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Oscar Gaspar, président de l’Union européenne de l’hospitalisation privée (UEHP)

L’UEHP fête ses 35 ans en 2026 ! 17 fédérations européennes ont signé la Déclaration de Rome. Que souhaitent exprimer les membres de l’UEHP à travers cette déclaration ?

En cette occa­sion fes­tive, nous tenons à remerci­er ceux qui ont lancé ce pro­jet et qui en ont assuré la direc­tion avec une vision claire. Depuis 35 ans, l’UEHP est bien plus qu’une union d’hôpi­taux ; c’est une com­mu­nauté unie par la con­fi­ance, un objec­tif com­mun et un engage­ment pro­fond envers les soins. Au-delà des fron­tières, des langues et des sys­tèmes de san­té, nous avons choisi la col­lab­o­ra­tion plutôt que l’isole­ment. Notre force réside dans le fait de nous tenir côte à côte, d’ap­pren­dre les uns des autres et de nous soutenir mutuelle­ment face à l’in­cer­ti­tude. Unis par nos valeurs et notre respon­s­abil­ité envers les patients, nous sommes — et res­terons — plus forts ensem­ble.

Dans cette Déc­la­ra­tion de Rome, nous réaf­fir­mons nos principes et exhor­tons les décideurs poli­tiques à pren­dre les mesures néces­saires pour relever les défis san­i­taires actuels dans chaque pays et en Europe. En 10 points, les représen­tants européens des prestataires de soins de san­té privés soulig­nent que la pénurie de pro­fes­sion­nels est l’un des défis les plus cri­tiques aux­quels sont actuelle­ment con­fron­tés les sys­tèmes de san­té européens, et appel­lent donc à la néces­sité de définir des poli­tiques européennes et nationales coor­don­nées pour attir­er, for­mer et retenir les pro­fes­sion­nels, qui recon­nais­sent la con­tri­bu­tion de tous les prestataires de soins de san­té dans la plan­i­fi­ca­tion des effec­tifs et la for­ma­tion.

Les hôpi­taux et clin­iques privés récla­ment égale­ment des struc­tures de finance­ment équita­bles, trans­par­entes et réal­istes, qui tien­nent compte de la hausse des coûts d’ex­ploita­tion, de l’in­fla­tion, des con­traintes en matière de main-d’œu­vre et des investisse­ments con­ti­nus dans l’in­no­va­tion et la qual­ité. Ils soulig­nent que la coopéra­tion entre les sys­tèmes pub­lic et privé est essen­tielle pour ren­forcer la capac­ité à fournir des soins de san­té de haute qual­ité, amélior­er les résul­tats en matière de san­té et per­me­t­tre à tous les citoyens européens d’ac­céder à l’ensem­ble des ser­vices de san­té.

Quels sont les objectifs et les enjeux communs aux hôpitaux privés en Europe ?

Tout d’abord, il existe des objec­tifs et des enjeux com­muns à tous les hôpi­taux. Nous sommes tous du même côté, qu’il s’agisse des prestataires de ser­vices publics ou privés. Nous parta­geons les mêmes défis : garan­tir l’ac­cès uni­versel aux soins, gér­er la pénurie de pro­fes­sion­nels de san­té, faire face à la hausse des coûts, accélér­er la trans­for­ma­tion numérique et œuvr­er pour la dura­bil­ité envi­ron­nemen­tale. Nous parta­geons égale­ment la même mis­sion : servir les patients, amélior­er la qual­ité de vie et ren­forcer la résilience glob­ale de nos sys­tèmes de san­té.

Les pays européens doivent trou­ver des solu­tions pour une util­i­sa­tion plus effi­cace des ressources dans le domaine des soins de san­té, en vue d’une com­bi­nai­son intel­li­gente et rationnelle des ressources, per­me­t­tant au secteur privé de faire ce qu’il fait le mieux (inve­stir, innover, être effi­cace) au béné­fice de la pop­u­la­tion et de la dura­bil­ité et de la résilience des sys­tèmes de san­té.

