Une mis­sion d’information « Avenir de la san­té péri­na­tale » du Sénat s’enquiert notam­ment auprès des fédéra­tions hos­pi­tal­ières de la sit­u­a­tion des mater­nités français­es au tra­vers de 16 ques­tions. Notre con­stat, une nou­velle fois répété, et nos propo­si­tions, seront-ils suiv­is d’effet ?

Les décrets de 1998, respec­tés à la let­tre par l’hospitalisation privée, ont pro­duit des effets per­vers et ont con­traint à la fer­me­ture d’un grand nom­bre de mater­nités privées de niveau 1 à faible activ­ité. Depuis une décen­nie, 40 des 97 étab­lisse­ments de san­té privés de niveau 1 ont fer­mé (- 39 %). Les mater­nités de niveau 2 résis­tent mieux et leur nom­bre a légère­ment cru de 47 en 2013 à 52 en 2022. Le nom­bre de nais­sances a chuté de 45,5 % dans le secteur privé et de 6 % à l’hôpital pub­lic. Aujourd’hui, 40 départe­ments n’ont pas de mater­nité privée, et 10 départe­ments ne dis­posent que d’une seule mater­nité publique.

Quel mail­lage ter­ri­to­r­i­al souhaitons-nous et pou­vons-nous préserv­er ? Com­ment main­tenir nos mater­nités encore exis­tantes quand les prob­lé­ma­tiques RH sont cri­antes, les charges inhérentes à une activ­ité péri­na­tale imposées par décret demeurent fix­es, dans un con­texte de baisse dras­tique de l’activité mais aus­si d’inflation ?

Dans le cadre de la réforme du finance­ment de l’activité de MCO, une refonte du finance­ment des mater­nités dans l’esprit d’une mis­sion de ser­vice pub­lic et sur la base d’un par­cours de soins est impéra­tive. De plus, il doit être amendé de la mise en place d’un com­par­ti­ment socle pour notam­ment financer la per­ma­nence du plateau tech­nique.

Pour sauver nos mater­nités, un juste finance­ment des pro­fes­sion­nels médi­caux et paramédi­caux de la nais­sance, de sur­croît en ten­sion, est de même néces­saire : cota­tion des actes par les sages-femmes comme elles le font à l’hôpi­tal pub­lic, prise en charge plus impor­tante des frais d’assurances RCP des prati­ciens, recon­nais­sance de la grande péni­bil­ité de cette activ­ité de soins…

Enfin, toute révi­sion des décrets de 1998, si tel était le cas, doit apporter plus de sou­p­lesse dans le fonc­tion­nement et les organ­i­sa­tions des mater­nités. Nous avons bien rap­pelé dans notre réponse aux séna­teurs que seuls des indi­ca­teurs de pris­es en charge doivent nous guider et non des exi­gences nor­ma­tives tou­jours plus élevées. Quelle suite sera don­née à cette mis­sion d’information séna­to­ri­ale ? Une cer­ti­tude : l’urgence de l’action n’est plus à démon­tr­er avec toutes les forces de la nais­sance au-delà des ques­tions statu­taires des struc­tures. Il est temps que la con­clu­sion de la mis­sion IGAS sur la refonte de la T2A avance sur la mise en place d’une dota­tion socle.