Mal­adie inflam­ma­toire du sys­tème nerveux cen­tral, la sclérose en plaques touche aujourd’hui 120 000 per­son­nes en France avec 3 000 nou­veaux cas diag­nos­tiqués chaque année. Longtemps asso­ciée à un hand­i­cap pro­gres­sif et inévitable, cette patholo­gie chronique con­naît aujour­d’hui des avancées thérapeu­tiques sig­ni­fica­tives. Depuis quelques années, les patients béné­fi­cient d’une prise en charge de plus en plus per­son­nal­isée, adap­tée à leur pro­fil spé­ci­fique et à l’évo­lu­tion de leur mal­adie. Expli­ca­tions.

Qu’est-ce que la sclérose en plaques (SEP) ?

Mal­adie inflam­ma­toire du sys­tème nerveux cen­tral (cerveau, moelle épinière et nerfs optiques), la sclérose en plaques se car­ac­térise par des lésions appelées « plaques » dans lesquelles la gaine pro­tec­trice des neu­rones « la myé­line » est détru­ite. Cela entraîne une dégénéres­cence des cel­lules nerveuses et des neu­rones avec une perte de la com­mu­ni­ca­tion entre le cerveau et les organes périphériques. Ce proces­sus inflam­ma­toire s’ac­com­pa­gne pro­gres­sive­ment d’une neu­rodégénéres­cence qui affecte peu à peu la motric­ité.

Touchant une pop­u­la­tion jeune, la majorité des patients présen­tent leur pre­mier symp­tôme entre 25 et 35 ans, avec une pro­por­tion de femmes élevée soit 3 femmes pour un homme.

 

La maladie peut se manifester sous trois formes évolutives distinctes :

  • La forme rémit­tente : c’est la forme la plus fréquente en début de mal­adie (80 à 85% des cas). Elle se car­ac­térise par des phas­es aiguës appelées « poussées », durant lesquelles les patients présen­tent de nom­breux symp­tômes qui s’alternent avec des péri­odes de rémis­sion. Les poussées peu­vent dur­er de quelques jours à un mois sans qu’un hand­i­cap ne s’installe entre les phas­es symp­to­ma­tiques.
  • La forme sec­ondaire­ment pro­gres­sive : cette phase appa­raît après 5 à 20 ans d’évolution en forme rémit­tente chez plus de la moitié des patients. Elle est car­ac­térisée par une instal­la­tion d’un hand­i­cap per­ma­nent et pro­gres­sif.
  • La forme pro­gres­sive d’emblée : elle con­cerne 10 à 15% des patients dès le début de la mal­adie et évolue très rapi­de­ment. Le hand­i­cap pro­gresse de façon con­tin­ue sans phase de rémis­sion. Cette forme de SEP se déclare générale­ment chez des per­son­nes plus âgées en moyenne vers 60 ans.

 

Les principaux symptômes moteurs incluent :

  • Des trou­bles de la sen­si­bil­ité (four­mille­ments, picote­ments, impres­sion de froid ou de ruis­selle­ment sur la peau, sen­sa­tion d’é­tau ou des douleurs) ;
  • Une paralysie ou une faib­lesse mus­cu­laire entraî­nant des dif­fi­cultés pour marcher ;
  • Des trou­bles de l’équili­bre ;
  • Une atteinte visuelle. Elle se traduit par une baisse de l’acuité visuelle, qui peut s’ac­com­pa­g­n­er d’une douleur autour de l’or­bite, par­ti­c­ulière­ment lorsque l’œil est en mou­ve­ment.

 

Comment la diagnostiquer ? 

Le diag­nos­tic de SEP repose sur l’association de symp­tômes neu­rologiques asso­ciés à la présence de plaques inflam­ma­toires décelées à l’IRM.

S’il n’existe à ce jour aucun traite­ment curatif pour traiter la sclérose en plaques, les thérapies pro­posées visent à dimin­uer la réac­tion inflam­ma­toire et donc à ralen­tir l’évolution du hand­i­cap.

 

Quelles stratégies de prise en charge personnalisées ? 

Les patients atteints de sclérose en plaques sont le plus sou­vent diag­nos­tiqués jeunes et vivront avec la mal­adie pen­dant plusieurs décen­nies. Dans ce con­texte, une approche thérapeu­tique unique ne peut suf­fire. Il est néces­saire d’aligner les choix thérapeu­tiques avec les évo­lu­tions de la mal­adie ain­si qu’avec les pro­jets de vie du patient.

 

La prise en charge thérapeutique de la SEP s’articule autour de trois axes complémentaires : 

  • Le traite­ment des poussées ;
  • Les traite­ments de fond mod­ifi­ca­teurs de l’évo­lu­tion de la mal­adie ;
  • La prise en charge symp­to­ma­tique.

L’ap­proche per­son­nal­isée intè­gre désor­mais de mul­ti­ples paramètres pour opti­miser le choix thérapeu­tique ini­tial et les ajuste­ments à effectuer selon la spé­ci­ficité de chaque patient :

  • La per­son­nal­i­sa­tion thérapeu­tique : elle s’ap­puie sur plusieurs élé­ments déci­sion­nels. L’ac­tiv­ité clin­ique de la mal­adie, quan­tifiée par la fréquence et la sévérité des poussées, guide l’in­ten­sité du traite­ment.
  • L’ac­tiv­ité radi­ologique : elle est éval­uée par l’ap­pari­tion de nou­velles lésions ou la prise de con­traste, et con­stitue un mar­queur pré­dic­tif cru­cial.
  • Les bio­mar­queurs san­guins, notam­ment les taux de neu­ro­fil­a­ments légers : ils per­me­t­tent de sur­veiller la neu­rodégénéres­cence active et d’an­ticiper l’évo­lu­tion.

