La san­té men­tale fait par­tie inté­grante du bien-être général d’une per­son­ne. Elle per­met de vivre sa vie pleine­ment et de sur­mon­ter les épreuves que l’on peut par­fois tra­vers­er (deuil, rup­ture, perte d’emploi, mal­adie, etc.). C’est par ailleurs aujourd’hui, un réel enjeu de san­té publique dont s’est saisi le gou­verne­ment en met­tant en place une stratégie nationale en faveur de la san­té men­tale et de la psy­chi­a­trie. Où en est-on de la prise en charge ? Quelles sont les inno­va­tions thérapeu­tiques mis­es en place pour mieux la traiter ? Nous vous appor­tons un éclairage.

Selon l’Organisation mon­di­ale de la san­té (OMS), la san­té est un état de com­plet bien-être physique, men­tal et social, et ne con­siste pas seule­ment en une absence de mal­adie ou d’infirmité. Selon ses sta­tis­tiques, 1 per­son­ne sur 4 est touchée par des trou­bles psy­chiques à un moment de sa vie. Ces trou­bles représen­tent aujourd’hui le pre­mier poste des dépens­es de san­té en France, avec un coût total de 23,4 Mds d’euros pour l’assurance mal­adie (14,5% des dépens­es), et de 30 Mds d’euros avec les aides indi­rectes (indem­nités jour­nal­ières- aide sociale).

Depuis la crise que nous avons tra­ver­sé à cause de la pandémie due à la Covid-19, l’état de la san­té men­tale des Français s’est net­te­ment dégradé. La sit­u­a­tion des per­son­nes vivant avec des trou­bles psy­chiques en France est préoc­cu­pante et les deman­des de soins ne cesse d’augmenter.

La san­té men­tale est pour­tant une com­posante essen­tielle de la san­té. Il est donc indis­pens­able de pren­dre soin de cette dernière selon ses trois dimen­sions, à savoir :

  • La san­té men­tale pos­i­tive : Elle com­prend le bien-être, l’é­panouisse­ment per­son­nel, les ressources psy­chologiques et les capac­ités d’agir de l’individu dans ses rôles soci­aux.
  • La détresse psy­chologique réac­tion­nelle : Elle appa­raît lors de sit­u­a­tions éprou­vantes sans être révéla­trice d’un trou­ble men­tal. Elle se traduit par des symp­tômes d’anxiété, de dépres­sion pas­sagère, de mal-être général. Si elle ne néces­site pas de soins spé­ci­fiques, il est toute­fois essen­tiel de la pren­dre en charge afin qu’elle ne per­dure pas dans le temps et qu’elle devi­enne un réel trou­ble psy­chique.
  • Les trou­bles psy­chi­a­triques de durée vari­able: ces derniers néces­si­tent une prise en charge médi­cale avec des actions thérapeu­tiques ciblées en rai­son de leur niveau de sévérité.

Si la préven­tion demeure, la pre­mière action à met­tre en place au sein des publics touchés, une meilleure prise en charge s’avère égale­ment promet­teuse.

Des innovations technologiques au service de la santé mentale

Véri­ta­ble pri­or­ité des pou­voirs publics, la san­té men­tale con­stitue égale­ment un impor­tant sujet de recherche pour bon nom­bre d’entreprises. Focus sur des décou­vertes inno­vantes :

  • Les objets con­nec­tés. La mise en place de cap­teur por­tat­ifs sur les patients vise à enreg­istr­er en temps réel, leurs dif­férentes con­stantes. En pou­vant con­sul­ter leur rythme car­diaque ou la qual­ité de leur som­meil, l’objectif est de mieux com­pren­dre les caus­es à effet de leur com­porte­ment pour ensuite, pro­pos­er une prise en charge indi­vid­u­al­isée.
  • La réal­ité virtuelle. Cette tech­nolo­gie a pour objec­tif de per­me­t­tre aux pro­fes­sion­nels de san­té de con­fron­ter leurs patients à des sit­u­a­tions anx­iogène via un envi­ron­nement numérique. L’objectif est de les aider à faire face, voir à vain­cre leurs pho­bies, leur stress post-trau­ma­tique, leurs addic­tions ou encore le com­porte­ment lié à des trou­bles ali­men­taires.
  • La thérapie dig­i­tale. Pro­posée en com­plé­ment d’une thérapie clas­sique, cet accom­pa­g­ne­ment numérique repose sur une prise en charge s’appuyant prin­ci­pale­ment sur l’échange et la libéra­tion de la parole. L’objectif de cet out­il est de lim­iter la mise en place de pro­to­coles médica­menteux.
  • La recon­nais­sance faciale. Elle repose sur l’observation visuelle des patients lors d’une con­sul­ta­tion. L’étude objec­tive de leur com­porte­ment vise à col­lecter des infor­ma­tions sup­plé­men­taires sur leur état de san­té men­tale pour ain­si amélior­er le diag­nos­tic.
  • La recon­nais­sance vocale. Tout comme la recon­nais­sance faciale, l’analyse de la voix du patient per­met (débit, tonal­ité, spon­tanéité, etc.) peut per­me­t­tre au prati­cien d’assurer un suivi rap­proché. Inté­grées aux cen­tres d’appels clin­iques ou à̀ des appli­ca­tions de thérapies numériques à dis­tance, cette tech­nolo­gie per­met d’aider à̀ mieux éval­uer le pro­fil des patients.
  • La neu­rostim­u­la­tion médi­cale. Cet acte thérapeu­tique vise à mod­uler le métab­o­lisme de cer­taines zones du cerveau du patient pour amélior­er les symp­tômes liés à une patholo­gie neu­ropsy­chi­a­trique comme la dépres­sion, les trou­bles obses­sion­nels com­pul­sifs, ou encore les douleurs neu­ropathiques.

