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Dr Ludovic Héry, président de la Société française de médecine polyvalente (SFMP)

Comment se positionne la médecine polyvalente dans le parcours de soins ?

La médecine poly­va­lente est une médecine trans­ver­sale de l’adulte. Sa mis­sion pre­mière est la prise en charge du patient dans sa glob­al­ité et sa com­plex­ité. Dans un con­texte de sur­spé­cial­i­sa­tion des médecins et d’accroissement de la poly­patholo­gie, la médecine poly­va­lente col­la­bore avec l’ensemble des dis­ci­plines médi­co-chirur­gi­co-anato­mo-biologiques. Elle est présente en médecine polyvalente/de pos­tur­gence, en oncolo­gie, en chirurgie, en psy­chi­a­trie, en SMR, etc. Dans le sys­tème hos­pi­tal­ier, elle est recon­nue pour sa capac­ité à coor­don­ner le tra­vail des spé­cial­istes.

Comment le SFMP accroît sa visibilité ?

Afin d’as­sur­er sa représen­ta­tiv­ité, le con­seil d’ad­min­is­tra­tion de la SFMP se com­pose désor­mais de 17 admin­is­tra­teurs, qui incar­nent l’ensemble des pra­tiques de la médecine poly­va­lente, inclu­ant le pos­tur­gence, la médecine interne, l’oncologie, les SMR et la psy­chi­a­trie. De plus, la SFMP s’est dotée d’un compte linkedIn et d’un site inter­net éco-conçu.

Chaque année, la médecine poly­va­lente organ­ise un con­grès. Le prochain se déroulera les 1er et 2 octo­bre 2026. Le con­grès de la SFMP est label­lisé Qualiopi. Pour sa troisième édi­tion en 2025, il a rassem­blé près de 400 par­tic­i­pants.

En col­lab­o­ra­tion avec le Col­lège nation­al des enseignants de médecine interne (CEMI), le Col­lège nation­al des général­istes enseignants (CNGE) et le Col­lège nation­al des enseignants de géri­a­trie (CNEG), la SFMP a con­tribué à la créa­tion de la for­ma­tion spé­cial­isée trans­ver­sale (FST) de médecine hos­pi­tal­ière poly­va­lente. Bien que cette for­ma­tion ne soit pas qual­i­fi­ante (le futur prati­cien restant inscrit à l’Ordre des médecins de sa spé­cial­ité d’origine), elle con­fère des com­pé­tences sup­plé­men­taires. Actuelle­ment, 96 % des per­son­nes for­mées à la médecine poly­va­lente sont des médecins général­istes et des internes de médecine générale. Ceux-ci peu­vent ensuite, s’ils le souhait­ent et si les postes s’y prê­tent, exercer une activ­ité mixte entre médecine de ville et médecine hos­pi­tal­ière poly­va­lente.

Enfin, au sein du CNP médecine interne poly­va­lente et d’immunologie clin­ique, la SFMP a col­laboré à la rédac­tion du référen­tiel de recer­ti­fi­ca­tion péri­odique des médecins.

Quels sont les projets à moyen et long terme de la SFMP ?

Nos pro­jets sont nom­breux et en même temps, nous devons nous cen­tr­er sur l’action d’une société savante : s’assurer qu’une for­ma­tion ini­tiale et con­tin­ue dédiée nous per­met de nous dévelop­per au sein du sys­tème de san­té, et dévelop­per la recherche clin­ique par des pub­li­ca­tions. Pour ce dernier point, cette démarche sci­en­tifique s’est con­crétisée en France, lors d’une étude menée en 2024 et des­tinée à démon­tr­er l’efficacité de la médecine poly­va­lente dans un ser­vice de chirurgie orthopédique.

La médecine poly­va­lente ratio­nalise le par­cours du patient. Par ses con­nais­sances et ses com­pé­tences, le médecin poly­va­lent per­met de libér­er du temps aux col­lègues spé­cial­istes pour se cen­tr­er sur leur exper­tise (notam­ment avec les postes de médecins poly­va­lents en spé­cial­ité d’organes qui fleuris­sent dans bon nom­bre de ser­vices). Ces prati­ciens per­me­t­tent égale­ment de flu­id­i­fi­er les inter­ac­tions avec les patients, les équipes soignantes et avec la médecine de ville.