Elle s’appuie égale­ment sur la ges­tion des symp­tômes via une approche pluridis­ci­plinaire qui implique :

  • Des pro­fes­sion­nels médi­caux : neu­ro­logues, médecins de réé­d­u­ca­tion, uro­logues, etc. ;
  • Des paramédi­caux : kinésithérapeutes, ortho­phon­istes, infirmier(e)s, ergothérapeutes, neu­ropsy­cho­logues…

La prise en charge peut être médica­menteuse, mais aus­si non médica­menteuse (réé­d­u­ca­tion, sou­tien psy­chologique, activ­ité physique adap­tée, etc.).

 

La recherche avance également 

Dans une nou­velle étude, pub­liée dans la Jour­nal Sci­ence Trans­la­tion­al Med­i­cine, des chercheurs ont décou­vert trois endophéno­types immunologiques qui pour­raient révo­lu­tion­ner les traite­ments de cette mal­adie.

Au cours de cette étude, les chercheurs ont étudié les don­nées de plus de 500 patients atteints de sclérose en plaques. Ils ont car­tographié le sys­tème immu­ni­taire des par­tic­i­pants et ont ain­si iden­ti­fié, grâce à des tech­nolo­gies de pointe, trois endophéno­types immunologiques de la mal­adie.

Cha­cun de ces endophéno­types immunologiques était asso­cié à une évo­lu­tion de la patholo­gie et à une réponse dif­férente aux traite­ments. Ain­si, les chercheurs ont con­clu que ces trois endophéno­types immunologiques pour­raient être util­isés pour prédire l’évolution de la mal­adie et l’efficacité des médica­ments, via des analy­ses de sang des patients.

Selon le pro­fesseur Heinz Wiendl « En com­prenant les vari­a­tions indi­vidu­elles du sys­tème immu­ni­taire des patients, nous pou­vons nous rap­procher de plans de traite­ment per­son­nal­isés plus effi­caces et entraî­nant moins d’ef­fets sec­ondaires. » « Cela pour­rait con­sid­érable­ment amélior­er la qual­ité de vie des per­son­nes atteintes de sclérose en plaques », pour­suit le pro­fesseur Luisa Klotz, co-auteur prin­ci­pal de l’étude.

Les approches de médecine inté­gra­tive, com­bi­nant traite­ments phar­ma­cologiques et inter­ven­tions non médica­menteuses validées, opti­misent quant à elles, la qual­ité de vie glob­ale des patients.

Ces dif­férentes annonces illus­trent la tran­si­tion vers une médecine per­son­nal­isée de haute pré­ci­sion per­me­t­tant d’adapter les straté­gies thérapeu­tiques pour chaque patient. L’en­jeu majeur demeure l’ac­cès équitable à ces thérapies inno­vantes et le main­tien d’une sur­veil­lance rap­prochée garan­tis­sant la sécu­rité et l’ef­fi­cac­ité opti­males des traite­ments.

 

Sources : 

https://institutducerveau.org/fiches-maladies/sclerose-en-plaques-sep?gad_source=1&gad_campaignid=223909461&gbraid=0AAAAADvb-0vBfFXK6axvM_96n8Cmg389U&gclid=CjwKCAjw3tzHBhBREiwAlMJoUl7pDveoBwY8FAv-qT8xo1ZhRRoVEDy9dClYeXkSMdHqwL9gXp0lhBoClzwQAvD_BwE

https://institutducerveau.org/fiches-maladies/sclerose-en-plaques-sep?gad_source=1&gad_campaignid=223909461&gbraid=0AAAAADvb-0vBfFXK6axvM_96n8Cmg389U&gclid=CjwKCAjwu9fHBhAWEiwAzGRC_2NoOUMwMLE6uj-76FpTbxvJ7r_qiO0fcQxdmPAP2FqliQk3zp2L0BoCeSIQAvD_BwE

https://institutducerveau.org/fiches-maladies/sclerose-en-plaques-sep/symptomes-sclerose-en-plaques-sep

https://www.frm.org/uploads/RS_174_web_fc04c782a8.pdf

https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/sclerose-en-plaques/traitement

https://neurologies.fr/limportance-de-la-sequence-therapeutique-dans-la-sep-a-travers-la-methodologie-des-cas-vignettes/

https://www.frequencemedicale.com/oncologie/patient/182329-SEP-une-decouverte-pourrait-aider-a-personnaliser-les-traitements-aux-malades

Mul­ti­ple scle­ro­sis endophe­no­types iden­ti­fied by high-dimen­sion­al blood sig­na­tures are asso­ci­at­ed with dis­tinct dis­ease tra­jec­to­ries | Sci­ence Trans­la­tion­al Med­i­cine

https://www.france-sclerose-en-plaques.org/fr/gerer-les-symptomes/