Longtemps con­sid­érées comme de sim­ples sub­sti­tuts fonc­tion­nels, les pro­thès­es et implants con­nais­sent depuis quelques années, de véri­ta­bles avancées tech­nologiques per­me­t­tant aux patients qui en por­tent, de retrou­ver une plus grande autonomie, et surtout, une meilleure motric­ité. Zoom sur ces avancées qui améliorent le quo­ti­di­en !

Prothèse et implant, est-ce différent ? 

Ces dis­posi­tifs per­me­t­tent tous deux de combler une par­tie man­quante du corps humain en interne ou en externe.

On par­le plus générale­ment de pro­thèse lorsque l’on désigne un dis­posi­tif externe ou amovi­ble qui rem­place une par­tie man­quante du corps. Par exem­ple :

  • Une pro­thèse de jambe qui rem­place un mem­bre amputé ;
  • Une pro­thèse den­taire amovi­ble qui rem­place des dents man­quantes ;
  • Une pro­thèse mam­maire externe dis­posée dans le sou­tien-gorge après une mas­tec­tomie.

Le terme « d’implant » désigne quant à lui, un dis­posi­tif médi­cal générale­ment placé de façon per­ma­nente à l’in­térieur du corps lors d’une inter­ven­tion chirur­gi­cale. Par exem­ple :

  • Un implant mam­maire placé sous la peau pour recon­stru­ire le sein amputé ;
  • Un implant den­taire vis­sé dans l’os de la mâchoire ;
  • Un implant cochléaire pour l’au­di­tion ;
  • Un pace­mak­er implan­té dans la poitrine ;
  • La pompe à insu­line implantable ;
  • Le neu­rostim­u­la­teur pour traiter la douleur chronique.

La prin­ci­pale dif­férence réside donc dans le fait que la pro­thèse est générale­ment externe et amovi­ble, tan­dis que l’im­plant est interne et per­ma­nent. Les implants néces­si­tent une chirurgie pour leur mise en place et leur retrait éventuel, alors que les pro­thès­es peu­vent être mis­es et enlevées par le patient. Mais il arrive que ces deux ter­mes soient sou­vent indis­so­ciés comme par exem­ple lorsqu’il s’agit d’une pro­thèse de hanche.

De la robo­t­ique chirur­gi­cale à la télémédecine en pas­sant par l’impression en trois dimen­sions, les avancées sont nom­breuses et promet­tent de révo­lu­tion­ner les pra­tiques médi­cales et d’améliorer la qual­ité de vie des patients.  

Les avancées concernant les prothèses ou dispositifs externes

Pre­mières solu­tions pour rem­plac­er les mem­bres per­dus, les anci­ennes pro­thès­es en bois et les cro­chets métalliques ont lais­sé place à des dis­posi­tifs bien plus élaborés ! Les impor­tants pro­grès réal­isés grâce à la tech­nolo­gie, per­me­t­tent désor­mais de béné­fici­er de dis­posi­tifs capa­bles d’imiter la com­plex­ité du corps humain. Cela per­met aujourd’hui de pro­pos­er aux patients, des pro­thès­es sur mesure, adap­tées à leur mor­pholo­gie et à leurs besoins spé­ci­fiques. Autre avan­tage, leur design est de plus en plus soigné !

Grâce à ces mul­ti­ples avancées, les pro­thès­es ne sont désor­mais plus unique­ment de sim­ples sub­sti­tuts mécaniques. Ce sont aujourd’hui des exten­sions sophis­tiquées du corps humain, capa­bles d’imiter les capac­ités naturelles d’un mem­bre ayant dû être amputé. En effet, ces avancées ne se con­tentent plus seule­ment d’améliorer la mobil­ité, elles per­me­t­tent égale­ment une meilleure réé­d­u­ca­tion grâce à leur plus grande adapt­abil­ité.

À titre d’exemple, une entre­prise (Reale­tee) vient de dévelop­per une solu­tion de pro­thèse mam­maire asso­ciant tech­nolo­gie 3D et savoir-faire humain pour redonner aux patientes, con­fort, sil­hou­ette et iden­tité. Conçues sur-mesure (mamel­on, auréole, vol­ume, couleur sur mesure du sein, le tout étant resti­tué́ grâce à̀ la numéri­sa­tion 3D et recréé via le savoir-faire humain). La pro­thèse ain­si créée restitue la sil­hou­ette et le con­fort et donne aux patientes la pos­si­bil­ité de se réap­pro­prier leur anatomie et leur iden­tité pour ain­si récupér­er leur dig­nité de femmes.