Dans divers pays européens, les hôpi­taux privés investis­sent pour amélior­er l’ac­cès des citoyens aux soins de san­té, for­ment et motivent les pro­fes­sion­nels, con­tribuent à réduire les listes d’at­tente et améliorent l’ef­fi­cac­ité des sys­tèmes de san­té. Nous faisons beau­coup et pou­vons faire encore plus : nous voulons ren­forcer la com­plé­men­tar­ité avec les prestataires publics, mais nous pou­vons égale­ment jouer un rôle plus act­if dans la coopéra­tion avec les min­istères de la San­té et dans les ques­tions de san­té publique. Dans des domaines tels que le dépistage, la vac­ci­na­tion, les pro­grammes de préven­tion, la san­té au tra­vail et le vieil­lisse­ment act­if, les hôpi­taux privés peu­vent, et doivent, tra­vailler main dans la main avec le sys­tème pub­lic.

Les sit­u­a­tions vari­ent con­sid­érable­ment d’un pays à l’autre, mais d’une manière générale, les hôpi­taux et clin­iques privés plaident en faveur de la lib­erté d’investissement, de la non-dis­crim­i­na­tion dans les règles d’octroi de licences et de finance­ment, et de l’égalité des chances. Nous défendons la recon­nais­sance du rôle des hôpi­taux privés en tant que pili­er des sys­tèmes de san­té et, par con­séquent, notre impli­ca­tion dans la plan­i­fi­ca­tion et la pour­suite d’objectifs poli­tiques tels que la numéri­sa­tion des soins de san­té. En tant que prestataires au ser­vice des sys­tèmes de san­té publics, il est essen­tiel de garan­tir la trans­parence, la prévis­i­bil­ité et des prix économique­ment effi­caces.

Étant donné que le secteur privé complète les secteurs public et à but non lucratif — et joue un rôle essentiel dans la prestation des soins de santé dans la plupart des pays —, pourquoi est-il encore si difficile d’obtenir une reconnaissance et un traitement équivalents ?

La dif­fi­culté à recon­naître le rôle des hôpi­taux et des clin­iques privés en Europe tient à des enjeux his­toriques et à la struc­ture même de l’UE, mais aus­si, il faut l’admettre, à des préjugés ou à des par­tis pris idéologiques. Ain­si, d’une part, dans plusieurs pays, l’émer­gence de groupes privés dotés de toutes les com­pé­tences tech­niques et clin­iques est rel­a­tive­ment récente, alors que par le passé, les hôpi­taux de référence étaient publics. D’autre part, comme on le sait, les traités européens con­sid­èrent la san­té comme une com­pé­tence nationale et non européenne, de sorte que les marchés nationaux de la san­té sont sou­vent pro­tégés, et que les règles en matière d’in­vestisse­ment, d’oc­troi de licences et de finance­ment ne répon­dent pas tou­jours aux exi­gences de trans­parence, d’é­gal­ité et d’ef­fi­cac­ité. Enfin, cer­tains con­tin­u­ent de faire de l’opposition entre pub­lic et privé la ques­tion la plus per­ti­nente alors qu’en réal­ité, ce qui importe n’est pas la pro­priété de l’hôpital mais la mis­sion pour­suiv­ie et l’accès des citoyens à la san­té.

Mais j’envisage la sit­u­a­tion de manière pos­i­tive et, dans l’intérêt des citoyens européens et de la via­bil­ité des sys­tèmes de san­té, nous avons beau­coup à faire. Il appa­raît de plus en plus claire­ment que les soins de san­té ne con­nais­sent pas de fron­tières et que de nom­breux enjeux san­i­taires con­cer­nent tout le monde (notam­ment la pénurie de pro­fes­sion­nels de san­té, mais aus­si la tran­si­tion numérique, la hausse des coûts, etc.). Les défis sont énormes, et nous sommes tous dans le même bateau ; il faut donc trou­ver des solu­tions qui opti­misent les ressources exis­tantes, favorisent les investisse­ments et stim­u­lent l’efficacité. Les dif­férentes par­ties prenantes, des décideurs européens aux décideurs nationaux, des asso­ci­a­tions de patients aux parte­naires indus­triels, sont toutes appelées à trou­ver les meilleures solu­tions. Et les hôpi­taux privés sont prêts à accroître leur par­tic­i­pa­tion.

 

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