La réan­i­ma­tion néona­tale est une inter­ven­tion médi­cale per­me­t­tant d’aider le nou­veau-né ren­con­trant des dif­fi­cultés à respir­er seul, à être cor­recte­ment ven­tilé. Cette spé­cial­ité demande une impor­tante pré­ci­sion dans les gestes prodigués sur ces patients extrême­ment frag­iles. Les pro­grès con­stants apportés aux dif­férents dis­posi­tifs de réan­i­ma­tion ne cessent d’évoluer afin d’optimiser leur prise en charge. Expli­ca­tions.

Lors de la nais­sance, des mesures spé­ci­fiques et automa­tiques sont mis­es en place pour tous les nou­veau-nés afin de s’assurer qu’ils respirent cor­recte­ment. L’équipe médi­cale en place lors de la nais­sance s’appuie pour cela sur « le score d’Ap­gar ». Ce sys­tème de nota­tion vise à éval­uer chez un nou­veau-né cinq grandes fonc­tions vitales :

  • Son Apparence : la col­oration de la peau ;
  • Son Pouls : sa fréquence car­diaque ;
  • Ses Grimaces : sa réac­tiv­ité aux stim­uli ;
  • Son Activ­ité : tonus mus­cu­laire ;
  • Sa Respi­ra­tion : sa fréquence et ses efforts res­pi­ra­toires.

Ces fonc­tions sont cotées de 0 à 2 de façon répéti­tive aux pre­mière, troisième, cinquième et dix­ième minute qui suiv­ent la nais­sance. Ces cinq notes sont ensuite addi­tion­nées pour obtenir le score d’Apgar, qui a donc pour max­i­mum la note de 10. Un score bas est un signe clin­ique et non un diag­nos­tic. Il per­met de déter­min­er si des soins médi­caux immé­di­ats doivent être prodigués.

Une stim­u­la­tion manuelle des nour­ris­sons est par­fois néces­saire pour qu’ils poussent leur pre­mier cri. Cer­tains doivent être un peu aidé en aspi­rant à l’aide d’une petite sonde, l’excès de liq­uide amni­o­tique pou­vant obstruer leurs voies res­pi­ra­toires. 

Quand avoir recours à la réanimation néonatale ?

Le recours à la réan­i­ma­tion néona­tale s’impose lorsqu’au moment de l’évaluation clin­ique du nour­ris­son, l’équipe en place con­state qu’il peine à respir­er seul. En cas de détresse res­pi­ra­toire avérée pou­vant entraîn­er des risques vitaux, la réan­i­ma­tion s’impose.

Elle con­cerne prin­ci­pale­ment :

  • Les grands pré­maturés avec leurs sys­tèmes cor­porels qui ne sont pas encore totale­ment dévelop­pés ;
  • Les nou­veau-nés dont le poids de nais­sance est inférieur à 2kg500 éprou­vant des dif­fi­cultés res­pi­ra­toires. La néces­sité de réan­i­ma­tion aug­mente de façon sig­ni­fica­tive si le poids de nais­sance est inférieur à 1kg500 ;
  • Cer­tains bébés révélant par­fois des patholo­gies fœtales qui ne posaient aucun prob­lème pen­dant la vie intra-utérine.

L’âge ges­ta­tion­nel et les paramètres de crois­sance per­me­t­tent d’an­ticiper le risque de patholo­gie néona­tale. La réan­i­ma­tion néona­tale est rel­a­tive­ment com­plexe car les marges d’erreur dans les soins sont infimes. La néces­sité de sur­veiller en temps réel les signes vitaux, la coor­di­na­tion de mul­ti­ples équipes médi­cales, et le partage d’information entre pro­fes­sion­nels sont autant d’éléments qui ren­dent la ges­tion des soins en réan­i­ma­tion néona­tale extrême­ment déli­cate.

