Don­ner de son vivant peut se faire de plusieurs manières. Nous pou­vons non seule­ment faire don de cer­tains organes, mais égale­ment faire don de cer­taines cel­lules souch­es ou encore par­ticiper à la pro­créa­tion médi­cale­ment assistée. Expli­ca­tions.

Don­ner de son vivant est un geste altru­iste. Il est essen­tiel de rap­pel­er que quel que soit le type de don, c’est avant tout un acte de générosité et de sol­i­dar­ité entière­ment gra­tu­it. La loi inter­dit par ailleurs, toute rémunéra­tion en con­trepar­tie de ce don.

Voici 4 façons de don­ner de son vivant :

1 – Le don d’organes

Si la majorité des dons d’organes se fait au moment du décès, il est égale­ment pos­si­ble de faire un don de son vivant. Cha­cun d’entre nous peut choisir de don­ner ses organes. En France, nous sommes tous don­neurs pré­sumés en cas de décès. Mais nous pou­vons égale­ment don­ner de notre vivant à con­di­tion de répon­dre à cer­tains critères…

Quels organes peut-on donner de son vivant ?

Le don du vivant con­cerne essen­tielle­ment deux organes :

  • Le rein, car il est pos­si­ble de vivre avec un seul rein. La greffe à par­tir d’un don­neur vivant améliore con­sid­érable­ment l’espérance de vie des patients. Il lim­ite le délai d’attente par rap­port au don post mortem et par­fois même, le recours à la dial­yse. Par ailleurs, la greffe de rein provenant d’un proche, lim­ite égale­ment les com­pli­ca­tions éventuelles et offre une meilleure qual­ité de gref­fons.
  • Un lobe de foie, bien que ce type de greffe soit plus rare, elle est égale­ment pos­si­ble car le foie se régénère naturelle­ment.

En 2023, l’activité de greffe rénale dans son ensem­ble a aug­men­té de 4,4% avec 148 greffes sup­plé­men­taires. Quant aux greffes hépa­tiques, elles ont aug­men­té de +3,8% avec 49 greffes sup­plé­men­taires.

À qui peut-on donner de son vivant ?

  • Ses par­ents ;
  • Ses enfants ;
  • Sa fratrie ;
  • Ses grands-par­ents ;
  • Ses oncles ou tantes ;
  • Ses cousins ou cousines ger­maines
  • La per­son­ne avec laque­lle on vit en cou­ple depuis au moins deux ans
  • Tout indi­vidu avec qui on entre­tient un lien affec­tif étroit et sta­ble depuis au moins deux ans.

Le don croisé est également possible entre donneurs et receveurs vivants

En cas d’in­com­pat­i­bil­ité entre une per­son­ne souhai­tant don­ner un organe et le receveur, le don­neur et le receveur peu­vent se voir pro­pos­er le recours à un don croisé d’or­ganes. Ce type de don con­siste à béné­fici­er du don d’une autre per­son­ne ayant exprimé l’in­ten­tion de don et égale­ment placée dans une sit­u­a­tion d’in­com­pat­i­bil­ité à l’é­gard du receveur ini­tiale­ment désigné. Ce dernier béné­fi­ciant du don d’un autre. 

Quelles sont les obligations légales à respecter pour être donneur ?

Don­ner un organe de son vivant n’est pas une déci­sion anodine. Cet acte altru­iste doit être mûre­ment réfléchi et néces­site de répon­dre à cer­tains critères comme :

  • Être majeur et en bonne san­té : un bilan médi­cal com­plet per­met de s’assurer que le don­neur n’est pas por­teur de mal­adies trans­mis­si­bles et qu’il peut subir une inter­ven­tion chirur­gi­cale sans risque pour sa san­té.
  • Avoir con­science des risques éventuels que peut engen­dr­er le prélève­ment, à savoir les pos­si­bles con­séquences d’or­dre physique ou psy­chologique et les réper­cus­sions éventuelles sur sa vie per­son­nelle, famil­iale et pro­fes­sion­nelle par la suite.
  • Exprimer son con­sen­te­ment : il est pour cela néces­saire de faire part de sa volon­té de don­ner un organe à un proche par écrit et devant le prési­dent d’un tri­bunal ou un mag­is­trat qui aura été préal­able­ment désigné. Cela peut être le lieu de l’étab­lisse­ment de san­té où le prélève­ment est envis­agé ou celui de son lieu de rési­dence.

Par la suite, un comité d’ex­perts doit s’as­sur­er que la déci­sion du don­neur de don­ner un organe de son vivant est totale­ment libre et éclairée. Il peut, par ailleurs, revenir sur sa déci­sion à tout moment. Aucun prélève­ment d’or­ganes, en vue d’un don, ne peut avoir lieu sur une per­son­ne vivante mineure ou sur une per­son­ne vivante majeure faisant l’ob­jet d’une mesure de pro­tec­tion juridique avec représen­ta­tion à la per­son­ne.