Les avancées concernant les implants ou dispositifs internes

Les implants mod­ernes sont conçus pour mieux s’ajuster à l’anatomie du patient, favorisant ain­si une inté­gra­tion osseuse plus effi­cace, sou­vent désignée sous le terme d’ostéo-intégration.

Les matéri­aux bio­com­pat­i­bles util­isés pour les hanch­es, les genoux, les chevilles et d’autres artic­u­la­tions réduisent les risques de rejet et améliorent la dura­bil­ité des implants. Du titane et de l’acier inoxyd­able sont main­tenant couram­ment util­isés, inté­grant égale­ment des com­posants en polyéthylène de haute qual­ité qui pro­lon­gent la durée de vie des pro­thès­es.

Véritable exemple d’innovation, les implants neuronaux !

Ces implants élec­tron­iques sont con­sti­tués d’élec­trodes per­me­t­tant de lire et de con­trôler des sig­naux cérébraux. Implan­tés en pas­sant le plus sou­vent par la gorge, le nez, ou le côté de l’œil, ils sont insérés minu­tieuse­ment à l’aide de bras robo­t­isés. Ils sont par la suite ali­men­tés par une bat­terie, qui peut être rechargée à dis­tance par une induc­tion élec­tro­mag­né­tique.

Grâce à un implant cérébral, une “pro­thèse de mémoire” a per­mis d’améliorer la mémori­sa­tion chez une ving­taine de patients, donc cer­tains souf­frant de lésions cérébrales, rap­por­tent des travaux améri­cains pub­liés dans Fron­tiers in Human Neu­ro­science. Les per­for­mances de ce dis­posi­tif capa­ble de mimer l’activité du cerveau pen­dant l’encodage d’un sou­venir lais­sent l’équipe espér­er un futur développe­ment per­me­t­tant de retarder la sur­v­enue des démences.

De façon générale, l’évolution des tech­niques chirur­gi­cales et des dis­posi­tifs mis à prof­it de la médecine con­tribuent grande­ment à amélior­er l’insertion, la fonc­tion­nal­ité et la durée de vie des pro­thès­es et des implants. Par­mi eux fig­urent :

  • L’essor de lachirurgie robo­t­ique. Égale­ment appelée « chirurgie assistée par robot », elle offre une vision 3D sta­bil­isée et une mani­a­bil­ité des instru­ments au cours d’une inter­ven­tion chirur­gi­cale. Assistés par un robot, les instru­ments sont dirigés avec une extrême pré­ci­sion, asso­ciée à une vis­i­bil­ité remar­quable.
  • La tech­nique dechirurgie mini-inva­sive. Con­traire­ment aux tech­niques ouvertes tra­di­tion­nelles qui impliquent de larges inci­sions, ces approches mini-inva­sives per­me­t­tent d’effectuer des inter­ven­tions chirur­gi­cales à tra­vers de plus petites inci­sions. Cela lim­ite par la suite la douleur postopéra­toire et réduit ain­si la durée d’hospitalisation.
  • L’impression en 3 dimen­sions. Véri­ta­ble révo­lu­tion dans le domaine médi­cal, elle per­met de créer des pièces en vol­ume par ajout de matière en ajoutant des couch­es suc­ces­sives. Pilotée par un ordi­na­teur, elle per­met de réalis­er des pro­thès­es et des implants uniques et sur-mesure. L’encre util­isée se com­pose de dif­férents matéri­aux comme du plas­tique, de la résine polymère, de la céramique ou encore du titane.
  • La minia­tur­i­sa­tion. Les dis­posi­tifs et plus par­ti­c­ulière­ment les implants devi­en­nent de plus en plus petits pour un plus grand con­fort du patient.
  • L’intelligence arti­fi­cielle. Inté­grée dans cer­tains implants, elle per­met d’optimiser leur fonc­tion­nement.
  • La con­nec­tiv­ité. Elle offre un suivi à dis­tance et per­met d’effectuer des ajuste­ments sans inter­ven­tion chirur­gi­cale sup­plé­men­taire.

La recherche et le développe­ment con­ti­nus dans ce domaine, sont essen­tiels pour amélior­er les dis­posi­tifs exis­tants et en créer de nou­veaux. Quant aux patients, leur retour d’expérience est indis­pens­able afin de les amélior­er pour s’adapter tou­jours plus à leurs besoins spé­ci­fiques.

Sources :