L’examen du Pro­jet de loi de finance­ment de la sécu­rité sociale pour 2025 a démar­ré la semaine dernière, dans un con­texte de restric­tion budgé­taire de la France. L’objectif nation­al de dépens­es d’assurance mal­adie (Ondam) pro­gressera de 2,8 %, pour attein­dre près de 264 Md€, dont 108,8 Md€ pour l’Omdam étab­lisse­ment de san­té. Com­ment ce bud­get trou­vera-t-il sa tra­duc­tion dans la cam­pagne tar­i­faire 2025 ?

Les marges de manœu­vre seront réduites. Au-delà des ques­tions rel­a­tives aux ressources humaines, à l’inflation, aux vol­umes prévi­sion­nels, et au finance­ment des retraites des étab­lisse­ments de san­té publics, huit points tech­niques portés par la FHP-MCO auront toute leur impor­tance, cer­tains étant des reli­quats d’une his­toire passée post Covid.

Tout d’abord, il nous faut sor­tir du passé et con­solid­er les ori­en­ta­tions.

En effet, pourquoi l’aide à la con­trac­tu­al­i­sa­tion Ségur 1 et 2 de 10 %, enveloppe rel­e­vant d’une mesure tran­si­toire, n’est tou­jours pas inté­grée dans les tar­ifs alors que toutes les mesures con­cer­nant les ressources humaines ont été inclus­es dans les tar­ifs des GHS ? Nous deman­dons aus­si la prise en compte du développe­ment de la RAAC, par un élar­gisse­ment du dis­posi­tif déjà en place, afin de ne pas pénalis­er les étab­lisse­ments de san­té qui met­tent en œuvre des pris­es en charge effi­cientes. Par ailleurs, les étab­lisse­ments de san­té, et tout par­ti­c­ulière­ment les mater­nités, doivent béné­fici­er d’un finance­ment pérenne du pro­duit BEYFORTUS pour assur­er leurs mis­sions de ser­vice pub­lic.

Ensuite, il est temps de pren­dre en compte et faciliter le développe­ment des pra­tiques de soins.

Nous réitèrerons d’autres deman­des. La prise en compte des con­som­ma­bles dans la déter­mi­na­tion des tar­ifs des GHS (l’impact de l’utilisation des robots notam­ment) est essen­tielle afin d’assurer un équili­bre économique de ces coû­teuses pris­es en charge, dev­enues aujour­d’hui incon­tourn­ables. . La gou­ver­nance de la liste en sus devra aus­si être claire­ment définie en met­tant en place des règles per­me­t­tant de garan­tir la prise en charge des patients la plus per­ti­nente. Le retard pris en la matière pour 2025 nous amène à deman­der le renou­velle­ment du mora­toire. Comme chaque année, la FHP-MCO veillera à la prise en compte des retours d’expérience des étab­lisse­ments, col­ligés sur la cam­pagne précé­dente, afin d’ajuster la tar­i­fi­ca­tion. Il fau­dra veiller à ce que le nou­veau dis­posi­tif RIHN mis en place pour soutenir une ges­tion dynamique des actes éli­gi­bles au finance­ment se traduise rapi­de­ment par l’arrivée de nou­veaux actes et un taux de rem­bourse­ment accept­able.

Enfin, nous sommes des étab­lisse­ments de san­té privés volon­taires pour des pra­tiques écore­spon­s­ables.

Nous rap­pellerons la volon­té de par­tic­i­pa­tion d’établissements de san­té privés à l’expérimentation de retraite­ment de cer­tains dis­posi­tifs médi­caux, demandée de façon his­torique par l’hospitalisation privée afin de lut­ter con­tre le gaspillage et aider les étab­lisse­ments à réduire leur empreinte car­bone. Il serait temps qu’une cel­lule DD soit créée au sein de la DGOS pour éval­uer notam­ment les normes imposées dans nos blocs opéra­toires, eu égard aux pra­tiques d’autres pays occi­den­taux.

Dans un envi­ron­nement forte­ment con­traint, ces points tech­niques pour­ront faire la dif­férence pour pro­pos­er un finance­ment le plus adap­té pos­si­ble.