelle crédible de maîtrise des dépenses. Cette approche rejoint largement les orientations que nous portons depuis plusieurs années. Elle implique également de réexaminer le partage du financement entre assurance maladie obligatoire, organismes complémentaires, employeurs et assurés, dans le cadre d’un dialogue responsable et équilibré.
La question n’est plus de savoir si des réformes sont nécessaires, mais à quel rythme elles seront engagées. De nombreux rapports, études et évaluations aboutissent désormais à des conclusions similaires. Les diagnostics sont connus, les leviers d’action identifiés et les marges d’efficience documentées. Restaurer durablement l’équilibre des comptes sociaux tout en préservant l’accès aux soins constitue un impératif collectif. L’urgence est d’autant plus forte que les tensions financières fragilisent l’ensemble du système de santé et qu’une clinique sur deux se trouve aujourd’hui en situation déficitaire. Face à cette réalité, seule une stratégie de transformation assumée, progressive mais déterminée, permettra de garantir la pérennité de notre modèle social et notre système de santé.
Frédérique Gama
Présidente de la FHP-MCO