L’indispensable régu­la­tion de l’intérim s’impose aujourd’hui comme un levi­er majeur pour répon­dre aux ten­sions per­sis­tantes en ressources humaines. Loin d’appartenir au passé, ces dif­fi­cultés demeurent d’actualité et nour­ris­sent régulière­ment nos échanges en con­seil d’administration ou au sein du bureau de la FHP-MCO, en par­ti­c­uli­er lorsqu’il s’agit du recours à l’intérim par les jeunes pro­fes­sion­nels. Les dif­fi­cultés ren­con­trées pour main­tenir cer­tains ser­vices ouverts, notam­ment les urgences ain­si que les ser­vices de phar­ma­cie hos­pi­tal­ière, témoignent chaque jour de la fragilité du sys­tème et occu­pent trop sou­vent la une des jour­naux.

La régu­la­tion du recours à l’intérim con­stitue en effet une con­di­tion essen­tielle pour rééquili­br­er un marché du tra­vail frag­ilisé, dans l’intérêt des étab­lisse­ments comme des patients. Ain­si, nous accueil­lons avec sat­is­fac­tion la pub­li­ca­tion du décret n° 2025–1147 du 28 novem­bre 2025, qui instau­re une durée min­i­male de deux ans d’exercice avant de pou­voir tra­vailler en intérim dans un étab­lisse­ment de san­té. Cette mesure, qui con­cerne les médecins, phar­ma­ciens, sages-femmes et autres pro­fes­sions de san­té, va dans le sens d’une plus grande respon­s­abil­ité pro­fes­sion­nelle et d’une meilleure garantie de con­ti­nu­ité des soins. Tout dis­posi­tif con­tribuant à lim­iter les dérives d’un intérim devenu par­fois mer­ce­naire con­stitue une avancée.

Pour autant, cette évo­lu­tion ne saurait à elle seule résoudre l’ensemble des dif­fi­cultés RH. La sta­bil­ité du marché du tra­vail néces­site un effort con­stant pour main­tenir des référen­tiels pro­fes­sion­nels com­pat­i­bles avec les réal­ités de ter­rain, éviter les phénomènes de sur-diplo­ma­tion qui pro­duisent arti­fi­cielle­ment des pénuries, et garan­tir une cohérence durable entre niveau de com­pé­tence, mis­sions et respon­s­abil­ités. Préserv­er l’équilibre de notre sys­tème de san­té exige de cha­cun une vig­i­lance col­lec­tive afin d’éviter que des choix régle­men­taires ou organ­i­sa­tion­nels ne frag­ilisent davan­tage notre secteur.

Notre engage­ment demeure total pour que la régu­la­tion, l’anticipation et la respon­s­abil­ité guident les évo­lu­tions à venir, au ser­vice d’un sys­tème de soins plus lis­i­ble, plus sta­ble et plus juste pour tous.

Frédérique Gama
Prési­dente de la FHP-MCO