L’hypothyroïdie se car­ac­térise par une insuff­i­sance de pro­duc­tion d’hormones thy­roï­di­ennes, entraî­nant un ralen­tisse­ment glob­al du métab­o­lisme. Quels sont les symp­tômes évo­ca­teurs de cette patholo­gie endocrini­enne ? Com­ment la diag­nos­ti­quer ? Faisons le point.

Où se situe la thy­roïde ? À quoi ressem­ble-t-elle ? 

La thy­roïde est une glande endocrine mesurant env­i­ron 5 cen­timètres et pesant entre 15 et 20 grammes en moyenne. Elle se com­pose de deux lobes reliés par un isthme. Ressem­blant à un papil­lon, elle se situe à la base du cou, juste en dessous de la pomme d’Adam. Dis­crète mais essen­tielle, elle joue un rôle cen­tral dans le bon fonc­tion­nement de l’organisme. Elle appar­tient au sys­tème endocrinien, c’est-à-dire l’ensemble des glan­des qui pro­duisent des hor­mones directe­ment libérées dans le sang pour agir à dis­tance sur dif­férents organes.

Quel est son rôle ? 

La thy­roïde pro­duit deux hor­mones qui sont la tri-iodothy­ro­nine (appelée T3) et la thy­rox­ine (appelée tétra-iodothy­ro­nine ou T4). La pro­duc­tion de ces hor­mones est régulée par une hor­mone stim­u­lante, la TSH (Thy­roid Stim­u­lat­ing Hor­mone, égale­ment appelée thyréos­tim­u­line). La TSH est sécrétée par l’hypophyse, une petite glande située à la base du cerveau. Cette régu­la­tion repose sur le principe du ther­mo­stat :

  • Une baisse des taux san­guins de T3/T4, comme c’est le cas lors d’une hypothy­roïdie, entraîne une aug­men­ta­tion du taux san­guin de TSH afin de stim­uler la thy­roïde à pro­duire plus de T3/T4.
  • À l’inverse, un taux san­guin exces­sif de T3/T4 (une hyper­thy­roïdie) provoque une chute du taux san­guin de TSH pour frein­er l’activité de la thy­roïde.

 
Libérées dans le sang, ces hor­mones T3 et T4 régu­lent de nom­breuses fonc­tions de l’organisme, notam­ment la tem­péra­ture cor­porelle, le rythme car­diaque, l’énergie, la diges­tion ou encore la con­cen­tra­tion. Elles jouent égale­ment un rôle dans la crois­sance, le fonc­tion­nement mus­cu­laire et l’équilibre du sys­tème nerveux cen­tral.

En cas de déficit de pro­duc­tion, l’ensemble des proces­sus métaboliques ralen­tit, ce qui explique la symp­to­ma­tolo­gie sou­vent pro­gres­sive et peu spé­ci­fique de l’hypothyroïdie. En France, plusieurs mil­lions de per­son­nes sont con­cernées par un trou­ble thy­roï­di­en, avec une nette pré­dom­i­nance chez les femmes, en par­ti­c­uli­er après 50 ans.

L’hypothyroïdie : une patholo­gie hor­monale aux man­i­fes­ta­tions var­iées

L’hypothyroïdie cor­re­spond à une insuff­i­sance de sécré­tion des hor­mones thy­roï­di­ennes (T3 et T4), essen­tielles à la régu­la­tion du métab­o­lisme, de la tem­péra­ture cor­porelle et de nom­breuses fonc­tions phys­i­ologiques. Dans la majorité des cas, il s’agit d’une hypothy­roïdie pri­maire liée à une atteinte de la glande thy­roïde, le plus sou­vent d’origine auto-immune, notam­ment dans le cadre de la thy­roïdite de Hashimo­to.

Les man­i­fes­ta­tions clin­iques restent sou­vent insi­dieuses, ce qui com­plique le diag­nos­tic pré­coce. Les symp­tômes les plus fréquents inclu­ent :

  • Une fatigue per­sis­tante ;
  • Une prise de poids générale­ment mod­érée ;
  • Une plus grande sen­si­bil­ité au froid (frilosité) ;
  • De la con­sti­pa­tion ;
  • Des trou­bles cog­ni­tifs (mémoire, con­cen­tra­tion) ;
  • Une peau sèche et des cheveux cas­sants ;
  • Des trou­bles men­stru­els.

