Notre pro­fes­sion porte cette indis­pens­able vision prospec­tive pluri­an­nuelle afin de maîtris­er l’avenir de nos organ­i­sa­tions et de leurs comptes, mais aus­si des comptes soci­aux de la France. Cette vis­i­bil­ité qui vaut à notre « étage » vaut aus­si pour celui de l’État, et une récente propo­si­tion de loi con­sti­tu­tion­nelle vise à accélér­er le redresse­ment des finances publiques, notam­ment via un change­ment de méth­ode. Alors repenser la façon de pilot­er nos poli­tiques publiques, par­lons-en !

Pour ce qui con­cerne la san­té, les travaux, forte­ment ralen­tis par l’instabilité poli­tique, retiendraient pour l’heure un main­tien de l’outil des tar­ifs issus des coûts, créé pour respecter le principe de neu­tral­ité tar­i­faire. Il con­vient d’être vig­i­lant sur leur néces­saire actu­al­i­sa­tion en rai­son d’une décor­réla­tion qui n’a fait que s’amplifier depuis la crise Covid, entre les charges des étab­lisse­ments et la pro­duc­tion d’activité boulever­sée par l’épidémie. De même, le virage ambu­la­toire a défor­mé la répar­ti­tion des charges, et enfin, l’augmentation du coût salar­i­al depuis 2020 rend les cal­culs plus com­plex­es encore, le poids des charges salar­i­ales étant vari­able d’un GHS à un autre, sans oubli­er le coût des cer­taines évo­lu­tions tech­niques comme le robot, le laser…

Un pre­mier pro­to­cole mar­tyr de pluri­an­nu­al­ité 2025–2027 est atten­du, sans cal­en­dri­er, qui com­prendrait des con­trepar­ties. La con­tri­bu­tion des étab­lisse­ments de san­té est atten­due sur de pos­si­bles thé­ma­tiques : indi­ca­teurs du taux de chirurgie et de médecine ambu­la­toires, pro­por­tion de patients dialysés sur ceux insuff­isants rénaux chroniques, taux de trans­fert des séjours en MCO vers la HAD, taux de recours annuel selon 6 patholo­gies. Si les mem­bres du bureau de la FHP-MCO agréent la démarche de con­tri­bu­tions, ils souhait­ent que les par­tic­u­lar­ités des ter­ri­toires de san­té pondèrent cer­tains indi­ca­teurs comme le taux de trans­port partagé depuis ou vers les étab­lisse­ments de san­té en VSL et en taxi. De plus, ils expri­ment leurs désac­cords à la propo­si­tion de taux de cou­ver­ture vac­ci­nale des pro­fes­sion­nels de san­té, au motif que les étab­lisse­ments de san­té n’ont pas de prise sur le respect d’une vac­ci­na­tion non oblig­a­toire.

La pluri­an­nu­al­ité est un acte de con­fi­ance et de parte­nar­i­at avec l’État qui néces­site de partager des objec­tifs com­muns et de s’en don­ner les moyens.