Runa KHAN, fon­da­trice et direc­trice de Friend­ship Bangladesh, fon­da­trice et coprési­dente de Friend­ship Inter­na­tion­al, mem­bre du con­seil d’administration de Glob­al Dig­ni­ty, de la Fon­da­tion BIC, du con­seil con­sul­tatif des entre­pris­es de l’université indépen­dante du Bangladesh et du con­seil con­sul­tatif du British Asian Trust au Bangladesh.

Quelles sont les spé­ci­ficités des inter­ven­tions médi­cales de la zone où opère l’ONG Friend­ship ?  

Depuis 2002, Friend­ship agit auprès des com­mu­nautés les plus isolées du Bangladesh, situées sur des îles flu­viales insta­bles appelées chars. Du fait de leur vul­néra­bil­ité aux aléas cli­ma­tiques et aux change­ments envi­ron­nemen­taux, ces régions sont dépourvues des ser­vices de base. La pre­mière mis­sion de Friend­ship est d’assurer un accès aux soins de san­té à ces pop­u­la­tions, tout en ten­ant compte des spé­ci­ficités ter­ri­to­ri­ales.

Implanter un sys­tème de san­té clas­sique est impens­able dans un tel con­texte. Friend­ship a imag­iné une solu­tion adap­ta­tive face à l’impossibilité d’installer des infra­struc­tures fix­es : les bateaux-hôpi­taux. Actuelle­ment, 2 bateaux nav­iguent d’île en île, pour per­me­t­tre un accès aux soins à ces mil­liers d’individus isolés.

En 21 ans, les méth­odes de Friend­ship n’ont cessé d’évoluer. Notre sys­tème de san­té dis­pose désor­mais de trois niveaux d’intervention : des hôpi­taux flot­tants et ter­restres, des clin­iques satel­lites et sta­tiques ain­si que des agents de san­té implan­tés dans chaque com­mu­nauté.

Quels types de ser­vices dis­pensez-vous dans le cadre de vos actions ?  

Nos bateaux-hôpi­taux four­nissent de nom­breux ser­vices de soins pédi­a­triques, gyné­cologiques, den­taires et oph­tal­mologiques. Ils dis­posent de deux salles d’opération, per­me­t­tant d’effectuer des inter­ven­tions chirur­gi­cales : cataractes, recon­struc­tions, cor­rec­tions orthopédiques …

Les clin­iques sont des­tinées aux soins de san­té pri­maires, au suivi des patients et à la préven­tion. Les équipes paramédi­cales assurent des con­sul­ta­tions men­su­elles auprès de chaque com­mu­nauté et un accès aux médica­ments. Les indi­vidus néces­si­tant un suivi spé­ci­fique sont ori­en­tés vers les bateaux-hôpi­taux.

Les agents médi­caux com­mu­nau­taires assurent à leur pop­u­la­tion, après une for­ma­tion de 3 à 5 ans dis­pen­sée par Friend­ship, un accès con­tinu aux soins. Ils répon­dent aux besoins quo­ti­di­ens et organ­isent des ses­sions d’apprentissage des bonnes pra­tiques en matière de san­té. Aux côtés du per­son­nel des clin­iques, ils organ­isent égale­ment les con­sul­ta­tions mater­nelles et pédi­a­triques, le suivi de la grossesse et les activ­ités d’un plan­ning famil­ial.

De quelle aide avez-vous besoin pour men­er à bien vos mis­sions ? 

Les besoins en ter­mes de san­té et de for­ma­tion sont gran­dis­sants dans la région des chars. Pour absorber ces deman­des, Friend­ship a mis en place depuis 2003 des mis­sions médi­cales inter­na­tionales. Celles-ci visent à amélior­er la prise en charge des patients néces­si­tant une tech­nic­ité spé­ci­fique et à ren­forcer les capac­ités du per­son­nel de san­té de Friend­ship.

Des organ­i­sa­tions médi­cales et des médecins européens se mobilisent régulière­ment pour prêter main forte à nos équipes sur place. Ces mis­sions d’une dizaine de jours se déroulent à bord des bateaux-hôpi­taux, au nord du Bangladesh. Elles se décli­nent sous dif­férentes formes : con­sul­ta­tions, soins, opéra­tions chirur­gi­cales, ou encore for­ma­tion des équipes bangladais­es.

Face à l’augmentation des besoins, nous devons actuelle­ment mul­ti­pli­er et ren­forcer nos col­lab­o­ra­tions avec les médecins et les organ­i­sa­tions médi­cales européennes. Il s’agit de la prin­ci­pale aide dont nous avons besoin aujourd’hui pour men­er à bien nos mis­sions.

Si vous êtes intéressé.e à l’idée de par­ticiper à l’une de ces mis­sions, n’hésitez pas à rem­plir le for­mu­laire suiv­ant.