L’année 2026 nous invite à élargir le regard. Le mois de mars en par­ti­c­uli­er, offre une illus­tra­tion frap­pante de la place crois­sante qu’occupe la san­té dans notre société : une préoc­cu­pa­tion col­lec­tive majeure qui tra­verse les poli­tiques locales, les ini­tia­tives asso­cia­tives et les engage­ments des pro­fes­sion­nels.

Dans le con­texte des élec­tions munic­i­pales, la ques­tion de la san­té, et plus encore celle de la préven­tion, s’installe pro­gres­sive­ment dans le débat. Cette évo­lu­tion témoigne d’une prise de con­science : la san­té ne se joue pas unique­ment dans les étab­lisse­ments de soins, mais aus­si dans les ter­ri­toires, dans l’organisation des ser­vices de prox­im­ité, dans la capac­ité à informer et à accom­pa­g­n­er les pop­u­la­tions.

En mars, les cam­pagnes et journées de sen­si­bil­i­sa­tion se suc­cè­dent, mobil­isant insti­tu­tions, asso­ci­a­tions et pro­fes­sion­nels autour d’enjeux majeurs : dépistage des can­cers, mal­adies chroniques, san­té des femmes, audi­tion, som­meil ou encore inclu­sion des per­son­nes por­teuses de tri­somie 21, etc.

Ces ren­dez-vous ne pré­ten­dent pas résumer à eux seuls les enjeux de san­té publique. Ils jouent cepen­dant un rôle essen­tiel : celui de ren­dre vis­i­bles des prob­lé­ma­tiques par­fois silen­cieuses, de sus­citer le débat et d’encourager l’action. En don­nant un rythme à la sen­si­bil­i­sa­tion, ils con­tribuent à faire pro­gress­er une cul­ture de la préven­tion insuff­isam­ment partagée.

Car la san­té ne se lim­ite ni à une journée, ni à une semaine, ni même à un mois inscrit dans un cal­en­dri­er. Elle con­cerne chaque jour de l’année. Ces moments de mobil­i­sa­tion col­lec­tive con­stituent des points d’appui pré­cieux pour rap­pel­er l’importance d’agir, d’informer et de prévenir. Pour les pro­fes­sion­nels de san­té, notam­ment ceux qui exer­cent dans les clin­iques et hôpi­taux privés, ils sont aus­si l’occasion de réaf­firmer le sens de leurs engage­ments. Sen­si­bilis­er, accom­pa­g­n­er, prévenir : autant d’actions qui pro­lon­gent et com­plè­tent la mis­sion de soin.

Au fond, ces ini­tia­tives rap­pel­lent une évi­dence sim­ple. La préven­tion com­mence sou­vent par la parole, par la vis­i­bil­ité don­née aux enjeux de san­té. Car par­ler de san­té, c’est déjà com­mencer à agir pour la san­té de tous.

Frédérique Gama
Prési­dente de la FHP-MCO