Plus con­nue sous le nom de « cinquième mal­adie » mais aus­si appelée « mégaléry­thème épidémique » ou encore « éry­thème infec­tieux », le par­vovirus est une mal­adie bénigne se car­ac­térisant par des symp­tômes grip­paux suiv­is d’une érup­tion cutanée. Zoom sur les par­tic­u­lar­ités de cette patholo­gie infan­tile.

Qu’est-ce que le parvovirus ?

Touchant majori­taire­ment les enfants, cette patholo­gie est causée par un virus appelé « par­vovirus humain B19 ». Elle se car­ac­térise en pre­mier lieu par des symp­tômes grip­paux comme :

  • De la fatigue ;
  • Des maux de tête ;
  • De la fièvre ;
  • Une toux sèche ;
  • Le nez qui coule ;
  • Des douleurs mus­cu­laires.

S’en suit quelques jours plus tard, la sur­v­enue d’une érup­tion cutanée con­sti­tuée de papules rouges en relief sur le corps avec des rougeurs local­isées au niveau des joues. Celles-ci sem­blent bour­souf­flées comme si elles avaient été giflées. L’éruption s’étend par la suite le long du corps, notam­ment sur les mains, les bras, les fess­es et les cuiss­es, mais aus­si sur les pieds.

On l’appelle la « cinquième mal­adie » car elle arrive en cinquième posi­tion des infec­tions virales provo­quant une érup­tion cutanée chez les enfants après :

  • La rouge­ole ;
  • La scar­la­tine ;
  • La rubéole ;
  • Le syn­drome de la peau ébouil­lan­tée due à un staphy­lo­coque.

La roséole quant à elle, se classe est six­ième posi­tion.

Une augmentation significative de cas en France

Selon les don­nées pub­liées par l’Assurance Mal­adie, l’année 2024 est mar­quée par une épidémie d’infections à par­vovirus B19. Cette aug­men­ta­tion du nom­bre d’in­fec­tions depuis mai 2023, a égale­ment été sig­nalée par d’autres pays européens comme le Dane­mark, l’Ir­lande, les Pays-Bas et la Norvège.

Même s’il reste très faible, le nom­bre de décès liés à une infec­tion à par­vovirus B19 est toute­fois en aug­men­ta­tion. Il était en moyenne de 1,8 décès par an pen­dant la péri­ode 2015–2019, en majorité chez les per­son­nes âgées de 15 ans ou plus (78 %). Ce nom­bre moyen a dou­blé sur la péri­ode 2020–2023 avec 3,5 décès par an. Depuis jan­vi­er 2024, 5 décès sont sur­venus chez des enfants âgés de moins d’un an en dehors d’un con­texte d’immunodépression ou de comor­bid­ité.

Comment se transmet la maladie ?

La péri­ode d’incubation dure en moyenne entre 4 et 21 jours. La mal­adie se trans­met par con­t­a­m­i­na­tion dans l’air lorsque le malade tou­sse, éter­nue ou pos­til­lonne, ou par con­tact avec des objets souil­lés par la per­son­ne infec­tée. Le virus peut égale­ment être trans­mis par trans­fu­sion san­guine ou par voie pla­cen­taire de la mère à l’enfant pen­dant la grossesse. Les cas sont plus fréquents à l’arrivée du print­emps.

Les enfants de 5 ans à 15 ans sont par­ti­c­ulière­ment touchés, mais le virus peut égale­ment infecter les adultes. La majorité d’entre eux sont générale­ment immu­nisés par la mal­adie depuis leur plus jeune âge. Lorsque ce n’est pas le cas, ils peu­vent, comme les enfants, voir appa­raître des érup­tions cutanées et des symp­tômes grip­paux.

Générale­ment bénin, le par­vovirus peut toute­fois entraîn­er des com­pli­ca­tions graves chez les per­son­nes les plus frag­iles, notam­ment si elles sont anémiées ou immun­odéprimées, ain­si que chez les femmes enceintes. L’infection peut en effet se trans­met­tre de la mère au fœtus au cours de la grossesse. Dans de rares cas, elle peut être la cause d’une fausse couche, d’une mort in utero, d’anémie sévère ou d’une pro­duc­tion exces­sive de liq­uide et de gon­fle­ment (œdème) chez le fœtus.

Quelle est la durée de la maladie ?

La durée de la mal­adie varie d’une à trois semaines en moyenne. Au cours des semaines suiv­ant la con­t­a­m­i­na­tion, l’éruption peut réap­pa­raître de façon ponctuelle après une expo­si­tion au soleil, ou en cas de fièvre, d’effort ou de stress. Chez cer­tains patients, des douleurs et des gon­fle­ments artic­u­laires légers peu­vent égale­ment per­sis­ter ou réap­pa­raître pen­dant plusieurs semaines.

Comment diagnostiquer le parvovirus ?

Un sim­ple exa­m­en clin­ique per­met générale­ment de pos­er le diag­nos­tic. Toute­fois, lorsque cela con­cerne une per­son­ne à risque de com­pli­ca­tions comme les femmes enceintes ou les per­son­nes immun­odéprimées (atteints par le Virus de l’Immunodéficience Humaine (VIH) par exem­ple) ou souf­frant d’anémie, une prise de sang est néces­saire pour con­firmer le diag­nos­tic. Ce prélève­ment san­guin con­siste à :

  • Rechercher la présence du virus par PCR (Poly­merase Chain Reac­tion) ;
  • Effectuer un dosage des immuno­glo­bines spé­ci­fiques au par­vovirus B19 com­prenant les IgM attes­tant d’une infec­tion récente et des IgG témoignant d’une immu­nité anci­enne et pro­tec­trice.

Chez une femme enceinte malade, le virus peut être recher­ché dans le liq­uide amni­o­tique par ponc­tion de liq­uide amni­o­tique ou dans le sang fœtal.

Comment traiter le parvovirus ?

Il n’existe pas de traite­ment spé­ci­fique con­tre le par­vovirus B19. Le médecin général­iste ou le pédi­a­tre con­sulté peut toute­fois pre­scrire des traite­ments per­me­t­tant prin­ci­pale­ment d’atténuer les symp­tômes.

Il peut pre­scrire du paracé­ta­mol pour réduire la fièvre et les céphalées et des anti-inflam­ma­toires non-stéroï­di­ens pour soulager les douleurs artic­u­laires. Des anti­his­t­a­miniques peu­vent égale­ment être pre­scrits pour calmer les démangeaisons si elles sont intens­es. Dans les formes graves, un traite­ment par trans­fu­sion san­guine peut s’avérer néces­saire.

Comment s’en prémunir ?

Aucun vac­cin n’est actuelle­ment disponible con­tre le par­vovirus B19. La préven­tion repose prin­ci­pale­ment sur le respect des mesures d’hy­giène de base pour lim­iter la prop­a­ga­tion du virus. Les trois prin­ci­pales recom­man­da­tions à suiv­re sont :

  • Se laver les mains régulière­ment après avoir été en con­tact avec une per­son­ne malade ou des objets poten­tielle­ment con­t­a­m­inés.
  • Net­toy­er les sur­faces poten­tielle­ment souil­lées par le virus comme les objets en con­tact fréquent avec les enfants (jou­ets, poignés de porte, etc.).
  • Éviter les inter­ac­tions avec les per­son­nes atteintes du mégaléry­thème épidémique.

Sources :