Dr Yan­nick NEUDER, car­di­o­logue, député Les Répub­li­cains, vice-prési­dent de la Com­mis­sion des affaires sociales à l’Assemblée nationale, con­seiller région­al Auvergne-Rhône-Alpes

Suite à des radi­a­tions de la liste en sus en 2023, puis un mora­toire pour 2024, où en sommes-nous aujourd’hui sur cette ques­tion ?

C’est le grand flou et la suc­ces­sion des min­istres de la San­té ne nous per­met pas d’avoir une sta­bil­ité sur ce sujet.

Ce qui s’est passé en 2023 est assez révéla­teur. Sept dis­posi­tifs médi­caux tels les son­des de throm­bo-aspi­ra­tion pour les acci­dents vas­cu­laires cérébraux et les guides FFR util­isés pour mesur­er le taux de sténose sur une artère coro­n­aire, ont été retirés de la liste en sus, sans grande con­cer­ta­tion, avec pour les étab­lisse­ments de san­té les plus impactés par ces radi­a­tions, des com­pen­sa­tions finan­cières tem­po­raires, inférieures aux coûts réels. Ces mesures oblig­ent les étab­lisse­ments de san­té à faire le choix dif­fi­cile de con­tin­uer ou non, pour motif financier, à utilis­er ces dis­posi­tifs inno­vants, qui améliorent pour­tant le diag­nos­tic et in fine le pronos­tic du patient. De telles mesures de réduc­tion des coûts de san­té en génèrent d’autres, beau­coup plus élevés pour la société, sans par­ler des effets néfastes sur les patients en ter­mes de san­té et de qual­ité de vie. De même, les radi­a­tions créent des iné­gal­ités de prise en charge sur les ter­ri­toires, ce qui est intolérable.

Nous avons sol­lic­ité et organ­isé une table ronde avec la DGOS pour faire remon­ter les craintes et sol­lic­i­ta­tions des étab­lisse­ments de san­té. La DGOS devait adress­er aux acteurs des propo­si­tions d’évolution entre décem­bre 2023 et le 15 jan­vi­er 2024. Nous atten­dons tou­jours, ce qui est rel­a­tive­ment inquié­tant ! Le cal­en­dri­er ne sera pas tenu. À ce jour, nous avons donc les radi­a­tions de 2023, pour lesquelles aucune déci­sion n’a été prise pour 2024, et un mora­toire pour 2024, qui ne fait que reporter la prob­lé­ma­tique à 2025.

L’É­tat sem­ble-t-il fail­lir à sa pro­pre régle­men­ta­tion ?

L’É­tat est com­plète­ment noyé par les dif­férents dossiers et sujets, notam­ment de san­té. J’ai saisi dès le mar­di 16 jan­vi­er Cather­ine Vautrin, notre nou­velle min­istre de la San­té, pour réac­tiv­er le sujet de la liste en sus. J’avais déjà activ­ité François Braun, mais il n’est plus là. J’avais activé Aurélien Rousseau, qui n’est plus là non plus. La mai­son brûle, les dis­posi­tifs en sus sont radiés depuis 2023, et on regarde ailleurs pour l’in­stant….  50 % des étab­lisse­ments de san­té privés sont men­acés de déficit en 2024. J’estime qu’il est temps d’arrêter de pren­dre en otage les finances des hôpi­taux et des clin­iques, et surtout la vie des patients. Je ne vais pas lâch­er sur cette ques­tion.

Quelles solu­tions voyez-vous pour sor­tir de cette impasse ?

La poli­tique de radi­a­tion des dis­posi­tifs en sus doit être claire­ment revis­itée, en con­cer­ta­tion avec les sociétés savantes, les dif­férents étab­lisse­ments de san­té et autres par­ties prenantes. Je souhaite une mis­sion dili­gen­tée selon les propo­si­tions d’Au­rélien Rousseau, qui per­me­t­trait de mesur­er claire­ment les impacts de ces radi­a­tions de la liste en sus. J’e­spère qu’elles seront repris­es pour que l’on puisse vrai­ment appréci­er au mieux les impacts budgé­taires, et surtout trou­ver des solu­tions qui ser­vent en pre­mier lieu les usagers, et sat­is­fassent les étab­lisse­ments de san­té de tout statut, les sociétés savantes, syn­di­cats et fédéra­tions et les indus­triels.