De nombreux facteurs de risque peuvent augmenter la probabilité d’avoir recours à la réanimation

Ils com­pren­nent :

  • Un âge ges­ta­tion­nel < 36 semaines ou ≥ 41 semaines ;
  • Une grossesse mul­ti­ple ;
  • L’utilisation de for­ceps ou de ven­touse ;
  • Une césari­enne d’ur­gence ;
  • La présence de méco­ni­um dans le liq­uide amni­o­tique ;
  • Une présen­ta­tion com­plexe du bébé lors de son arrivée (siège…) ;
  • Des fréquences car­diaques anor­males enreg­istrées chez le nour­ris­son ;
  • Des signes d’in­fec­tion chez le nour­ris­son ;
  • Des fac­teurs de risque chez la mère comme de la fièvre, une infec­tion strep­to­coc­cique du groupe B non traitée ou insuff­isam­ment traitée.

La réan­i­ma­tion néona­tale s’appuie sur dif­férents dis­posi­tifs :

  • La ven­ti­la­tion assistée :
  • La ven­ti­la­tion inva­sive ou non inva­sive ;
  • La réan­i­ma­tion cir­cu­la­toire.

Les dernières innovations en réanimation néonatale

Les patients sont des bébés frag­iles. La moin­dre erreur peut avoir des con­séquences dra­ma­tiques, d’où la néces­sité d’utiliser des out­ils tech­nologiques per­for­mants.

La ventilation non invasive (NVI) a connu des avancées significatives

Elle regroupe l’ensemble des sup­ports ven­ti­la­toires pas­sant par une inter­face nasale, buc­cale ou faciale et qui ne requiert donc pas d’intubation ou de tra­chéo­tomie. La VNI per­met d’apporter un sup­port ven­ti­la­toire avec un ou deux niveaux de pres­sion pour amélior­er les échanges gazeux et soulager le tra­vail res­pi­ra­toire du nour­ris­son tout en lim­i­tant les risques liés à la ven­ti­la­tion inva­sive (infec­tion, séda­tion…). 

  • Des inter­faces nasales anatomique­ment adap­tées réduisant les lésions du sep­tum (la cloi­son qui sépare la cav­ité nasale) ;
  • Des sys­tèmes CPAP (ven­ti­la­tion en pres­sion pos­i­tive con­tin­ue dite à bulles) nou­velle généra­tion inté­grant des cap­teurs de pres­sion plus pré­cis ;
  • Des modes ven­ti­la­toires syn­chro­nisés per­me­t­tant une meilleure adap­ta­tion au rythme res­pi­ra­toire du nou­veau-né ;
  • Des algo­rithmes de con­trôle automa­tisé de la frac­tion inspirée en Oxygène « FiO2 » (pour­cent­age d’oxygène présent dans le mélange gazeux que respire une per­son­ne) qui analy­sent en temps réel la sat­u­ra­tion et ajus­tent l’ap­port en oxygène, réduisant les épisodes d’hy­pox­ie et d’hy­per­ox­ie.

Le monitoring avancé : les nouvelles technologies de surveillance incluent :

  • Des sys­tèmes d’analyse en temps réel des paramètres vitaux util­isant le machine learn­ing pour prédire les détéri­o­ra­tions clin­iques ;
  • Des cap­teurs tran­scu­tanés nou­velle généra­tion pour les gaz du sang, min­imisant les prélève­ments invasifs ;
  • Des sys­tèmes de sur­veil­lance con­tin­ue du débit car­diaque par bio-impé­dance ;
  • Des moni­teurs inté­grés per­me­t­tant une visu­al­i­sa­tion claire des ten­dances sur plusieurs jours.

La thermorégulation optimisée : Les progrès comprennent :

  • Des incu­ba­teurs équipés de cap­teurs mul­ti­ples mesurant la tem­péra­ture cen­trale et périphérique ;
  • Des sys­tèmes de ser­vo-con­trôle plus réac­t­ifs ajus­tant la tem­péra­ture et l’hu­mid­ité ;
  • Des pro­to­coles d’hy­pother­mie thérapeu­tique plus pré­cis avec un mon­i­tor­ing cérébral inté­gré ;
  • Des matéri­aux inno­vants pour les mate­las chauf­fants réduisant les points de pres­sion.

Ces dif­férentes inno­va­tions favorisent la maitrise des gestes et per­me­t­tent de prodiguer des soins tou­jours plus pré­cis et adap­tés aux nou­veau-nés.

Sources :