Observ­er les urgences revient à pren­dre le pouls du sys­tème de san­té. Et c’est ce que la DREES a fait dans son enquête décen­nale. Elle démon­tre tout d’abord que l’hospitalisation privée tient pleine­ment la place qui lui est con­cédée. Ses 122 ser­vices d’urgences pren­nent en charge 2,8 mil­lions de per­son­nes, d’une lour­deur en soin com­pa­ra­ble à celle con­statée partout ailleurs.

Les résul­tats des ser­vices d’urgences sont-ils ensuite à la hau­teur des atten­dus de la réforme organ­i­sa­tion­nelle et de la réforme de leur finance­ment ? En 2023, la moitié des patients atten­dent aux urgences plus de 3 heures, c’est-à-dire 45 min­utes de plus qu’en 2013, mais seuls 15 % des patients des urgences sont hos­pi­tal­isés dans un autre ser­vice à leur sor­tie, con­tre 20 % en 2013.

Les planètes ne sont donc pas encore com­plète­ment alignées pour réus­sir. En 2025, les sché­mas des urgences doivent être redéfi­nis dans les régions avec la prise en compte des antennes de médecine d’urgence, des sché­mas PDSES, et des plateaux tech­niques spé­cial­isés. La tâche sera ardue.

Pour réus­sir ensem­ble, il faut que les adres­sages se fassent en fonc­tion des capac­ités d’accueil et des com­pé­tences disponibles sur le ter­ri­toire, ain­si l’activité de médecine d’urgence sera cor­recte­ment répar­tie et coor­don­née entre les ser­vices. Il faut que les moyens mis en œuvre s’adaptent à la fluc­tu­a­tion déjà con­nue des flux de patients, l’organisation du ser­vice d’urgences sera ain­si opti­misée. Il faut qu’une admis­sion directe dans les ser­vices hos­pi­tal­iers soit pro­posée et qu’un con­tact soit organ­isé avec les acteurs de la médecine de ville, les Ehpad, les HAD… Et enfin, il faut aus­si que les tutelles régionales recon­nais­sent non seule­ment les prati­ciens libéraux urgen­tistes, con­for­mé­ment à l’instruction de juil­let 2022, mais aus­si les pro­fes­sion­nels libéraux de spé­cial­ités qui sou­ti­en­nent les ser­vices d’urgences, en actant la PDSES cor­re­spon­dante.

Alors, avec le respect de cha­cun, on devrait y arriv­er…

Frédérique Gama
Prési­dente de la FHP-MCO