En France, 10 mil­lions de per­son­nes vivent avec une mal­adie res­pi­ra­toire chronique. Ces affec­tions touchent près de 15% de la pop­u­la­tion française et con­stituent la troisième cause de mor­tal­ité, après les mal­adies car­dio­vas­cu­laires et les can­cers. Ces patholo­gies représen­tent un motif fréquent de con­sul­ta­tion en médecine générale et en pneu­molo­gie. Quels sont les exa­m­ens à effectuer pour diag­nos­ti­quer une patholo­gie res­pi­ra­toire ? Quelles infor­ma­tions appor­tent-elles au prati­cien pour ori­en­ter la prise en charge ? Nous vous appor­tons un éclairage sur le sujet.

Qu’est qu’une exploration fonctionnelle respiratoire (EFR) ?

Les explo­rations fonc­tion­nelles res­pi­ra­toires (EFR) con­stituent un ensem­ble d’ex­a­m­ens des­tinés à explor­er la fonc­tion ven­ti­la­toire des poumons. Elles per­me­t­tent de mesur­er la quan­tité d’air con­tenue dans les poumons à divers stades de la res­pi­ra­tion afin de décel­er une anom­alie res­pi­ra­toire, de la car­ac­téris­er et d’en suiv­re l’évo­lu­tion.

Ces exa­m­ens éval­u­ent trois com­posantes prin­ci­pales :

  • Le cal­i­bre des voies aéri­ennes ;
  • Les vol­umes pul­monaires ;
  • La capac­ité d’échange gazeux alvéo­lo-capil­laire.

Non invasifs pour la plu­part, ils se déroulent générale­ment dans un lab­o­ra­toire d’ex­plo­rations fonc­tion­nelles, au sein d’un ser­vice de pneu­molo­gie ou dans un cab­i­net spé­cial­isé. La durée totale d’une EFR varie générale­ment entre 45 min­utes et 1 heure 30, selon les tests pre­scrits par le médecin.

Les EFR sont pre­scrites en cas de sus­pi­cion d’insuffisance res­pi­ra­toire comme l’asthme, la bron­chop­neu­mopathie chronique obstruc­tive (BPCO), ou l’emphysème par exem­ple. Elles sont aus­si réal­isées dans le but de mesur­er l’efficacité d’un traite­ment suivi dans le cadre d’une affec­tion res­pi­ra­toire chronique (muco­vis­ci­dose, bron­chite chronique…). 

Ces explo­rations res­pi­ra­toires peu­vent aus­si être demandées dans le cadre d’un bilan préopéra­toire avant une chirurgie tho­racique ou car­diaque, afin d’é­val­uer une dys­p­née inex­pliquée, ou encore dans le cadre d’un suivi de patients exposés à des tox­iques pro­fes­sion­nels. Elles con­stituent égale­ment un out­il pré­cieux pour l’é­val­u­a­tion du hand­i­cap res­pi­ra­toire et l’at­tri­bu­tion d’une éventuelle recon­nais­sance de mal­adie pro­fes­sion­nelle.

 

Les 6 examens à connaître : 

    • La spirométrie : c’est le plus courant des exa­m­ens ser­vant à étudi­er le fonc­tion­nement des poumons. Elle mesure à la fois le vol­ume d’air que con­ti­en­nent les poumons et le vol­ume d’air expul­sé par les poumons après une expi­ra­tion for­cée. Pour ce faire, le patient respire dans un embout buc­cal relié à un spiromètre, tan­dis qu’un pince-nez empêche l’air de pass­er par le nez. Plusieurs manœu­vres res­pi­ra­toires sont demandées : inspi­ra­tion max­i­male suiv­ie d’une expi­ra­tion for­cée et com­plète.
  • La capac­ité de dif­fu­sion pul­monaire : elle vise à éval­uer la quan­tité d’oxygène pas­sant des alvéoles pul­monaires aux veines et artères. Cet exa­m­en utilise générale­ment du monoxyde de car­bone (CO) à très faible con­cen­tra­tion. Le patient inhale le mélange gazeux, retient sa res­pi­ra­tion pen­dant env­i­ron 10 sec­on­des, puis expire. La dif­férence entre la quan­tité de CO inhalée et celle expirée per­met de cal­culer la capac­ité de dif­fu­sion (DLCO).
    • La pléthys­mo­gra­phie : elle per­met de mesur­er tous les vol­umes pul­monaires en étu­di­ant deux paramètres impor­tants de la fonc­tion res­pi­ra­toire : la capac­ité résidu­elle fonc­tion­nelle (CRF) et la résis­tance des voies aéri­ennes. Pour cet exa­m­en, le patient est instal­lé dans une cab­ine her­mé­tique trans­par­ente ressem­blant à une cab­ine télé­phonique. Il respire nor­male­ment dans un embout, puis effectue des manœu­vres res­pi­ra­toires spé­ci­fiques pen­dant que des vari­a­tions de pres­sion sont mesurées dans la cab­ine.
    • La gazométrie artérielle : cet exa­m­en per­met de mesur­er les taux d’oxygène et de dioxyde de car­bone dans le sang artériel et de déter­min­er l’acidité (pH) du sang. Les taux d’oxygène et de dioxyde de car­bone et les taux d’acidité sont de bons reflets de la fonc­tion pul­monaire, parce qu’ils indiquent si l’oxygène passe bien dans le sang à tra­vers les poumons et si le dioxyde de car­bone est cor­recte­ment élim­iné. Le prélève­ment artériel par une aigu­ille peut être désagréable pen­dant quelques min­utes. En général, le prélève­ment se fait dans l’artère du poignet (artère radi­ale).
    • Le test de provo­ca­tion bronchique : ce test est util­isé pour diag­nos­ti­quer des patholo­gies telles que l’asthme, en par­ti­c­uli­er lorsque la spirométrie est nor­male, mais que l’on sus­pecte une hyper­réac­tiv­ité des voies res­pi­ra­toires. Il con­siste à provo­quer une bron­chocon­stric­tion con­trôlée et réversible en faisant inhaler au patient des dos­es crois­santes de métha­choline.
  • Le test d’effort : ce test sim­ple mesure la dis­tance max­i­male pou­vant être par­cou­rue par le patient à son pro­pre rythme en 6 min. Le test per­met d’é­val­uer de façon glob­ale la capac­ité fonc­tion­nelle mais il ne pro­cure pas d’in­for­ma­tions spé­ci­fiques sur les dif­férents sys­tèmes (c’est-à-dire, car­diaque, pul­monaire, héma­tologique, mus­cu­losquelet­tique) impliqués dans l’ef­fort.

