Actus San­té du 13h N° 775

C’est la part du PIB que représente le déficit de la sécu­rité sociale (15 Md€ en 2024).

Source : Rap­port des trois Hauts con­seils « Pour un redresse­ment durable de la sécu­rité sociale », Juin 2025

Refus d’avoir des enfants

Le dernier Baromètre d’opinion de la DREES dévoile que pour 40 % des Français, ce refus est lié à l’incertitude de l’avenir. 64 % pensent qu’il serait préférable d’augmenter l’impôt sur les hauts pat­ri­moines pour le finance­ment du vieil­lisse­ment de la pop­u­la­tion.

Pour plus de qua­tre Français sur dix, l’incertitude de l’avenir et de la sit­u­a­tion finan­cière joue dans la déci­sion de ne pas avoir d’enfants. Ces deux raisons sont citées par respec­tive­ment 42 % et 39 % des enquêtés. Celles citées ensuite sont le fait de ne pas avoir de tra­vail sta­ble (26 %), de ne pas être en cou­ple sta­ble (18 %) et de ne pas pou­voir con­cili­er vie famil­iale ou pro­fes­sion­nelle (17 %).

Con­cer­nant le mode de finance­ment des dépens­es induites par le vieil­lisse­ment de la pop­u­la­tion, près des deux tiers des enquêtés (64 %) pensent qu’il serait préférable d’augmenter l’impôt sur les hauts pat­ri­moines pour le finance­ment du vieil­lisse­ment de la pop­u­la­tion et de la perte d’autonomie, suivi par l’impôt sur la suc­ces­sion (12 %).

Le Baromètre de la Drees suit chaque année, depuis 2000, l’opinion des per­son­nes rési­dant en France mét­ro­pol­i­taine à l’égard de la san­té, de la pro­tec­tion sociale et des iné­gal­ités sociales. En 2024, 4 000 per­son­nes ont été inter­rogées en face à face, du 14 octo­bre au 20 décem­bre.

Sécurisation des arrêts de travail

Dès le 1er sep­tem­bre, un CERFA sécurisé sera oblig­a­toire pour pre­scrire un arrêt de tra­vail. Les prati­ciens salariés ne pour­ront plus génér­er d’avis d’arrêt de tra­vail sur le DPI. Les libéraux devront utilis­er le ser­vice de télé­trans­mis­sion sur amelipro.

À compter du 1er sep­tem­bre 2025, tout for­mu­laire d’avis d’arrêt de tra­vail papi­er non sécurisé sera rejeté par l’Assurance mal­adie et retourné au pre­scrip­teur pour qu’il réalise un avis d’arrêt de tra­vail au bon for­mat. Elle en informera égale­ment l’assuré.

La mul­ti­pli­ca­tion des fraudes aux arrêts de tra­vail ces dernières années et son impact financier (42 M€ en 2024 con­tre 17M€ en 2023) a con­duit l’Assurance mal­adie à créer un nou­veau CERFA sécurisé par plusieurs élé­ments visant à empêch­er la fal­si­fi­ca­tion ou l’utilisation fraud­uleuse des for­mu­laires.

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Une cartographie des déserts médicaux par l’Irdes

Trois typolo­gies de com­munes où l’accès aux soins est dif­fi­cile sont iden­ti­fiées. Elles regroupent 34 % de la pop­u­la­tion française.

5 % de la pop­u­la­tion vivent dans des com­munes rurales qui cumu­lent plusieurs sit­u­a­tions défa­vor­ables : une faible acces­si­bil­ité à toutes les offres de soins, des besoins en soins élevés et une moin­dre attrac­tiv­ité du ter­ri­toire, pour la pop­u­la­tion et les pro­fes­sion­nels de san­té. On trou­ve à la fois les zones mon­tag­neuses, cer­tains départe­ments d’outre-mer et les régions autour de l’Île-de-France.

13 % de la pop­u­la­tion vivent dans une com­mune où le niveau d’ac­ces­si­bil­ité est mit­igé. Sont con­cernées des com­munes rurales, péri­ur­baines éloignées de grands pôles qui sont situées par exem­ple autour de Rennes, Lyon ou Dijon.

16 % de la pop­u­la­tion vivent dans des com­munes mieux desservies mais qui subis­sent une décrois­sance de l’of­fre de soins, qui con­cerne en par­ti­c­uli­er les médecins général­istes. Il s’ag­it prin­ci­pale­ment de petites et moyennes villes du nord de la France.

