
En 2023, 19 640 signalements d’atteintes aux personnes et aux biens ont été recensés par 473 établissements et professionnels libéraux. En 2024, ce chiffre atteint 20 961 signalements issus de 556 déclarants. Une hausse de 17,5 % du nombre de déclarants et de 6,7 % des incidents. Les violences ne reculent pas. Elles s’installent, malgré les efforts menés sur le terrain.
Les services de médecine-chirurgie-obstétrique restent les plus touchés, avec une part passant de 27 % à 25 %. Les urgences, elles, représentent 11 % des signalements, une proportion stable qui traduit la tension permanente de ces lieux d’accueil où s’expriment stress, attente et détresse humaine. Ces chiffres ne sont pas de simples données : ils racontent le quotidien de femmes et d’hommes confrontés à une violence qui ne devrait jamais faire partie du soin.
Le rapport 2023–2024 de l’ONVS le confirme : la violence en santé persiste. Des freins subsistent encore à la déclaration, au dépôt de plainte ou à l’accompagnement des victimes. Pourtant, chaque signalement compte. Déclarer, c’est faire un pas vers la reconnaissance, la prévention, la protection. C’est transformer un acte isolé en levier d’action collective.
Les données de l’ONVS doivent nourrir la réflexion et l’action, avec les Agences régionales de santé, pour comprendre les causes, qu’elles soient humaines, organisationnelles ou matérielles. De cette analyse doit naître une culture commune de la sécurité et du respect.
La prévention est notre meilleure arme : elle améliore la qualité de vie au travail, renforce la sécurité des soins, restaure la confiance des patients et redonne du sens au collectif. La lutte contre la violence, c’est aussi un engagement pour des équipes plus sereines, plus unies et plus fortes.
Protéger nos soignants, qu’ils soient salariés ou libéraux, c’est protéger nos patients. Faire sauter les freins à la déclaration, c’est refuser la banalisation de la violence.
Ensemble, faisons du signalement un réflexe, de la prévention une priorité et de la sécurité une réalité partagée.
Frédérique Gama
Présidente de la FHP-MCO
Déclarer des faits de violence
Comment déclarer un signalement
L’observatoire national des violences en santé