 

La préparation requise avant d’effectuer l’un de ces examens

Avant de réalis­er une EFR, cer­taines pré­cau­tions doivent être respec­tées pour garan­tir la fia­bil­ité des résul­tats. Le patient suiv­ra les pre­scrip­tions de son médecin et notam­ment doit :

  • Éviter de fumer dans les heures précé­dant l’ex­a­m­en ;
  • Ne pas con­som­mer d’al­cool ;
  • S’ab­stenir d’ef­fectuer des efforts physiques intens­es le jour même.

Selon les tests pro­gram­més, le médecin peut deman­der l’ar­rêt tem­po­raire de cer­tains traite­ments bron­chodi­lata­teurs (12 à 24 heures avant l’ex­a­m­en). Il est égale­ment recom­mandé de porter des vête­ments con­fort­a­bles et amples, et d’éviter les repas copieux dans les deux heures précé­dant les tests. Le patient doit égale­ment sig­naler toute infec­tion res­pi­ra­toire récente, qui pour­rait néces­siter le report de l’ex­a­m­en.

Les explo­rations fonc­tion­nelles res­pi­ra­toires (EFR) con­stituent un ensem­ble d’outils diag­nos­tiques essen­tiels en pneu­molo­gie. Ces exa­m­ens, générale­ment bien tolérés, per­me­t­tent non seule­ment d’établir un diag­nos­tic pré­cis, mais aus­si d’adapter le traite­ment des patients et d’en éval­uer l’ef­fi­cac­ité au fil du temps.

 

Sources : 

https://www.sciencesetavenir.fr/sante/en-france-les-maladies-respiratoires-deviennent-la-troisieme-cause-de-deces_181387

https://sante-respiratoire.com/les-maladies-respiratoires/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Exploration_fonctionnelle_respiratoire

Assur­ance Mal­adie — Com­ment se déroule une spirométrie ? (26 févri­er 2025).
Disponible sur : https://www.ameli.fr/assure/sante/examen/exploration/deroulement-spirometrie

https://www.opa-pratique.com/journal/article/007482-plethysmographie-corporelle-appliquee-letude-fonction-respiratoire-mieux

https://www.msdmanuals.com/fr/accueil/troubles-pulmonaires-et-des-voies‑a%C3%A9riennes/sympt%C3%B4mes-et-diagnostic-des-maladies-pulmonaires/gazom%C3%A9trie-art%C3%A9rielle-ga-et-oxym%C3%A9trie-de-pouls

https://www.msdmanuals.com/fr/professional/troubles-pulmonaires/%C3%A9preuves-fonctionnelles-respiratoires-efr/flux‑a%C3%A9riens-volumes-pulmonaires-et-courbe‑d%C3%A9bit-volume#Types-d’anomalies_v912630_fr

https://www.chu-lyon.fr/exploration-fonctionnelle-respiratoire-efr-spirometrie#:~:text=La%20capacit%C3%A9%20de%20diffusion%20pulmonaire,hypertension%20art%C3%A9rielle%20pulmonaire%20(HTAP)

https://www.msdmanuals.com/fr/professional/troubles-pulmonaires/%C3%A9preuves-fonctionnelles-respiratoires-efr/tests-d-effort

https://fr.ap-hm.fr/service/explorations-fonctionnelles-respiratoires-hopital-nord/efr#provocation-bronchique