
Dans trente-huit jours, au 1er janvier 2026, la campagne tarifaire basculera dans un nouveau calendrier : l’an d’une ère où sa mise en œuvre commencera désormais en janvier et non plus en mars. La promesse de ce changement est claire : accélérer, rationaliser, donner de la visibilité. Mais serons-nous prêts ?
La question se pose avec d’autant plus d’acuité que la campagne 2025 n’est pas close par définition, suspendue notamment à la troisième circulaire budgétaire et à la décision définitive sur le dégel du coefficient prudentiel, annoncée pour fin novembre ou début décembre. À l’heure du compte à rebours, cette incertitude suffit à rappeler combien la technique reste tributaire des arbitrages politiques.
Les sujets qui engagent l’avenir ont été posés : l’indispensable revalorisation de l’ONDAM pour garantir une croissance des tarifs, la contribution des financeurs complémentaires, les travaux sur la définition des volumes prévisionnels 2026, ou encore les économies attendues notamment sur la liste en sus. Pour le secteur MCO privé, les discussions s’affinent autour de la dialyse péritonéale à domicile, de l’évolution des forfaits de greffe, du financement de l’innovation, du devenir de l’enveloppe de « AC péréquation » et de la gestion active de la liste en sus. Les orientations débattues au conseil d’administration renforcent encore l’exigence de nos établissements de santé : mieux soutenir les maternités, intégrer la dynamique de la RAAC, reconnaître l’impact des consommables dans les tarifs, tirer les enseignements des campagnes précédentes, sécuriser le financement du Beyfortus, ajuster les modalités pour les guides FFR.
Le ministère, de son côté, a bâti un calendrier resserré visant une finalisation des données techniques d’ici la fin novembre/début décembre. Le respect de cet agenda repose sur un équilibre fragile, entre rapidité de traitement et cohérence des arbitrages politiques. Car décembre va dorénavant concentrer les décisions majeures : vote de la LFSS, arbitrages ultimes, orientation générale de la campagne tarifaire… le tout pour une opérationnalité au 1er janvier.
À l’aube de cette transition, il est permis d’espérer. Espérer que la volonté affichée se traduira en décisions qui soutiennent les filières essentielles, préservent la qualité des prises en charge et offrent enfin aux établissements de santé la visibilité qui leur manque tant. À trente-huit jours de l’échéance, c’est la condition pour que cette « nouvelle ère » ne soit pas seulement un changement de date, mais un véritable changement de cap. Nous voulons y croire si chacune des parties prend ses responsabilités en respectant ces délais très contraints.
Frédérique Gama
Présidente de la FHP-MCO