Les sénateurs interrogent la garantie de financement

Le rap­port de la com­mis­sion des affaires sociales du Sénat sur les comptes de la Sécu­rité sociale 2022 souligne que 86 % de ce finance­ment ont été ver­sés au prof­it des étab­lisse­ments publics alors même qu’ils ne représen­tent que 55 % des béné­fi­ci­aires.

Extraits du rap­port :

Comme le con­state la Cour des comptes, alors que l’activité hos­pi­tal­ière reste inférieure de 4 % au niveau de 2019, le coût de la garantie de finance­ment pour 2022 est inédit, à près de 2,7 Md€. Il dé­passerait large­ment celui de 2021, estimé à 1,9 Md€, et serait encore supérieur à l’année 2020, pour laque­lle la garantie représen­tait 2,5 Md€.

En analysant plus pré­cisé­ment le seul champ des activités de MCO, on con­state que près des deux tiers des étab­lisse­ments ont béné­fi­cié de la garantie de finance­ment en 2022. Les étab­lisse­ments du ser­vice pub­lic hos­pi­tal­ier (« ex-DG ») ont davan­tage recou­ru à la garantie de finance­ment que les étab­lisse­ments privés.

Au-delà du nom­bre de struc­tures, la garantie de finance­ment dans le champ MCO a essen­tielle­ment été versée aux étab­lisse­ments du ser­vice pub­lic hos­pi­tal­ier, qui ont été béné­fi­ci­aires de plus de 2,1 Md€. Ain­si, si ceux-ci représen­tent 55 % des étab­lisse­ments béné­fi­ci­aires, ils captent 86 % du mon­tant.

Si la garantie de finance­ment a per­mis de sécuris­er les ressources des étab­lisse­ments dans un con­texte d’activité hos­pi­tal­ière très en-deçà du niveau de l’année 2019, ses modalités por­tent des effets dés­inci­tat­ifs à court terme pour les pro­jets des étab­lisse­ments.

Ain­si, la garantie ne prend pas en compte les change­ments de périmètres d’activités inter­venus depuis 2019 : de nou­velles activités assurées par des étab­lisse­ments ne sont ain­si val­orisées ni à leur activité réelle ni dans un périmètre élar­gi de garantie.

Les besoins en soins palliatifs couverts à 50 %

Selon le rap­port de la Cour des comptes, les besoins estimés de soins pal­li­at­ifs ne seraient cou­verts qu’à 50 %, alors même que ce droit d’accès recon­nu par la loi Claeys-Leonet­ti, sup­pose une cou­ver­ture de la total­ité des besoins.

Extraits du rap­port de la Cour des comptes « Les soins pal­li­at­ifs, une offre de soins à ren­forcer », juil­let 2023

L’offre de soins pal­li­at­ifs a aug­menté essen­tielle­ment à l’hôpital, qu’il s’agisse des lits spé­cialisés (les LISP) ou des ser­vices hos­pi­tal­iers entière­ment dédiés aux soins pal­li­at­ifs, les unités de soins pal­li­at­ifs, (les USP), mais les dis­parités ter­ri­to­ri­ales sont tou­jours présentes et même si l’hospitalisation à domi­cile en soins pal­li­at­ifs a aug­menté de 30 % entre 2018 et 2021, l’offre de soins à domi­cile demeure lacu­naire, voire inex­is­tante dans les étab­lisse­ment médi­co-soci­aux.

La dépense publique de soins pal­li­at­ifs est de 1,453 mil­liard d’euros en 2021, soit une aug­men­ta­tion de 24,6 % depuis 2017, prin­ci­pale­ment imputable aux séjours hos­pi­tal­iers en unité de soins pal­li­at­ifs, dont la tar­i­fi­ca­tion aug­mente de 12,6 % sur la péri­ode et plus rapi­de­ment que le nom­bre de lits. Elle sera en aug­men­ta­tion dans les années à venir, en rai­son du choc dé­mo­graphique. Celui-ci doit con­duire les pou­voirs publics à dévelop­per une offre com­plé­men­taire à l’hôpital, en par­ti­c­uli­er à domi­cile et en étab­lisse­ment médi­co-social, plus effi­ciente et per­me­t­tant un par­cours de soins gradué, de façon à répon­dre aux besoins sans aug­menter les coûts de façon pro­por­tion­nelle.

Après une aug­men­ta­tion con­tin­ue au cours des 10 ans précé­dents, les crédits du plan 2021–2024 ont enreg­istré une baisse de 10 mil­lions d’eu­ros par rap­port au plan pluri­an­nuel précé­dent.

Le taux de cancer a doublé depuis 1990

Selon le Bul­letin BEH 12–13 de San­té publique France, les évo­lu­tions du taux d’in­ci­dence tous can­cers con­fon­dus, com­binées aux évo­lu­tions démo­graphiques, indiquent un dou­ble­ment du nom­bre de nou­veaux cas de can­cers chez l’homme et la femme.

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Diviser le déficit de la Sécurité sociale par 3

La CNAM pro­pose dans son rap­port annuel 30 propo­si­tions pour amélior­er la qual­ité et l’efficience du sys­tème de san­té et réduire le déficit de la branche Mal­adie de 21 Md€ en 2022 à 7 Md€ pour 2023.

« Notre sys­tème de san­té doit relever qua­tre défis dans un con­texte où les con­séquences de la crise san­i­taire con­tin­u­ent de se faire sen­tir : amélior­er la san­té des pop­u­la­tions, garan­tir l’accès à des soins de qual­ité, être souten­able économique­ment, mais aus­si et c’est un nou­veau sujet que nous prenons à bras le corps cette année, engager sa tran­si­tion écologique. Ces qua­tre défis résu­ment la philoso­phie du rap­port Charges et Pro­duits pour 2024 et ont été nos bous­soles dans ce tra­vail col­lec­tif d’analyse et d’élaboration de propo­si­tions, mené par l’Assurance mal­adie », explique Thomas Fatôme, directeur général de la Caisse nationale de l’assurance mal­adie.

Les data chirurgie de la FHP-MCO

Le secteur pub­lic pro­gresse un peu plus vite que le secteur privé au point de grig­not­er légère­ment la part de marché his­torique­ment plus élevée du secteur privé (-1 % en 13 ans), qui reste tout de même le plus act­if avec 56 % de l’activité nationale.

  • La chirurgie représente 35 % de l’activité de l’hospitalisation de court-séjour (sauf obstétrique) : 25 % dans le secteur pub­lic et 52 % dans le secteur privé.
  • La crise Covid a entraîné une régres­sion d’activité de 2020 par rap­port à 2019 de 15,1 % (16,9 % en pub­lic et 13,7 % en privé).
  • D’une manière générale, la chirurgie (GHM en C de la clas­si­fi­ca­tion PMSI) con­tin­ue de pro­gress­er : +10,6 % en 12 ans, quelles que soient les thérapeu­tiques alter­na­tives inno­vantes qui appa­rais­sent. En par­al­lèle, la pop­u­la­tion a aug­men­té de + 5,1 % entre 2009 et 2021.

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