Écouter le pod­cast « Déserts médi­caux, qu’en dis­ent les géo­graphes ? »

9 principes pour redresser la sécu

Les trois hauts con­seils ont pub­lié leurs propo­si­tions pour équili­br­er les comptes de la Sécu­rité sociale. Ils pré­conisent un plan d’équilibre et de désendet­te­ment et une tra­jec­toire à cinq ans des objec­tifs, activ­ités et ressources du sys­tème de san­té.

Les hauts con­seils énon­cent 9 principes :

  1. Il faut retrou­ver une tra­jec­toire d’équilibre des comptes soci­aux
  2. La pro­duc­tion de richesse et le taux d’emploi sont des déter­mi­nants fon­da­men­taux du retour à l’équilibre, qu’il s’agit de soutenir
  3. La tra­jec­toire de retour à l’équilibre doit pren­dre en compte le vieil­lisse­ment et préserv­er les dépens­es d’avenir
  4. La tra­jec­toire de retour à l’équilibre des comptes soci­aux doit s’accompagner de nou­velles règles de gou­ver­nance
  5. Le plan de redresse­ment d’ensemble doit chercher à con­cili­er des mesures de ren­de­ment de court terme et une stratégie de moyen terme
  6. Des mesures de préven­tion doivent être mobil­isées dans le cadre de la stratégie de moyen terme
  7. Un des axes fon­da­men­taux de la stratégie de moyen terme doit repos­er sur l’efficience
  8. Le finance­ment doit être clar­i­fié en garan­tis­sant la cohérence du prélève­ment par rap­port à sa final­ité, au champ des béné­fi­ci­aires et à l’équité du finance­ment
  9. L’ensemble doit s’accompagner de la mise en place d’une péd­a­gogie citoyenne durable en matière de sécu­rité sociale

La tra­jec­toire de retour à l’équilibre doit être pen­sée sur plusieurs années et doit s’accompagner de nou­velles règles de gou­ver­nance, notam­ment pour pren­dre en compte les impacts de la con­jonc­ture économique.

Le rap­port répond à une sai­sine adressée par le Pre­mier min­istre en mars 2025 aux trois hauts con­seils : le Haut Con­seil pour l’avenir de l’as­sur­ance mal­adie (Hcaam), le Haut Con­seil de la famille, de l’en­fance et de l’âge (HCFEA), et le Haut Con­seil du finance­ment de la pro­tec­tion sociale (HCFiPS). 

IA au service de la santé

Les pre­mières étapes de la stratégie nationale en matière d’IA et d’utilisation sec­ondaire des don­nées de san­té pour accélér­er la recherche et l’innovation en san­té, ont été présen­tées au comité stratégique excep­tion­nel par Yan­nick Neud­er.

Ce plan s’inspire du mod­èle prévu dans le cadre du règle­ment pour un espace européen des don­nées de san­té (EEDS), per­me­t­tant d’associer l’ensemble des par­ties prenantes aux déci­sions stratégiques con­cer­nant l’usage des don­nées de san­té en France.

Rapport MSA : les assurés agricoles en souffrance

Un assuré à la Mutu­al­ité sociale agri­cole sur trois souf­fre d’au moins une patholo­gie, prin­ci­pale­ment d’une mal­adie car­dio-neu­rovas­cu­laire, du dia­bète ou d’un can­cer. Leur risque sui­cidaire dépas­sait de 46 % celui des patients tous régimes con­fon­dus en 2022.

En 2022, le risque sui­cidaire des patients du régime agri­cole âgés de 15 à 64 ans dépas­sait de 46 % celui des patients tous régimes con­fon­dus (+ 52 % pour les patients âgés de 65 ans et plus), et les non-salariés agri­coles étaient les plus touchés (sur-risque de 77 %). En 2023, la part de patients du régime agri­cole situés dans des ter­ri­toires de vie car­ac­térisés par l’absence de psy­cho­logues libéraux s’élevait à 9 %, con­tre 5 % pour la pop­u­la­tion française.

La MSA présente dans son rap­port 26 propo­si­tions struc­turées autour de 7 axes pour amélior­er la san­té de ses assurés, dont l’approche « Une seule san­té » qui tient en compte l’interconnexion entre la san­té humaine, ani­male et de l’environnement.

La Mutu­al­ité sociale agri­cole dresse le bilan des charges et des pro­duits du régime agri­cole dans son rap­port 2026. Elle compte 2,8 mil­lions d’assurés. La MSA a fait un enjeu pri­or­i­taire du mal-être et du sur-risque de mor­tal­ité par sui­cide par­mi les assurés agri­coles.

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