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Pr Marc Léone, président de la Société française d’anesthésie et de réanimation (SFAR), anesthésiste-réanimateur chef de service à l’Hôpital Nord de Marseille

Fin mars, vous avez été élu président de la SFAR. Comment s’organisent les activités de la SFAR ?

La SFAR est une asso­ci­a­tion d’utilité publique dont les buts sont l’enseignement et la recherche en anesthésie, en réan­i­ma­tion et en médecine péri­opéra­toire. L’ensem­ble des sujets que la SFAR abor­dés le sont sous le prisme de l’amélio­ra­tion de la qual­ité des soins. De plus, la SFAR répond à l’im­pératif de pro­duire du con­tenu basé sur des élé­ments de preuve élevés ou une exper­tise recon­nue si le niveau de preuves n’existe pas.

La SFAR four­nit en con­tinu à ses adhérents des référen­tiels et des fich­es tech­niques. Pour réalis­er toutes ces activ­ités, la SFAR s’appuie sur un con­seil d’administration riche, var­ié et par­i­taire dans sa représen­ta­tion homme/femme et dans les modes d’exercice entre secteurs pub­lic ou privé, et sur ses comités et groupes spé­cial­isés.

Quels sont les projets, sujets de réflexion de la SFAR ?

La SFAR tra­vaille à la recon­nais­sance de la médecine péri­opéra­toire afin d’en assur­er le développe­ment. Elle doit inté­gr­er prag­ma­tique­ment la médecine péri­opéra­toire dans la pro­fes­sion d’anesthésiste-réanimateur. Dans un sec­ond volet, la SFAR éval­uera la val­ori­sa­tion de cette activ­ité. Cette réflex­ion est menée dans le but d’améliorer la qual­ité et la sécu­rité du soin sur l’ensemble du par­cours de soin.

La SFAR doit inté­gr­er l’in­tel­li­gence arti­fi­cielle pour élever le niveau de ses référen­tiels. La pro­fes­sion doit franchir un cap pour s’appuyer sur des out­ils numériques dans l’analyse de la lit­téra­ture d’une part et de ses pra­tiques d’autre part. Un tra­vail con­fié au comité numérique, dirigé par le Dr Vin­cent Col­lange. La réflex­ion sur le numérique aura des réper­cus­sions sur la for­ma­tion ini­tiale, la for­ma­tion con­tin­ue et la pra­tique quo­ti­di­enne des anesthé­sistes réan­i­ma­teurs.

L’ensem­ble des référen­tiels que la SFAR émet néces­si­tent une éval­u­a­tion de leur com­pli­ance et de l’adhésion des prati­ciens à chaque recom­man­da­tion. Quel référen­tiel pro­pos­er aux pro­fes­sion­nels ? Quels out­ils pro­pos­er pour que cha­cun dans son activ­ité puisse mesur­er sa per­for­mance et que chaque étab­lisse­ment puisse éval­uer la qual­ité de la prise en charge de ses patients ?

Quels sont les enjeux des activités d’un anesthésiste réanimateur ?

La spé­cial­ité anesthé­siste-réan­i­ma­tion-médecine péri­opéra­toire est attrac­tive. Elle est par­mi les pre­mières spé­cial­ités choisies par les étu­di­ants. Cet attrait réside dans la poly­va­lence des activ­ités entre l’anesthésie, la réan­i­ma­tion et la médecine péri­opéra­toire. Cette poly­va­lence, qui n’empêche aucune­ment l’expertise dans des domaines ciblés, est une force pour chaque pro­fes­sion­nel et pour les étab­lisse­ments de san­té qui les emploient.

La respon­s­abil­ité sociale et socié­tale de nos mod­èles demeure un axe fort des activ­ités de la SFAR. Elle a été la pre­mière société savante à créer un comité développe­ment durable. Il est actuelle­ment présidé par le Pr Lau­rent Zieleskiewicz. L’approche doit encore être guidée par la recherche sci­en­tifique cou­plée sur le ter­rain à la notion de per­ti­nence des soins. Le développe­ment durable implique un ques­tion­nement sur les notions de soin inutile, de soin raisonnable, tout en refu­sant tout soin dégradé.