À ces signes s’ajoutent par­fois une voix rauque, un vis­age bouf­fi, un ralen­tisse­ment du rythme car­diaque, des cram­pes mus­cu­laires ou encore des trou­bles de l’humeur. On peut égale­ment observ­er une chute de cheveux, un gon­fle­ment des paupières ou une sen­sa­tion de ralen­tisse­ment général, par­fois dif­fi­cile à décrire pour les patients. Chez cer­taines per­son­nes, les symp­tômes restent dis­crets, voire absents, et la mal­adie est décou­verte lors d’un bilan san­guin.

Com­ment pos­er le diag­nos­tic ? 

Le diag­nos­tic repose prin­ci­pale­ment sur une prise de sang per­me­t­tant d’effectuer un dosage de la TSH. Un taux élevé indique que l’organisme tente de stim­uler la thy­roïde pour com­penser un manque d’hormones. Le dosage de la T4 libre per­met ensuite de con­firmer et de pré­cis­er la sit­u­a­tion.

On dis­tingue ain­si deux formes prin­ci­pales : l’hypothyroïdie dite « fruste » (TSH élevée mais T4 nor­male), sou­vent peu symp­to­ma­tique, et l’hypothyroïdie avérée (TSH élevée avec T4 basse).

Dans cer­tains cas, des exa­m­ens com­plé­men­taires peu­vent être pro­posés pour en iden­ti­fi­er la cause, notam­ment la recherche d’anticorps ou une échogra­phie de la thy­roïde. Le diag­nos­tic peut être posé à l’occasion d’un bilan san­guin réal­isé pour un autre motif, notam­ment lorsque les symp­tômes sont peu mar­qués.

Quel traite­ment met­tre en place en cas d’hypothyroïdie ? 

Le traite­ment repose sur la prise de lévothy­rox­ine, une hor­mone qui rem­place celle que la thy­roïde ne pro­duit plus. Pris quo­ti­di­en­nement, ce traite­ment per­met dans la majorité des cas de nor­malis­er les paramètres biologiques et d’améliorer les symp­tômes. La dose est adap­tée à chaque patient et ajustée pro­gres­sive­ment. L’équilibre thérapeu­tique peut néces­siter plusieurs ajuste­ments, notam­ment chez cer­tains patients (sujets âgés, comor­bid­ités).

Un suivi réguli­er est néces­saire, notam­ment au début, avec des con­trôles san­guins pour véri­fi­er l’équilibre hor­mon­al. Dans la plu­part des cas, ce traite­ment est pris à vie et est générale­ment bien toléré.

Une mal­adie fréquente à ne pas banalis­er

Sou­vent dis­crète au départ, l’hypothyroïdie peut avoir un impact réel sur la qual­ité de vie si elle n’est pas prise en charge. Mais lorsqu’elle est diag­nos­tiquée et que les patients béné­fi­cient d’un traite­ment adap­té, ils retrou­vent le plus sou­vent un quo­ti­di­en nor­mal.

En cas de fatigue inhab­ituelle ou de symp­tômes per­sis­tants, en par­ler à un pro­fes­sion­nel de san­té reste le pre­mier réflexe à adopter.

Céline KERUZORE

 

Sources : 

https://www.ameli.fr/yvelines/assure/sante/themes/hypothyroidie/comprendre-hypothyroidie

https://www.elsan.care/fr/pathologie-et-traitement/maladies-endocriniennes/hypothyroidie-causes-traitements

https://www.vidal.fr/maladies/metabolisme-diabete/hypothyroidie.html

https://www.ameli.fr/yvelines/assure/sante/themes/hypothyroidie/comprendre-hypothyroidie

https://www.vulgaris-medical.com/hypothyroidie-les-signes-qui-doivent-vous-alerter

Présen­ta­tion de la thy­roïde — Trou­bles hor­monaux et métaboliques — Manuels MSD pour le grand pub­lic (msdmanuals.com)

Hypothy­roïdie — symp­tômes, caus­es, traite­ments et préven­tion — VIDAL

Dys­fonc­tion­nement de la thy­roide : les 5 signes qui doivent vous alert­er — Vul­garis-med­ical

Présen­ta­tion de la thy­roïde — Trou­bles hor­monaux et métaboliques — Manuels MSD pour le grand pub­lic (msdmanuals.com)