Parcours de prise en charge de la dépression post-partum :
lancement de l’expérimentation pour une durée de 3 ans
Nous vous rappelions dans la dépêche expert n°889 du 26 juin 2025 la mise en place par les agences régionales de santé (ARS) d’un parcours, à titre expérimental et pour une durée de trois ans, qui associe des professionnels médicaux, des psychologues hospitaliers et libéraux et des puéricultrices, dans le cadre d’une approche pluridisciplinaire visant à mieux accompagner les femmes confrontées à une dépression post partum.
Un décret détermine les modalités de mise en œuvre de cette expérimentation et un arrêté liste les territoires y participant. Les régions sont les suivantes :
- Hauts-de-France
- Occitanie
- Provence-Alpes-Côte d’Azur
- Centre-Val de Loire
- Martinique
- Normandie
Une instruction publiée au Bulletin officiel du 8 août 2025 est venue lancer concrètement l’expérimentation en venant notamment préciser les points suivants :
I. Objectifs de l’expérimentation
- Former les professionnels de santé sur les conséquences psychologiques du post-partum ;
- Systématiser l’information des parents sur la dépression post-partum, sur les possibilités de traitement ou d’intervention et sur les dispositifs de suivi médical et d’accompagnement psychologique disponibles ;
- Améliorer l’accès à un suivi psychologique pour les parents présentant des symptômes pouvant évoquer une dépression post-partum et l’accès à un suivi médical (notamment en soins conjoints si cela est nécessaire).
II. Désignation d’un chef de projet
Il est demandé aux ARS des territoires expérimentateurs de s’assurer que les dispositifs spécifiques régionaux (DSR) en périnatalité désignent dès que possible un chef de projet chargé, avec l’appui de l’ARS et en lien avec l’ensemble des professionnels concernés, de la coordination de l’expérimentation à l’échelle régionale.
III. Missions du chef de projet
- Travailler à l’amélioration de la coordination des différentes structures de soins, pour permettre la mise en place d’un parcours associant l’ensemble des professionnels de la périnatalité et de la santé mentale, dont les équipes de psychiatrie périnatale de son territoire ;
- Entretenir le réseau des professionnels concernés par la dépression post-partum à l’échelle infrarégionale afin de faciliter le repérage, l’orientation et une prise en charge graduée ;
- Participer à l’organisation de formations, au recensement des ressources de son territoire et à l’évaluation de l’expérimentation.
L’annexe 1 de l’instruction liste les missions et compétences attendues du chef de projet.
IV. Principales composantes du parcours
Elles sont précisées dans l’annexe 2 de l’instruction.
L’expérimentation doit s’appuyer sur les dispositifs existants. Ainsi, une souplesse est laissée aux DSR en périnatalité sur les modalités de déclinaison de l’expérimentation dans la région, en tenant compte de l’organisation de l’offre de soins, des ressources humaines et des dispositifs disponibles sur son territoire.
V. Suivi de l’expérimentation et évaluation
Appuyés par l’Agence nationale d’appui à la performation des établissements de santé et médico-sociaux (ANAP) en tant qu’évaluateur, les DSR en périnatalité, les professionnels impliqués dans l’expérimentation et le chef de projet participent à la collecte des données selon les indicateurs définis à l’annexe3 de l’instruction.
Le chef de projet compile ces données et les transmet au niveau national ainsi qu’à l’ANAP au moins de juin de chaque année.
Un comité de suivi national, dont la composition est fixée dans l’instruction, se réunit annuellement au mois de décembre pour suivre la mise en œuvre de l’expérimentation, les avancées effectuées et valider la remontée des indicateurs nécessaires à l’évaluation. Le premier comité de suivi aura lieu au mois de décembre 2025.
Les chefs de projets seront réunis régulièrement par la Direction générale de l’offre de soins (DGOS) et les DSR en périnatalité, les ARS et l’ANAP seront conviés à ces réunions.
La remise du rapport d’évaluation de l’expérimentation, qui a notamment vocation à interroger sur l’opportunité de généraliser une telle expérimentation, doit avoir lieu en avril 2028.
VI. Echéance
Il est demandé de mettre en place le parcours à partir d’août 2025 pour une durée de 3 ans.
Nous vous invitons à consulter l’instruction dans le détail pour plus de précisions.
Thomas GRAFFIN (thomas.graffin.mco@fhp.fr), délégué aux affaires juridiques et fiscales, est à votre disposition pour tout renseignement complémentaire.