Les sages de la Cour des comptes se sont penchés sur le pilotage des ser­vices d’urgence et vien­nent de pub­li­er leur rap­port. Si la FHP-MCO partage cer­taines des 11 propo­si­tions, d’autres méri­tent d’être analysées avec pru­dence ou appel­lent notre vig­i­lance.

Tout d’abord, la Cour recon­naît que l’équilibre entre la néces­saire décon­cen­tra­tion pour tenir compte de la var­iété des sit­u­a­tions et le main­tien d’une doc­trine d’harmonisation nationale n’est pas encore assuré. Cette décon­cen­tra­tion et l’allocation des ressources, cou­plées à la réforme du finance­ment des urgences, appel­lent notre plus grande vig­i­lance. En effet, nous sommes d’accord avec la Cour qui qual­i­fie de « puis­sant » le levi­er financier dont dis­posent les ARS et son poten­tiel « dis­cré­tion­naire ». La val­i­da­tion d’indicateurs de suivi per­ti­nents et partagés sera néces­saire. Rai­son pour laque­lle nous rap­pelons la néces­saire cor­réla­tion entre l’intensité de l’activité des ser­vices d’urgence et le mon­tant de dota­tion pop­u­la­tion­nelle allouée aux étab­lisse­ments con­cernés. Nous appelons tout sim­ple­ment à ce que les ARS aient recours aux out­ils mis à leur dis­po­si­tion, et notam­ment le référen­tiel de finance­ment.

En revanche, nous approu­vons la coor­di­na­tion ville-hôpi­tal pro­posée (point 2) pour faire face aux péri­odes qui cor­re­spon­dent le mieux aux besoins. De même, l’identification des besoins à moyen terme en médecins des struc­tures (point 5) doit pass­er par la mise en place d’une GPEC ter­ri­to­ri­ale. Le con­trôle de la per­ti­nence des pris­es en charge aux urgences par un indi­ca­teur de résul­tat (point 3) pour éviter les pas­sages inutiles, sont des pistes à pré­cis­er et dévelop­per. La FHP-MCO plébiscite égale­ment l’usage d’un résumé stan­dard du pas­sage et sa cor­réla­tion au pro­gramme de médi­cal­i­sa­tion des sys­tèmes d’information (point 8), son inter­façage avec les autres acteurs (point 9), et des con­trôles de fac­tura­tion (point 10).

Nous nuançons par ailleurs les propo­si­tions 1 et 11. En effet, le recueil nation­al des évène­ments indésir­ables graves asso­ciés aux soins inter­venus dans les struc­tures d’urgence est un sujet majeur, mais il faut s’assurer du lien avec les autres indi­ca­teurs déjà présents, notam­ment dans le mécan­isme d’allocation de la dota­tion qual­ité des urgences. De même, de nom­breuses infor­ma­tions pra­tiques d’accès aux urgences à des­ti­na­tion de la pop­u­la­tion sont déjà pub­liées sur inter­net, le site sante.fr par exem­ple.

Enfin, la général­i­sa­tion des équipes ter­ri­to­ri­ales d’urgence sur l’ensemble du ter­ri­toire (point 6) demande une grande pru­dence car des freins soci­aux liés aux statuts des équipes publiques et privées demeurent, la lour­deur de fonc­tion­nement des GCS ne pou­vant con­stituer une réponse adap­tée.

Dans le souci d’une égal­ité d’accès pour tous aux soins d’urgence, la FHP-MCO veillera à l’équité de traite­ment des acteurs de soins.

Lire le rap­port des 11 propo­si­tions de la Cour des comptes.