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Dr Jérôme Larché, médecin interniste à la Clinique du Parc (Castelnau-le-Lez), conseiller médical Covid long du DG-ARS Occitanie, expert HAS Covid long

Quels sont les enjeux du Covid long ?

Le Covid long con­stitue aujourd’hui un enjeu de san­té publique mon­di­al. Son impact, à la fois san­i­taire et économique, dépasse large­ment les fron­tières de l’Hexagone. En France, près de deux mil­lions de per­son­nes en souf­frent, dont 600 000 à 700 000 présen­tent des formes sévères. Cette patholo­gie est par­ti­c­ulière­ment inval­i­dante et affecte pro­fondé­ment la vie per­son­nelle comme pro­fes­sion­nelle des patients.

Le Covid long se car­ac­térise par une grande com­plex­ité clin­ique. Les symp­tômes sont mul­ti­ples : atteintes car­diaques, res­pi­ra­toires et neu­rologiques, trou­bles cog­ni­tifs (mémoire, con­cen­tra­tion), douleurs mus­cu­laires et artic­u­laires. Cer­tains patients dévelop­pent égale­ment des patholo­gies car­dio­vas­cu­laires ou auto-immunes. Après la phase aiguë de la pandémie, une nou­velle réal­ité s’est instal­lée : celle d’une « pandémie dans la pandémie ».

Son impact économique est égale­ment majeur. En 2024, il était estimé à près de 0,5 % de PIB en France, soit env­i­ron 21 mil­liards d’euros*. Un rap­port pub­lié en avril 2026 par l’OCDE met en évi­dence des niveaux d’impact com­pa­ra­bles dans plusieurs pays mem­bres. Le Covid long représente ain­si non seule­ment un défi de san­té publique, mais aus­si un frein struc­turel à la pro­duc­tiv­ité et à l’activité économique dans ces pays.

Quels sont les enjeux des recherches engagées ?

Les travaux de recherche visent à amélior­er le diag­nos­tic et la prise en charge de cette patholo­gie. En l’absence de bio­mar­queurs spé­ci­fiques, le diag­nos­tic reste com­plexe. Il repose encore sur une démarche d’exclusion d’autres patholo­gies, com­binée à trois critères : un antécé­dent de Covid (con­fir­mé ou clin­ique), la per­sis­tance de symp­tômes au-delà de trois mois, et un bilan médi­cal com­plet qui exclut toutes autres patholo­gies.

La recherche sur le Covid long mobilise aujourd’hui des experts à l’échelle inter­na­tionale, notam­ment au sein des pays de l’OCDE. Leur objec­tif est dou­ble : mieux for­mer les pro­fes­sion­nels de san­té au diag­nos­tic et enrichir les con­nais­sances en matière de recherche clin­ique et thérapeu­tique. En France, ces travaux sont menés en lien étroit avec les asso­ci­a­tions de patients, la Haute autorité de san­té (HAS) et l’Agence nationale de la recherche sci­en­tifique (ANRS-MIE).

Comment l’Occitanie organise-t-elle la prise en charge du Covid long ?

Dès la fin de l’année 2021, l’ARS Occ­i­tanie a réfléchi à l’élab­o­ra­tion d’un par­cours de soins dédié, fondé sur un mail­lage ter­ri­to­r­i­al à l’échelle régionale. Ce dis­posi­tif s’appuie sur 26 étab­lisse­ments de san­té MCO et SMR, publics et privés, mais égale­ment sur les Dis­posi­tifs d’appui à la coor­di­na­tion (DAC) présents dans chaque départe­ment, mobil­isant l’ensemble des ressources locales pour ori­en­ter les patients en sit­u­a­tion de blocage.

Cette organ­i­sa­tion ter­ri­to­ri­ale s’inscrit en lien étroit avec les médecins général­istes, et repose sur des cen­tres de référence habil­ités à pos­er les diag­nos­tics et à pro­pos­er des pris­es en charge ciblées, notam­ment en réé­d­u­ca­tion et en traite­ments symp­to­ma­tiques.

Ce pro­gramme opéra­tionnel inno­vant mené en Occ­i­tanie a con­tribué à pos­er les bases des recom­man­da­tions nationales de la HAS con­cer­nant les par­cours de soins du Covid long chez l’adulte.

Depuis 2022, plus de 5 000 patients ont été diag­nos­tiqués en Occ­i­tanie. Ils béné­fi­cient désor­mais d’un suivi et de traite­ments adap­tés aux avancées de la recherche. Ce dis­posi­tif a per­mis de réduire sig­ni­fica­tive­ment les délais de prise en charge, con­tribuant ain­si à amélior­er la qual­ité de vie des patients et à favoris­er leur retour à l’emploi.

Par ailleurs, 250 médecins du tra­vail ont été for­més au Covid long dans la région en 2025. Leur rôle est essen­tiel pour accom­pa­g­n­er les patients dans le main­tien en emploi. Les infir­mières sco­laires ont égale­ment été sen­si­bil­isées afin de mieux repér­er et accom­pa­g­n­er les formes pédi­a­triques de Covid long.

*source : https://impact.economist.com/health-society/incomplete-picture-understanding-burden-long-covid