Christophe Sadoine, président-directeur général de CAHPP

Comment la centrale d’achat CAHPP collabore-t-elle avec ses fournisseurs en cette période de tension tarifaire ?

Comme l’ensemble de la pro­fes­sion, dans un pre­mier temps, nous avons été dans l’expectative : quelles seraient les con­séquences en matière d’approvisionnement et de tar­ifs ? Le comité de direc­tion de CAHPP s’est adressé à l’ensemble de ses four­nisseurs afin de rap­pel­er les con­di­tions con­tractuelles qui nous lient. Les tar­ifs sont fixés sur une péri­ode prédéter­minée, sauf en cas de sit­u­a­tion excep­tion­nelle. Nous avons égale­ment rap­pelé que, si les four­nisseurs étaient con­traints de réper­cuter des aug­men­ta­tions tar­i­faires, celles-ci devaient être négo­ciées avec les acheteurs de CAHPP et appa­raître de manière explicite sur les fac­tures. Cette mesure vise à iden­ti­fi­er de manière explicite les sur­coûts liés à cette crise. Enfin, il a été rap­pelé que les sur­coûts logis­tiques et de trans­port ne peu­vent être réper­cutés lorsqu’ils béné­fi­cient d’un dis­posi­tif de sou­tien de la part de l’État.

Même si CAHPP ne peut pas lut­ter con­tre les faits, toute aug­men­ta­tion tar­i­faire doit être expliquée puis com­mu­niquée aux étab­lisse­ments adhérents.

La qua­si-total­ité des four­nisseurs a atten­du l’épuisement des stocks avant de réper­cuter les hauss­es rel­a­tives aux frais de livrai­son, aux sur­coûts des matières pre­mières et des con­som­ma­tions inter­mé­di­aires. CAHPP demande égale­ment à ses four­nisseurs d’imputer une par­tie des pertes de marges à leur pro­pre résul­tat.

Enfin, CAHPP s’assure que les four­nisseurs ne priv­ilégient pas des marchés plus lucrat­ifs au détri­ment des engage­ments pris auprès des étab­lisse­ments de san­té.

Ces démarch­es sont facil­itées par l’esprit de com­préhen­sion et de parte­nar­i­at que CAHPP a dévelop­pé, depuis des années, avec l’ensemble de ses four­nisseurs.

Comment CAHPP collabore avec les établissements de santé adhérents ?

CAHPP a adressé, fin avril, un cour­ri­er à l’ensemble des étab­lisse­ments afin d’indiquer que certes le con­texte géopoli­tique actuel pou­vait engen­dr­er des ten­sions sur les chaînes d’approvisionnement ain­si que sur les coûts logis­tiques mais qu’un dia­logue avec les four­nisseurs était engagé.

CAHPP reste pleine­ment mobil­isée pour obtenir le main­tien des con­di­tions tar­i­faires en vigueur, encadr­er toute éventuelle demande d’évolution tar­i­faire et rap­pel­er aux four­nisseurs les engage­ments con­tractuels en matière de con­ti­nu­ité d’approvisionnement.

Nous veil­lons égale­ment à éviter l’effet cli­quet, c’est-à-dire des aug­men­ta­tions tar­i­faires sans retour au tarif ini­tial lorsque les coûts de pro­duc­tion ou de trans­port revi­en­nent à la nor­male. CAHPP s’assure que la sit­u­a­tion actuelle ne génère ni prof­itabil­ité, ni effet d’aubaine.

La trans­parence dans la com­mu­ni­ca­tion mise en œuvre par CAHPP est appré­ciée à la fois par les four­nisseurs et les étab­lisse­ments.

Quels sont les produits affectés par les tensions actuelles ?

Les matières plas­tiques sont par­ti­c­ulière­ment con­cernées par les deman­des de hausse tar­i­faire. Pour un même dis­posi­tif médi­cal, les deman­des d’augmentation peu­vent vari­er forte­ment d’un four­nisseur à l’autre. C’est pourquoi CAHPP exam­ine l’ensemble de ces deman­des, exige des jus­ti­fi­ca­tions et demande une men­tion explicite sur chaque fac­ture. Par ailleurs, CAHPP veille égale­ment à pro­pos­er des pro­duits alter­nat­ifs lorsque les prix d’un même pro­duit diver­gent. Il est de sa respon­s­abil­ité d’orienter les étab­lisse­ments adhérents vers les four­nisseurs les mieux posi­tion­nés. Par ailleurs, afin d’éviter les rup­tures d’approvisionnement, CAHPP n’autorise pas la con­sti­tu­tion de sur­stocks par les étab­lisse­ments.

Con­cer­nant l’alimentation, CAHPP n’enregistre, à ce jour, aucune aug­men­ta­tion sur les coûts de pro­duc­tion. En revanche, une hausse des coûts de trans­port est observée.