Ces inno­va­tions thérapeu­tiques ouvrent la voie à de nom­breuses recherch­es visant à amélior­er la san­té men­tale.

Cinq lau­réats ont notam­ment été mis à l’honneur pour leurs travaux dans le domaine, dans le cadre de l’initiative « IMPACT – Accéléra­teur d’Innovation en San­té Men­tale » lancée en sep­tem­bre 2021 par PariSan­té Cam­pus, la Fon­da­tion Uni­ver­sité de Paris, l’Assistance publique – Hôpi­taux de Paris, France Biotech, l’ARIIS, France Assureurs, AXA France, Janssen France, Otsu­ka France et Eisai.

Leur tech­nolo­gie vise à apporter des solu­tions aux besoins de préven­tion, de repérage pré­coce, de diag­nos­tic, de stratégie clin­ique, de coor­di­na­tion ville-hôpi­tal ou encore de lutte con­tre l’errance thérapeu­tique.

  • Fedmind est une plateforme d’éducation thérapeutique et de prévention des maladies métaboliques chroniques et des addictions

L’axe cen­tral du pro­gramme est issu de tech­niques util­isées dans le traite­ment des TCA, avec une forte approche cog­ni­tive et com­porte­men­tale du domaine de la psy­cholo­gie dite de « 3ème vague ».

  • LITDHOSPI, la solution digitale de recherche de lits d’hospitalisation en psychiatrie qui fluidifie le parcours patient et optimise le temps médical à travers une meilleure coopération Public-Privé

Alors que les infra­struc­tures publiques sont à sat­u­ra­tion et iné­gale­ment répar­ties sur le ter­ri­toire nation­al, l’application LITDHOSPI facilite la recherche de lit et le trans­fert de patients néces­si­tant une hos­pi­tal­i­sa­tion vers le secteur privé.

  • Tricky, un « Escape Room Santé » pour lutter contre la stigmatisation des maladies mentales via un outil de « ludification »

Tricky a dévelop­pé l’Escape Room San­té : un out­il de « lud­i­fi­ca­tion » en préven­tion san­té qui utilise le con­cept de l’Escape Game pour sen­si­bilis­er les par­tic­i­pants à des mes­sages de préven­tion inté­grés dans la dynamique de jeux via des sce­narii immer­sifs (trou­bles dépres­sifs, épuise­ment, burn-out, trou­bles mus­cu­lo-squelet­tiques

  • Tech2Heal et sa solution QOOKKA, une thérapie digitale pour les patients présentant des troubles dépressifs et anxieux

Com­posée d’un dash­board médi­cal col­lab­o­ratif et d’une appli­ca­tion mobile con­ver­sa­tion­nelle pour les patients, QOOKKA pro­pose de prévenir, dépis­ter et accom­pa­g­n­er les per­son­nes vul­nérables à dévelop­per une mal­adie psy­chi­a­trique, ain­si que celles déjà malades pour éviter les rechutes.

  • ResilEyes Therapeutics, une Thérapie Numérique sur Prescription spécifique des syndromes psychotraumatiques

L’approche holis­tique et inté­gra­tive de ResilEyes Ther­a­peu­tics com­prend la détec­tion pré­coce après une sit­u­a­tion par­ti­c­ulière­ment trau­ma­ti­sante, l’aide au diag­nos­tic, la coor­di­na­tion de la prise en charge, le suivi et la mise en place de pro­grammes psy­chothérapeu­tiques fondés sur des preuves sci­en­tifiques et clin­iques issues de la com­mu­nauté inter­na­tionale.

 Sources :