La France a con­nu ces dernières semaines une canicule excep­tion­nelle, mar­quée par une inten­sité et une éten­due inédites sur le ter­ri­toire. Ces épisodes, appelés à se mul­ti­pli­er, pla­cent notre sys­tème de san­té devant un défi majeur : s’adapter durable­ment aux effets du change­ment cli­ma­tique.

Or, la réal­ité du ter­rain est préoc­cu­pante. Beau­coup d’établissements de san­té, ceux notam­ment conçus dans les années 1960–70, ne sont pas prêts. Les plus récents répon­dent mieux aux aléas cli­ma­tiques. Néan­moins, l’absence de cli­ma­ti­sa­tion général­isée ou d’aménagements spé­ci­fiques rend par­fois les con­di­tions de tra­vail et d’accueil cri­tiques.

Mal­gré ces con­traintes, des dynamiques pos­i­tives émer­gent. La ques­tion cli­ma­tique est pro­gres­sive­ment iden­ti­fiée comme stratégique. Des out­ils exis­tent pour accom­pa­g­n­er les étab­lisse­ments dans cette tran­si­tion, portés par l’Ademe pour éval­uer la stratégie d’adaptation d’un étab­lisse­ment, par Météo-France pour anticiper les risques cli­ma­tiques sur un ter­ri­toire don­né, par BPI France pour établir un plan d’action per­son­nal­isé. Mais à toutes les étapes, les bud­gets man­quent.

Un change­ment d’échelle est néces­saire. Trop sou­vent, les ini­tia­tives restent locales, portées par des direc­tions volon­taires ou des équipes pro­jets engagées. Le min­istère de la San­té prévoit une étude sur la résilience du parc hos­pi­tal­ier, mais ses con­clu­sions ne seront disponibles qu’en 2027. Or, le temps presse.

Les pro­jec­tions sont claires : sans adap­ta­tion majeure, à l’image de la fer­me­ture de cer­taines écoles ces dernières semaines, une cen­taine d’établissements pour­raient faire face à des fer­me­tures par­tielles ou totales d’ici la fin du siè­cle. Il est donc urgent de struc­tur­er une stratégie nationale ambitieuse, dotée de moyens et de gou­ver­nance, pour faire face à l’intensification des épisodes cli­ma­tiques extrêmes.

Adapter notre sys­tème de san­té au change­ment cli­ma­tique n’est plus un choix, mais une néces­sité. Cela implique d’investir dans les bâti­ments, de repenser les organ­i­sa­tions, de for­mer les équipes, de créer une cul­ture partagée de la résilience, et aus­si de revoir les recom­man­da­tions éner­gi­vores de classe­ment de nos salles d’interventions chirur­gi­cales, eu égard aux pra­tiques inter­na­tionales. Parce que c’est aujourd’hui que se pré­pare la san­té de demain.

L’équipe du 13h prend sa pause annuelle et vous donne ren­dez-vous le lun­di 1er sep­tem­bre.

Bonnes vacances à tous.