Le Comité d’alerte sur l’évolution des dépens­es d’Assurance mal­adie a livré son dernier avis avec une tonal­ité sin­gulière : il manie les cer­ti­tudes tout en cul­ti­vant un doute pro­fond. Rien que le titre de son rap­port en dit long – « Répon­dre au risque sérieux de dépasse­ment de l’objectif fixé par la loi de finance­ment pour 2025 ». Une for­mule qui dit à la fois l’assurance de l’analyse et l’incertitude de la tra­jec­toire.

Cer­ti­tudes d’abord. Le Comité souligne que 1,5 Md€ d’économies sont bel et bien iden­ti­fiées et devraient, si elles se matéri­alisent, con­tenir l’aggravation du déficit de la Sécu­rité sociale. La prévi­sion est chiffrée, argu­men­tée, adossée à une com­para­i­son avec les con­stats de la Com­mis­sion des comptes : — 21,9 Md€ atten­dus en 2025, con­tre — 15,3 Md€ en 2024. La rigueur est là et le mes­sage ras­sur­ant.

Mais vient le doute. Car ces cer­ti­tudes valent « toutes choses égales par ailleurs ». Or, le Comité ne peut exclure un nou­veau dépasse­ment des soins de ville. Si tel était le cas, les économies ne suf­fi­raient plus ; il faudrait cor­riger à la hausse l’ONDAM dans le prochain pro­jet de loi rec­ti­fi­catif. Autrement dit : rien n’est acquis.

Au milieu de ce clair-obscur, une seule échéance ne varie pas : le cal­en­dri­er. Con­for­mé­ment à la loi, un nou­v­el avis sera ren­du au plus tard le 15 octo­bre, avec en toile de fond la ques­tion cru­ciale du coef­fi­cient pru­den­tiel et des 420 M€ de crédits mis en réserve pour les hôpi­taux. L’avis d’octobre déclenchera la con­sul­ta­tion du Comité économique de l’hospitalisation, préal­able à toute déci­sion poli­tique de dégel. Une fois de plus, les ressources des ser­vices hos­pi­tal­iers risquent d’être impactées pour com­penser l’évo­lu­tion des dépens­es de ville, aux fins de maîtris­er l’ON­DAM, cette sit­u­a­tion ne peut être util­isée sans fin !

Aux pou­voirs publics, dès lors, de trans­former ces aver­tisse­ments en choix clairs.