Dr Sophie BAUER, présidente du Syndicat des médecins libéraux (SML), chirurgien thoracique et cardiovasculaire à la Clinique Les Fontaines à Melun (77)

Le 6 décembre 2025, vous avez été réélue présidente du Syndicat des médecins libéraux (SML), comment allez-vous poursuivre vos actions ?

Par­mi les grandes actions du SML, notre syn­di­cat s’oppose aux trans­ferts de tâch­es mais sou­tient la délé­ga­tion de com­pé­tences. Nous plaidons pour le développe­ment et la mon­tée en com­pé­tences des assis­tants médi­caux, tout en exp­ri­mant notre inquié­tude face à la volon­té de réduire le nom­bre et les bud­gets des for­ma­tions.

Nous défendons l’indépendance de pre­scrip­tion et de déci­sion des médecins et nous nous opposons aux dis­posi­tifs d’entrave à cette lib­erté.

Enfin, nous sommes favor­ables à la per­ma­nence des soins en étab­lisse­ment (PDSES), à con­di­tion qu’elle soit assurée au sein de nos struc­tures d’ex­er­ci­ce habituelles afin de garan­tir sécu­rité et qual­ité de la prise en charge.

Par ailleurs, le SML défend une vision entre­pre­neuri­ale et engagée de la médecine libérale inscrite dans le con­cept de « One Health ». Notre pri­or­ité est d’apporter une réponse à l’augmentation des mal­adies envi­ron­nemen­tales, dont l’es­sor dépassera les capac­ités actuelles du sys­tème de san­té, tant sur le plan humain que financier. C’est pourquoi, nous défendons la préven­tion et l’éducation à la san­té afin de frein­er l’arrivée de nou­veaux patients chroniques.

En par­al­lèle, nous encour­a­geons les pro­fes­sion­nels à réduire l’empreinte car­bone de leurs cab­i­nets et des activ­ités de soins. Les économies générées grâce à la préven­tion, à l’innovation et à la sobriété énergé­tique doivent être réin­vesties au béné­fice des médecins qui s’engagent dans cette dynamique.

Comment le SML met-il concrètement en œuvre ces projets ?

Con­cer­nant l’accréditation des médecins, nous appelons au respect des textes d’un pro­jet qui aurait dû démar­rer en jan­vi­er 2023. Nous souhaitons une accrédi­ta­tion sur neuf ans pour les pro­fes­sion­nels instal­lés et sur six ans pour les autres. Nous sommes inqui­ets quant à l’avenir du Développe­ment pro­fes­sion­nel con­tinu (DPC). La dis­pari­tion annon­cée de l’Agence nationale du DPC remet en ques­tion les finance­ments dédiés à la for­ma­tion. Avec l’évolution accélérée des con­nais­sances médi­cales, les médecins ont plus que jamais besoin de for­ma­tion con­tin­ue.

Le SML développe des parte­nar­i­ats notam­ment avec les syn­di­cats d’agriculteurs engagés dans l’agriculture durable ou biologique, ain­si qu’avec les vétéri­naires libéraux. Ensem­ble, nous réfléchissons à des actions com­munes.

Nous pro­posons aux médecins libéraux des for­ma­tions à l’innovation, dont cer­taines dédiées à l’usage de l’intelligence arti­fi­cielle en médecine – un out­il qui doit rester un sim­ple appui à la pra­tique clin­ique. Nous sommes par ailleurs ouverts aux thérapeu­tiques non médica­menteuses validées sci­en­tifique­ment, telles que l’activité physique adap­tée, l’acupuncture, ou encore l’homéopathie à con­di­tion qu’elle soit pra­tiquée par des médecins.

Les don­nées de san­té con­stituent un levi­er essen­tiel d’amélioration des pra­tiques : nous deman­dons donc leur recon­nais­sance et la pos­si­bil­ité pour les médecins de tir­er par­ti des infor­ma­tions qu’ils ren­seignent eux-mêmes.

Comment le SML entend-il peser dans le débat public ?

Le SML est un acteur proac­t­if force de propo­si­tion. Nos posi­tions, par­fois fer­mes, sont tou­jours accom­pa­g­nées d’alternatives con­stru­ites à par­tir de nos séances de brain­storm­ing col­lec­tives. Notre con­nais­sance du ter­rain, partout en France et dans les ter­ri­toires ultra­marins, nous autorise à bâtir un pro­jet glob­al et ancré dans la réal­ité, fondé sur l’expérience des pro­fes­sion­nels qui tra­vail­lent au quo­ti­di­en à la préser­va­tion de la san­té.