width=

Anne-Sophie JOLY, présidente du Collectif national des associations d’obèses (CNAO)

Les états généraux de l’obésité se sont déroulés le 4 mars. Où en sommes-nous des programmes et des stratégies de lutte contre l’obésité ?

La sec­onde édi­tion des états généraux de l’obésité a été annon­cée alors que la Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutri­tion et le cli­mat (SNANC*), le Plan nation­al nutri­tion san­té 5 (PNN 5) n’avait pas été indiqué, et que le prési­dent du Con­seil nation­al de l’alimentation (CNA) n’avait pas été nom­mé. Les états généraux de l’obésité sont un cri d’alerte pour rap­pel­er que, face à l’ampleur des dégâts, peu de choses sont réal­isées. Aujourd’hui, selon l’OMS, la moitié de la pop­u­la­tion est en sur­poids et par­mi celle-ci 10 mil­lions de Français souf­frent d’obésité.

Pourquoi est-ce si important de lutter contre l’obésité ?

Le CNAO existe depuis 23 ans, et cela fait 23 ans que l’as­so­ci­a­tion réclame une for­ma­tion des médecins à cette patholo­gie dans le cur­sus ini­tial ain­si que l’acculturation à leur prise en charge pour une égal­ité des chances Une mesure mise en appli­ca­tion dans la feuille de route con­tre l’obésité annon­cée en jan­vi­er 2026 par la min­istre de la San­té.

Face à cette mal­adie, le déni et la grosso­pho­bie sont encore pro­fondé­ment ancrés dans la société civile et le monde poli­tique. Le CNAO réclame un plan d’obésité sur 10 ans inter­min­istériel et renou­ve­lable, sur le mod­èle des plans can­cer.

Les études sci­en­tifiques ont démon­tré que la pol­lu­tion, la géné­tique, les trau­ma­tismes, le niveau social… sont des fac­teurs aggra­vants de l’obésité. La lutte con­tre l’obésité est de ce fait un prob­lème com­plexe. Com­bat­tre l’obésité néces­site une poli­tique de san­té publique trans­ver­sale et inter­min­istérielle.

Comment organiser la lutte contre l’obésité en France ?

Il est fon­da­men­tal de réap­pren­dre les bases. Beau­coup ne savent plus cuisin­er ; il faut pro­pos­er des approches sim­ples et ludiques pour que cha­cun puisse se faire plaisir en cuisi­nant, sans peur de l’échec.

Les par­ents ont un rôle d’ex­em­ple cru­cial. La can­tine sco­laire est égale­ment un levi­er majeur. Elle doit pro­pos­er des repas de qual­ité, cor­recte­ment pré­parés, pour que les enfants appré­cient les saveurs des ali­ments sains. Il faut encour­ager une ali­men­ta­tion équili­brée sans que cela soit une puni­tion, mais que cha­cun com­prenne qu’il s’agit d’un investisse­ment pour une meilleure san­té à long terme. Nous devons tous le faire pour le bien-être de nos enfants. Cela n’est qu’un exem­ple de ce qu’il nous faut engager…

 

*plan annon­cé depuis en févri­er 2026 : https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/strategie-nationale-alimentation-nutrition-climat-2025–2030