Après plus de dix ans de mobil­i­sa­tion con­stante de la FHP-MCO et de la FHP, le repro­cess­ing sort enfin du champ des inten­tions pour entr­er dans celui de l’action. La pub­li­ca­tion de l’arrêté du 4 févri­er 2026, fix­ant le con­tenu et les modal­ités des appels à can­di­da­tures prévus par le décret du 4 sep­tem­bre 2025, mar­que une étape atten­due et sym­bol­ique : l’expérimentation du retraite­ment de cer­tains dis­posi­tifs médi­caux à usage unique peut désor­mais com­mencer.

Longtemps présen­té comme un dogme au nom de la sécu­rité san­i­taire, l’usage unique est aujourd’hui ques­tion­né à l’aune de la réal­ité économique, envi­ron­nemen­tale et socié­tale de notre sys­tème de san­té. Rap­pelons que le secteur de la san­té est forte­ment con­tribu­teur au CO2. L’inflation des dépens­es, la pres­sion sur les étab­lisse­ments et l’impératif de tran­si­tion écologique imposent de repenser cer­tains mod­èles, sans jamais tran­siger sur la qual­ité et la sécu­rité des soins. Le repro­cess­ing s’inscrit pré­cisé­ment dans cette logique. Il ne s’agit ni d’une stéril­i­sa­tion clas­sique, ni d’un brico­lage oppor­tuniste, mais d’un véri­ta­ble proces­sus indus­triel de retraite­ment, doc­u­men­té, validé, et con­forme aux stan­dards inter­na­tionaux.

Les béné­fices atten­dus sont con­sid­érables. Économiques d’abord, avec des dis­posi­tifs de qual­ité équiv­a­lente à un coût réduit, des économies poten­tielles supérieures à 50 %, une baisse des dépens­es liées aux déchets et un effet vertueux de con­cur­rence sur le marché des dis­posi­tifs neufs. Envi­ron­nemen­taux ensuite, grâce à la réduc­tion mas­sive des DASRI inc­inérés, à la reval­ori­sa­tion de com­posants par­fois pré­cieux, et à un meilleur bilan car­bone fondé sur un marché de prox­im­ité. Socié­taux enfin, en favorisant une meilleure allo­ca­tion des ressources et un accès élar­gi à des tech­nolo­gies inno­vantes pour les patients.

Tous les dis­posi­tifs ne sont pas éli­gi­bles, et la liste retenue dans le cadre de l’expérimentation française appa­raît aujourd’hui trop restric­tive. La FHP-MCO regrette que cer­taines deman­des large­ment partagées n’aient pas été enten­dues et plaide pour un élar­gisse­ment pro­gres­sif à d’autres spé­cial­ités et à des dis­posi­tifs moins tech­niques.

Mais ne boudons pas cette avancée tant atten­due, au vu des pra­tiques des pays nordiques. Après plus de dix ans d’attente, l’ouverture du repro­cess­ing con­stitue un sig­nal fort. À défaut de répons­es tar­i­faires, don­ner aux étab­lisse­ments de san­té des marges de manœu­vre pour maîtris­er, voire réduire, les coûts de réal­i­sa­tion des soins est une néces­sité. Nous appelons l’ensemble des acteurs con­cernés à s’engager pleine­ment dans cette expéri­men­ta­tion.

Frédérique Gama
Prési­dente de la FHP-MCO