Cécile LAMBERT, rapporteur général « Article 51 » au ministère de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées

Quel est l’objectif de l’article 51 ?

L’article 51 est un dis­posi­tif de sou­tien à l’innovation en san­té, créé par la loi de finance­ment de la Sécu­rité sociale pour 2018. Les pre­mières expéri­men­ta­tions ont été autorisées en 2019. Doté d’un bud­get annuel de 125 mil­lions d’euros, l’article 51 a accom­pa­g­né depuis sa créa­tion plus de 160 pro­jets, dont près de la moitié ont déjà abouti. Les autres sont encore en cours, et de nou­veaux pro­jets con­tin­u­ent d’être sélec­tion­nés.

Ces pro­jets sont pro­posés par des acteurs de ter­rain : étab­lisse­ments san­i­taires ou médi­co-soci­aux publics ou privés, groupe­ments de pro­fes­sion­nels libéraux, ou encore start-ups, même si ces dernières restent minori­taires.

Les pro­jets accom­pa­g­nés visent à ren­forcer la per­ti­nence, la qual­ité et la sécu­rité des soins, à amélior­er les par­cours patients, à faciliter l’accès aux soins et à accroître l’efficience du sys­tème de san­té. Inté­gr­er un pro­jet dans le dis­posi­tif de l’article 51 offre aux expéri­men­ta­teurs une large gamme de déro­ga­tions aux règles d’organisation et de finance­ment. Ils dis­posent d’une lib­erté pour pro­pos­er des mod­èles alter­nat­ifs à ceux exis­tants.

Ces mod­èles, s’ils sont con­clu­ants, ont voca­tion à être déployés et général­isés. Avant cette étape, ils font l’objet de rap­ports d’évaluation ren­dus publics. Env­i­ron 40 % des pro­jets sélec­tion­nés dans le cadre de l’article 51 sont ensuite général­isés.

Le 18 novembre se déroulera la 7ᵉ Journée nationale des porteurs de projets de l’article 51. Quel est le but de cette journée ?

Cette journée nationale per­met d’animer le col­lec­tif des expéri­men­ta­teurs. Nous avons souhaité offrir un espace de ren­con­tre et d’échange entre por­teurs de pro­jets. Ils y présen­tent leurs travaux, par­ticipent à des tables ron­des, croisent leurs expéri­ences, ren­con­trent d’autres équipes con­fron­tées à des prob­lé­ma­tiques sim­i­laires et tis­sent de nou­velles col­lab­o­ra­tions.

Un deux­ième aspect s’est dévelop­pé : cette journée con­fère de la vis­i­bil­ité aux ini­tia­tives. Le vil­lage des por­teurs fonc­tionne comme un mini-salon dédié aux pro­fes­sion­nels invités. La vis­ite des min­istres et des dirigeants du secteur de la san­té ren­force encore cette vis­i­bil­ité.

Cette année, le fil rouge de la Journée nationale sera l’expérience patient, puisque le patient est au cœur de notre démarche. Nous abor­derons égale­ment la ques­tion de la san­té men­tale à tra­vers la présen­ta­tion de plusieurs expéri­men­ta­tions.

Quelles sont les « grandes victoires » de l’article 51 ?

La pre­mière vic­toire est d’avoir démon­tré l’intérêt du dis­posi­tif. Nous avons égale­ment per­mis de dévelop­per la préven­tion ter­ti­aire pour cer­taines patholo­gies chroniques : insuff­i­sance car­diaque, insuff­i­sance res­pi­ra­toire…, en pro­posant un accom­pa­g­ne­ment post-hos­pi­tal­i­sa­tion. Un tel accom­pa­g­ne­ment améliore le pronos­tic des patients et réduit les risques de réhos­pi­tal­i­sa­tion et de pas­sage aux urgences, notam­ment grâce à l’intégration de l’activité physique adap­tée dans les par­cours de soins. Une bonne coor­di­na­tion entre les médecins de ville et l’hôpital dans la prise en charge des patients chroniques, améliore leur pronos­tic en réduisant les risques de rechute ou d’aggravation, notam­ment chez les per­son­nes atteintes d’insuffisance car­diaque sévère. Au-delà de l’amélioration du pronos­tic, l’activité physique adap­tée réduit la con­som­ma­tion de soins. Cette « vic­toire » est désor­mais inscrite dans la stratégie Sport-San­té 2025–2030, qui con­sacre un axe com­plet à la général­i­sa­tion des expéri­men­ta­tions de l’Article 51.

Le dis­posi­tif de l’article 51 a égale­ment con­tribué à amélior­er l’état de san­té des enfants con­fiés à l’Aide sociale à l’enfance (ASE), en ren­forçant les liens entre les acteurs du social, du médi­co-social et les pro­fes­sion­nels de san­té de ville. Nous four­nissons les out­ils néces­saires à la con­sti­tu­tion d’un col­lec­tif pro­fes­sion­nel investi dans les par­cours de ces enfants.

Nous espérons désor­mais voir émerg­er de nou­veaux pro­jets sur des thé­ma­tiques encore inédites.