Le 17 mars 2026 s’est tenu le pre­mier Comité de suivi du con­trat d’engagement IBODE, mar­quant une étape impor­tante dans la struc­tura­tion et la recon­nais­sance d’une pro­fes­sion essen­tielle au fonc­tion­nement des blocs opéra­toires. Les échanges, con­struc­tifs et empreints d’une volon­té com­mune d’avancer, témoignent d’une prise de con­science partagée : celle de la néces­sité de con­solid­er des dis­posi­tifs de for­ma­tion indis­pens­ables à la qual­ité et à la sécu­rité des soins. Pour autant, cette dynamique encour­ageante ne saurait occul­ter les fragilités observées.

Le recul des inscrip­tions en école d’IBODE, asso­cié à un taux de rem­plis­sage insuff­isant, con­stituent un sig­nal préoc­cu­pant. Il traduit un déficit d’information et de lis­i­bil­ité tant pour les employeurs que pour les can­di­dats, dans un con­texte où l’anticipation des besoins devrait pour­tant être une pri­or­ité stratégique. La prove­nance des can­di­dats révèle par ailleurs la sit­u­a­tion suiv­ante : 67 % vien­nent du secteur pub­lic et seuls 13 % de l’hospitalisation privée.

À ces con­stats s’ajoutent des dif­fi­cultés struc­turelles. L’hétérogénéité des pra­tiques régionales de finance­ment alloué dans le cadre de la 3e cir­cu­laire budgé­taire 2025, par­fois décon­nec­tées des coûts réels de for­ma­tion, frag­ilise l’équité d’accès. Le ren­force­ment des exi­gences à l’entrée, avec l’ajout de for­ma­tions préal­ables, posi­tion prise par des écoles d’I­BODE sans aucun fonde­ment juridique, con­tribue à élever des bar­rières qui freinent les voca­tions. Enfin, l’évolution récente des dis­posi­tifs lég­is­lat­ifs impacte directe­ment les capac­ités de finance­ment de notre OPCO San­té, lim­i­tant l’action des opéra­teurs et, de fait, les pos­si­bil­ités de départ en for­ma­tion.

Pré­cisons que les écoles d’I­BODE ont joué le jeu. Un nom­bre de places pour la for­ma­tion des mesures tran­si­toires ont été ouvertes et non pourvues. À nous d’en­voy­er au fur et à mesure nos infir­miers éli­gi­bles.

Dans ce con­texte, Il est utile de rap­pel­er les objec­tifs du con­trat d’engagement : garan­tir la con­ti­nu­ité et la sécu­rité des soins, assur­er à terme l’exclusivité des actes IBODE, soutenir la for­ma­tion et anticiper les besoins futurs.

Il nous appar­tient, en tant que pro­fes­sion­nels de san­té, de nous saisir pleine­ment de ces dis­posi­tifs, dans toute leur com­plex­ité mais aus­si dans tout leur poten­tiel. Car la recon­nais­sance des IBODE ne pour­ra être effec­tive sans un investisse­ment col­lec­tif et durable, au ser­vice d’une ambi­tion com­mune, celle d’un sys­tème de san­té à la hau­teur des exi­gences de qual­ité et de sécu­rité qu’il se fixe. Mais on ne peut indéfin­i­ment pour­suiv­re ces objec­tifs plus que légitimes sans don­ner les moyens de cette ambi­tion à notre pro­fes­sion.

Frédérique Gama
Prési­dente de la FHP-MCO