Alors que le vote solen­nel sur le PLFSS pour 2023 doit inter­venir à la fin de ce mois de novem­bre, que nous atten­dons des annonces con­crètes con­cer­nant la juste prise en compte de l’inflation et une équité de traite­ment sur les mesures RH, la péri­ode de fin d’année est aus­si atten­due pour envis­ager la resti­tu­tion totale des mon­tants mis en réserve au titre du coef­fi­cient pru­den­tiel.

Le Comité d’alerte remet des avis, dont le dernier à la mi-octo­bre, sur le respect de l’Ondam de l’année en cours et sur les élé­ments ayant per­mis l’élaboration de celui de l’année à venir, pour éclair­er le vote des par­lemen­taires. Con­cer­nant le PLFSS 2024, il s’appuie sur les hypothès­es d’une pour­suite de la cir­cu­la­tion endémique du Covid-19, d’un ralen­tisse­ment de l’inflation, et d’un retour de l’activité des acteurs de san­té au même niveau qu’avant l’épidémie. Indé­ni­able­ment, cer­taines hypothès­es pour 2024 reposent sur des ori­en­ta­tions plus que volon­taristes, notam­ment celle rel­a­tive à l’inflation.

Il indique aus­si que l’année 2023 se car­ac­térise par une très forte baisse des dépens­es de crise san­i­taire, par la per­sis­tance de mesures des­tinées aux étab­lisse­ments de san­té en lien avec la forte infla­tion, et par une accéléra­tion des dépens­es de soins de ville non liées à l’épidémie de Covid-19. Un déficit de 8,8 mil­liards d’eu­ros est enreg­istré en 2023 (con­tre 19,7 mil­liards en 2022) et est estimé à 11,2 mil­liards en 2024, pour attein­dre 17,5 mil­liards en 2027. Le comité appelle à l’application effec­tive de mesures de régu­la­tion, sauf à con­sid­ér­er que l’Ondam est rec­ti­fi­able à l’envi, et pose un seuil de vari­a­tion des dépens­es d’Assurance mal­adie de 0,5 %.

Pour la pre­mière fois depuis trois ans, l’épidémie de Covid-19 ne con­stitue pas le prin­ci­pal fac­teur d’évolution des dépens­es d’Assurance mal­adie, qui sont en revanche forte­ment impactées par des reval­ori­sa­tions salar­i­ales, en par­ti­c­uli­er dans la fonc­tion publique. Par ailleurs, le comité soulig­nait déjà dans son avis de la mi-avril que les dynamiques à l’œuvre sur les dépens­es de soins de ville se con­fir­maient. Elles por­tent sur les hon­o­raires de cer­taines pro­fes­sions médi­cales et paramédi­cales, les actes de biolo­gie, ain­si que les pro­duits de san­té.

On retien­dra par ailleurs les élé­ments suiv­ants qui vien­nent appuy­er notre présente demande de resti­tu­tion totale du coef­fi­cient pru­den­tiel, car « les dépens­es des étab­lisse­ments de san­té (ES) seraient con­formes à l’objectif ». Rap­pelons que l’enjeu de la resti­tu­tion fin décem­bre de ces mon­tants pru­den­tiels, hors gel sur les Migac, est de près de 380 mil­lions d’euros, dont près de 355 mil­lions pour les étab­lisse­ments de san­té publics et privés MCO. Soulignons égale­ment que l’Ondam hos­pi­tal­ier ne peut pas con­stituer la seule vari­able de régu­la­tion de l’Ondam glob­al.

Enfin, nous souhaitons et deman­dons que l’année 2023 se ter­mine sous le signe de l’équité de traite­ment, con­traire­ment aux déci­sions rel­a­tives à la fin de l’exercice 2022 et à celles du pre­mier semes­tre 2023.