Dans l’attente de la pub­li­ca­tion des tar­ifs au 1er jan­vi­er, notre secteur se pré­pare à d’autres évo­lu­tions struc­turantes à l’horizon 2026 con­cer­nant les règles de finance­ment de deux enveloppes majeures : l’hébergement tem­po­raire non médi­cal­isé et les dis­posi­tifs dits « 3C ». Ces chantiers, au-delà de leur tech­nic­ité, inter­ro­gent notre capac­ité col­lec­tive à sécuris­er des mod­èles utiles, effi­caces et lis­i­bles pour les étab­lisse­ments de san­té comme pour le min­istère de la San­té.

La péren­ni­sa­tion du finance­ment des HTNM con­stitue à cet égard une avancée bien­v­enue. Instau­ré par le décret et l’arrêté du 25 août 2021 sur la base d’un for­fait de 80 euros par nuitée, pro­longé jusqu’à fin 2025, le dis­posi­tif voit désor­mais son principe con­fir­mé au-delà de 2026. Cette sta­bil­ité est essen­tielle car les HTNM ont démon­tré leur per­ti­nence médi­co-économique. Leur coût est com­pen­sé par des gains équiv­a­lents pour l’Assurance Mal­adie, notam­ment les trans­ports, ou encore le développe­ment vers l’ambulatoire, et par l’attractivité nou­velle créée pour des patients jusque-là freinés par l’éloignement géo­graphique. Les travaux engagés sur une mod­u­la­tion tar­i­faire selon la taille des villes vont dans le bon sens, à con­di­tion qu’une déci­sion claire inter­vi­enne dès jan­vi­er 2026, afin de garan­tir une appli­ca­tion rapi­de et lis­i­ble dans la pre­mière cir­cu­laire budgé­taire.

Par­al­lèle­ment, la révi­sion du mod­èle de finance­ment des 3C s’inscrit dans un con­texte de pro­fonde évo­lu­tion de leurs mis­sions. Les nou­velles exi­gences issues de la réforme des autori­sa­tions, du référen­tiel INCa et du déploiement d’indicateurs de suivi, jus­ti­fient une adap­ta­tion du cadre financier dès 2026. Si l’option d’un mod­èle de finance­ment mixte, com­bi­nant critères nationaux et marges de manœu­vre régionales, sem­ble aujourd’hui priv­ilégiée, les ques­tions de la ven­ti­la­tion de l’enveloppe nationale et des règles infraré­gionales claires et partagées restent sen­si­bles. Les choix opérés devront tenir compte des réal­ités ter­ri­to­ri­ales et des organ­i­sa­tions par­fois mutu­al­isées déjà en place, sans pour autant créer des dis­par­ités d’al­lo­ca­tions entre les régions, notam­ment sur les modal­ités de répar­ti­tion. Sans crois­sance de l’enveloppe à la hau­teur des nou­velles mis­sions, le risque est réel de frag­ilis­er des équili­bres locaux con­stru­its de longue date.

Dans ce con­texte, une vig­i­lance accrue s’impose. Péren­nis­er, faire évoluer, oui, mais sans per­dre de vue l’exigence de vis­i­bil­ité et de sécu­rité finan­cière pour les étab­lisse­ments de san­té, con­di­tion indis­pens­able à la réus­site des réformes engagées.

Frédérique Gama
Prési­dente de la FHP-MCO