
Gérard RAYMOND, président de France Assos Santé
Fin juin, vous avez été réélu pour un troisième mandat à la présidence de France Assos Santé. Pourquoi ce nouvel engagement ?
L’Assemblée générale de France Assos Santé a estimé qu’il était important de conserver une équipe expérimentée et légitime pour faire face à la complexité des réformes du système de santé engagées et à venir. Après consultation des membres et des parties prenantes, nous avons privilégié la stabilité de la présidence, tout en intégrant de nouveaux membres afin de poursuivre son engagement en faveur de la démocratie en santé et de la participation citoyenne organisée.
Quels sont vos principaux sujets de préoccupation ?
La France célèbre cette année les 80 ans de la protection sociale et sanitaire. Ce modèle fondé sur la solidarité intergénérationnelle montre aujourd’hui des signes d’essoufflement. La pyramide des âges et l’évolution des besoins de santé de la population menacent la pérennité et la solvabilité de notre système. Nous sommes confrontés à des choix cruciaux, dans un contexte de contraintes économiques et marqué par l’incertitude liée aux échéances politiques locales et nationales. La préservation de la démocratie en santé voulue par le législateur exige une attention particulière.
Quelles sont les pistes de réflexion envisagées par France Assos Santé ?
France Assos Santé milite pour une refondation structurelle, culturelle et financière de notre système de santé. Pour cela, nous sommes favorables à l’adoption d’une loi dite de programmation fixant des objectifs moyen terme. Par exemple : le financement du système de santé, tout comme celui de ses acteurs, doit être repensé en profondeur. D’autre part, nous considérons que nous devons favoriser l’exercice collégial (l’équipe traitante) afin de mieux répondre aux besoins populationnels sur les territoires.
Ces équipes auraient pour mission la prévention, l’éducation à la santé et la permanence des soins. Elles assureraient l’accompagnement des personnes atteintes de maladies chroniques, tout en répondant à l’ensemble des besoins de santé de la population sur les territoires. Cette mission doit s’inscrire dans une logique de coopération, de partage de compétences avec l’utilisation des outils du numérique.
Le modèle de financement, actuellement basé sur les cotisations des employeurs, des salariés et une large contribution de l’État, mérite d’être repensé. Plusieurs pistes peuvent être envisagées : TVA sociale, hausse de la contribution sociale généralisée (CSG)… C’est à nous collectivement de décider des modalités de financement de notre protection sociale et sanitaire. Par ailleurs, la rémunération des acteurs devra elle aussi mieux prendre en considération les résultats de l’engagement de l’équipe traitante, au détriment d’un modèle de rémunération à l’acte.
Cette refondation du système de santé nécessite une réflexion collective : quelle réponse voulons-nous apporter aux maux du quotidien ?
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Crédit photo : Francis Rhodes.