2- Le don de cellules souches

Sang, plas­ma, pla­que­ttes… il est égale­ment pos­si­ble de don­ner un cer­tain nom­bre de cel­lules souch­es par sim­ple prélève­ment san­guin !

  • Le sang : don le plus courant, il per­met de prélever en même temps tous les com­posants du sang : glob­ules rouges, plas­ma et pla­que­ttes, qui sont ensuite séparés pour que chaque qui en béné­ficiera selon sa com­pat­i­bil­ité san­guine, reçoive le(s) produit(s) sanguin(s) dont il a besoin.
  • Le plas­ma :  par­tie liq­uide du sang dans laque­lle cir­cu­lent les cel­lules san­guines comme les glob­ules rouges, les glob­ules blancs et les pla­que­ttes, le plas­ma con­tient des pro­téines per­me­t­tant de traiter des mal­adies le plus sou­vent chroniques (héma­tologiques, neu­rologiques, rhu­ma­tologiques, der­ma­tologiques) sous forme de médica­ments ou par trans­fu­sion.
  • Les pla­que­ttes : elles jouent un rôle cru­cial dans le proces­sus de coag­u­la­tion. Elles sont pro­duites dans la moelle osseuse et sont essen­tielles pour la for­ma­tion de cail­lots san­guins qui per­me­t­tent d’ar­rêter les saigne­ments. Elles per­me­t­tent de sauver la vie de nom­breux malades qui ont un fort risque d’hémorragie soudaine et sévère.  

Ces dif­férents prélève­ments s’effectuent majori­taire­ment dans les Etab­lisse­ment Français du sang par sim­ple prélève­ment san­guin. Lorsqu’il s’agit d’un don de plas­ma, les autres com­posants du sang sont réin­jec­tés directe­ment au don­neur. Cette procé­dure s’appelle « l’aphérèse ».

Chaque année, env­i­ron 1,6 mil­lion de don­neurs en France con­tribuent à col­lecter près de 3 mil­lions de dons de sang.

3- Le don de moelle osseuse

Pour de nom­breuses per­son­nes atteintes de can­cers ou de mal­adies du sang, la greffe de moelle osseuse représente un réel espoir de guéri­son. 80% des greffes de moelle osseuse per­me­t­tent de traiter cer­taines formes de can­cers comme les leucémies, les lym­phomes ou les myélomes.

La moelle osseuse ren­ferme des cel­lules appelées cel­lules-souch­es hématopoïé­tiques. Ce sont elles qui don­nent nais­sance aux cel­lules du sang : les glob­ules rouges, les glob­ules blancs et les pla­que­ttes. Ce don est d’autant plus cru­cial car la com­pat­i­bil­ité entre don­neur est rel­a­tive­ment rare. Il est le plus sou­vent intrafa­mil­ial.

En effet, un malade a une chance sur un mil­lion de trou­ver un don­neur com­pat­i­ble en dehors de sa fratrie, con­tre une chance sur qua­tre s’il s’agit d’un frère ou d’une sœur. 

Le prélève­ment se réalise de deux manières pos­si­bles :

  • Par un prélève­ment direct de moelle osseuse sous anesthésie générale. Cela con­siste à réalis­er une ponc­tion dans les os ili­aques (au niveau du bassin).
  • Par un prélève­ment de cel­lules-souch­es périphériques. Le don­neur reçoit, pen­dant les 5 jours précé­dant le prélève­ment, un médica­ment qui favorise la migra­tion des cel­lules-souch­es hématopoïé­tiques de la moelle osseuse vers le sang. Ces cel­lules sont ensuite recueil­lies d via un prélève­ment san­guin spé­ci­fique.

4- La procréation médicalement assistée

Il est égale­ment pos­si­ble de don­ner d’une autre manière de son vivant, en faisant don de ses ovo­cytes ou de son sperme afin que les cou­ples qui ren­con­trent des dif­fi­cultés à con­cevoir puis­sent en béné­fici­er.

  • Le sperme : tout homme âgé entre 18 et 45 ans peut faire don de son sperme dans un cen­tre de don spé­ci­fique. Il est toute­fois néces­saire d’effectuer un bilan de san­té pour pou­voir effectuer cet acte. En 2021, 870 enfants sont nés grâce à un don de sper­ma­to­zoïdes.
  • Les ovo­cytes : toute femme âgée entre 18 et 37 ans peut égale­ment faire don de ses ovo­cytes. En 2021, 520 enfants sont nés grâce à une AMP avec don d’ovocytes.

Quelle que soit le don, l’anony­mat doit être respec­té, tant pour la per­son­ne qui donne que pour la per­son­ne qui reçoit. Afin de réduire les risques de con­san­guinité involon­taire dus à l’ig­no­rance con­cer­nant l’o­rig­ine géné­tique, la loi lim­ite à 10 le nom­bre d’en­fants issus d’une même don­neuse d’ovo­cytes ou d’un même don­neur de sperme. Cette mesure per­met de ren­dre improb­a­ble le fait que deux enfants issus d’une même orig­ine biologique aient des enfants entre eux plus tard.

Sources :