
Le rôle des centres de consultations de soins non programmés n’est pas une nouveauté, puisque près d’un quart d’entre eux ont été créés avant 2010. Pourtant, un intérêt grandissant pour cette offre de soins réactive et de proximité s’exprime, et se concrétise par une mesure de reconnaissance prévue dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. Si cette avancée est encourageante, la rédaction actuelle du texte semble cependant trop restrictive, risquant de limiter les possibilités de constitution et de reconnaissance de dispositifs qui fonctionnent déjà avec efficacité et souplesse dans leurs territoires.
Il est essentiel de ne pas alourdir inutilement des dispositifs qui fonctionnent, en particulier lorsqu’ils participent activement à désengorger les services d’urgences. Ces structures, intégrées à leur environnement sanitaire local, collaborent avec les communautés professionnelles territoriales de santé, les services d’accès aux soins, etc. Elles illustrent parfaitement une médecine de proximité réactive, capable de répondre rapidement aux besoins de la population.
Les cliniques et hôpitaux privés jouent à ce titre un rôle déterminant. L’actualisation de l’enquête de la FHP-MCO à l’automne 2025 confirme la présence de plus de cent structures assurant des consultations non programmées, avec près de 1,3 million de prises en charge en 2024. Malgré ce volume d’activité, seule une minorité bénéficie d’une reconnaissance officielle, ce qui ne reflète en rien la réalité de leur contribution au service public de santé. Ces structures mobilisent un nombre significatif de professionnels médicaux et paramédicaux, assurant un véritable maillage territorial. Les patients, principalement pris en charge pour des situations légères, bénéficient cependant d’un accès facilité aux plateaux techniques et aux soins hospitaliers si nécessaire, grâce à l’adossement quasi systématique à un établissement de santé.
Nous attendons de voir reconnaître et consolider ce qui fonctionne déjà, sans créer de nouvelles contraintes. La reconnaissance de ces centres doit être inclusive et à la hauteur de leur contribution réelle, afin de garantir une offre de soins non programmés accessible, réactive et durable, au service de tous.
Frédérique Gama
Présidente de la FHP-MCO